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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

26 janvier 2011 3 26 /01 /janvier /2011 13:33

(Syfia/CRP) Au sud-ouest du Congo, les habitants du département du Kouilou voient leur environnement pollué par diverses sociétés qui y exploitent les richesses du sous-sol. Les paysans dont les champs sont détruits sont en plus indemnisés sur un barème vieux de près de 25 ans. Des ONG de droits humains défendent leur cause.

 

Forêt dense, savane arbustive, bosquets… Hérissons, aulacodes, oiseaux, poissons… A une trentaine de kilomètres au nord de Pointe-Noire, sur la RN1, Mboukou est, à l'instar des autres localités du département côtier du Kouilou, d'une très riche diversité écologique. Un atout majeur pour les quelque 500 habitants de cette bourgade qui pratiquent la chasse, la cueillette et surtout l'agriculture. Ils consomment et commercialisent manioc, igname et bananes plantain dans les grands centres urbains comme Pointe-Noire. Ce qui leur permet de subvenir à leurs besoins et de se procurer des produits manufacturés.

Mais, depuis une dizaine d'années, le mode de vie de certains de ces habitants est perturbé. Dans leur village natal de Mboukou, Jean-Delphin Makaya et son épouse se remettent difficilement de l'épreuve vécue en 2009. Eux qui disent n'avoir que l'agriculture pour financer les études de leurs quatre enfants ont en effet vu le groupe pétrolier ENI raser leur champ de manioc de près de 10 ha. Cette multinationale italienne y avait placé un forage pour extraire le pétrole. "Nous nous apprêtions à jouir du fruit de notre travail", soupire Jean-Delphin. Sa femme a refusé les 150 000 Fcfa (près de 230 €) que voulait lui verser en compensation la compagnie. "Ce champ nous a coûté plus de 200 000 Fcfa (plus de 300 €), car nous avions payé la main-d'œuvre pour le défrichage, le sarclage, etc. Nous espérions gagner au moins 1 million de Fcfa (1 500 € environ) au moment de la récolte", explique-t-elle, avec tristesse.

 

"Conquérir notre droit à une vie décente"

Comme Jean-Delphin et son épouse, bon nombre de riverains s'inquiètent de l'exploitation des ressources du sous-sol. Ces travaux, qui bénéficient à l'économie du pays, s'accompagnent en effet souvent de pollution des eaux, d'émission de gaz à effet de serre et surtout de destructions de champs. Les entreprises concernées indemnisent généralement les gens dont les cultures ont été dévastées en se référant à un décret présidentiel de… 1986. En vertu de ce "barème d'indemnisation en vigueur en cas de destruction des plantes en République populaire du Congo", une bouture de manioc est compensée à 37 Fcfa (0,05 €), un pied manguier à 60 000 Fcfa (90 € environ). Le texte ne prend pas en compte des terrains en jachère. Il ne fait pas non plus état des arbres dits sauvages, pourtant précieux, car ils fournissent de l'ombre et eux aussi séquestrent le carbone.

Les riverains s'estiment donc lésés. "Nous sommes très mal dédommagés. Les indemnisations sont incompatibles avec le coût de la vie actuelle. Les pouvoirs publics devraient réviser les textes", martèle Pierre Stève Loemba, paysan et porte-parole des communautés de Mboukou. Il ajoute : "Après de nombreux plaidoyers sans résultats, nous avons confié notre problème aux associations de défense des droits de l'Homme pour qu'elles nous aident à conquérir notre droit à une vie décente, à un environnement sain et à l'équité."

 

Réactualiser le barème

Depuis 2007, la Rencontre pour la paix et les droits de l'Homme (Rpdh), la Commission justice et paix et d'autres Ong congolaises multiplient donc discussions et conférences avec les communautés locales, les entreprises et les autorités nationales. "L'objectif est d'amener toutes les parties à s'accorder sur la réactualisation du barème conçu du temps du monopartisme, avant la dévaluation du franc CFA. Aujourd'hui, les coûts des intrants par exemple ont fortement augmenté", estime Brice Makosso, président de la Commission justice et paix. "Au lieu de brandir le décret de 1986, toutes ces entreprises devraient plutôt se référer aux normes internationales qui sont supérieures aux normes locales. Au Tchad ou au Cameroun, les barèmes ont été révisés. Un manguier d'au moins cinq ans est compensé à plus de 550 000 Fcfa (près de 840 €)", rappelle Frédérique Franck Loufoua Bessi, assistant aux programmes au sein de la Rpdh.

"Effectivement, ce barème est caduc, car les réalités ont changé", déclare M. Tchibinda, directeur départemental de l'Agriculture. Il déclare, de façon assez évasive, que la politique actuelle du gouvernement entend corriger ce dysfonctionnement. "Le plus tôt serait le mieux, car nous avons le droit inaliénable de vivre décemment de notre travail", conclut Pierre Stève Loemba.

 

John Ndinga-Ngoma

Janvier 2011

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Published by Syfia Congo Brazza - dans articles presse
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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com