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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

16 juillet 2013 2 16 /07 /juillet /2013 10:32

(CRP/Syfia) Dans le département du Kouilou, une ONG, gestionnaire du Parc national Conkouati-Douli (PNCD), a reconverti d'anciens chasseurs en éco-gardes. Ces derniers gagnent ainsi mieux leur vie et le braconnage s'essouffle.

 

Route nationale numéro 5. Une barrière à Yannika, village du district de Madingo-Kayes dans le département du Kouilou. Nous sommes à plus de 60 km au nord de Pointe-Noire. Fin juin dernier, un véhicule en provenance de Tandou-Ngoma (district de Nzambi) pour Pointe-Noire est arrêté par des éco-gardes en uniformes militaires. Leur tâche consiste principalement à empêcher la viande issue de la chasse de sortir du Parc national Conkouati-Douli (PNCD). "Le braconnage y est strictement interdit. C'est pourquoi, nous veillons au grain chaque jour", explique Apollinaire Bergy Boukou, en poste à Yannika.

Il y a 20 ans, Apollinaire, comme la plupart des habitants de la trentaine de villages situés dans le Parc ou à sa périphérie, chassait les buffles, les porcs-épics, les oiseaux et bien d'autres animaux qui peuplent le PNCD. "La chasse était ma principale activité. Je la pratiquais pour nourrir ma famille et acheter par exemple du sel", se souvient Apollinaire. Les braconniers se servaient alors d'"armes à feu, sagaies, pièges… Les populations tuaient des animaux pour consommer ou commercialiser la viande dans les centres urbains comme Pointe-Noire", se rappelle Basile Niamatélé, conservateur adjoint de ce Parc national.

 

"Retraite garantie"

Publié le 14 août 1999, le décret présidentiel n°99-136 bis crée le PNCD. Objectif affiché : préserver la biodiversité. Le gouvernement confie la gestion du Parc à la Société de conservation de la faune (WCS, Wildlife conservation society), une ONG américaine. En 1999, l'installation de WCS n'est pas du goût des populations dont les villages se trouvent à l’intérieur des plus de 500 000 hectares du PNCD. S'en suit une période de conflits parfois même armés entre chasseurs et membres de WCS.

Jusqu'au jour où, en 2000, cette ONG, en partenariat avec le gouvernement, incorpore une vingtaine d'anciens chasseurs aux quelques 34 éco-gardes pour les impliquer dans la conservation de la nature. Ils ont depuis été formés aux techniques militaires élémentaires (maniement des armes, embuscades, etc.) par des instructeurs de l'armée congolaise "pour des besoins d'autodéfense, justifie Basile Niamatélé. Après cela, ils ont reçu des notions de conservation de la faune. Nous leur avons par exemple appris l'importance de sauvegarder les éléphants, ces herbivores qui reboisent, grâce à leurs excréments", ajoute-t-il.

Avec près de 150 000 Fcfa (plus de 200 €) par mois, les nouveaux éco-gardes affirment mieux gagner leur vie. Ils se réjouissent de protéger la nature de leur contrée et de garantir leur retraite par les cotisations à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS). "C'est vrai que les difficultés ne manquent pas, mais je ne regrette pas la chasse", résume Jean*. Certains d'entre eux sont même passés de contractuels à fonctionnaires de l'Etat. "J'ai été déclaré admis à un test d'entrée à la fonction publique. Aujourd'hui, je touche mon salaire au Trésor public. Ma retraite est garantie !", se réjouit François Mavoungou, chef du poste de Yannika, éco-garde et ancien chasseur lui aussi.

 

Le braconnage recule

Au niveau du Parc, WCS assure récolter des résultats encourageants. "Ces anciens chasseurs connaissent bien le terrain. Aujourd'hui, à notre grande satisfaction, des animaux comme les éléphants qui avaient disparu de la zone réapparaissent, car le braconnage a reculé de plus de 80 % en l'espace d'environ 10 ans !", se félicite Basile Niamatélé.

Mais, pour ceux qui n'ont pas eu la chance d'être recrutés, la chasse reste l'unique moyen de survie. Ils estiment avoir été ainsi trahis par leurs anciens collègues. "Nous avons tous souffert dans la forêt, avec les risques d'être mordus par des serpents ou attaqués par des bêtes féroces. Maintenant qu'ils sont de l'autre côté (de WCS, Ndlr), ces camarades se mettent à nous traquer comme si nous étions des voleurs ! Ils nous traitent comme s'ils ne nous connaissaient pas…", déplore Albert*, qui pratique encore la chasse clandestinement. Réplique d'un éco-garde : "Nous savons qu'il y a un réel problème d'alternatives, mais tout ne peut pas se faire immédiatement. Un jour, tout le monde bénéficiera de la conservation de la nature."

 

John Ndinga-Ngoma

 

 

*Prénoms d’emprunt

 

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Published by Syfia Congo Brazza - dans articles presse
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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com