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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

16 juillet 2013 2 16 /07 /juillet /2013 10:28

(CRP/Syfia) A Mvandji, village du Kouilou à environ 120 Km au nord de Pointe-Noire, les pêcheurs vivent aujourd'hui difficilement de leur activité. En cause : la destruction de leur matériel par des chalutiers et la baisse de la production.

 

"La vie devient difficile. Nous ne pêchons plus assez de poissons. Pour éviter leur pourrissement, nous avons développé la technique de salaison. Beaucoup de commerçants déferlent ici pour s'approvisionner en poissons salés", fait remarquer Alphonse Makosso, un pêcheur de Mvandji, village du département du Kouilou situé à environ 120 km au nord de Pointe-Noire. Certains de ces commerçants disent ressentir, eux aussi, les effets de la raréfaction des poissons. "Auparavant, une part de cinq grosses morues coûtait à peine 5 000 Fcfa (8 €). Aujourd'hui, elle revient à 10 000 Fcfa !", témoigne Lydie Passy, une vendeuse de poissons salés basée à Pointe-Noire.

Il y a quelques années, Mvandji présentait un autre visage. Au début des indépendances, des habitants de Nzambi créent un campement de pêcheurs sur la façade maritime congolaise. Petit à petit, ce campement s'agrandit. Il compte aujourd'hui 300 habitants environ. Grâce à ces activités halieutiques, Mvandji est ainsi devenu, au fil des années, un des principaux centres de production de poisson salé du département du Kouilou. "Je suis né ici en 1962 d'un père pêcheur. Je pratique moi-même la pêche depuis plus de 30 ans. J'ai toujours bien vécu grâce à ce métier. Je n'envie pas ceux qui sont en ville, dans les bureaux", assure Raphaël Loemba-Boukou, chef du village de Mvandji. 

Mais, actuellement, vivre de la pêche est cependant tout sauf un long fleuve tranquille… Les villageois sont unanimes sur les raisons de la baisse de la production et de l'augmentation des coûts qui s'en est suivie. "Des chalutiers chinois sont à l'origine de nos malheurs et de ceux des consommateurs. Nous n'avons pas de problèmes avec les armateurs français, portugais ou grecs. Ceux-là pêchent au-delà de 12 miles (environ 19 km, Ndlr) des côtes, dans nos eaux maritimes en respectant la réglementation", explique encore M. Loemba-Boukou.

 

113 filets détruits

Le non-respect de cette disposition a des conséquences. "Entre 2000 à 2008, nous avons perdu 113 filets, emportés par des bateaux chinois qui s'entêtent à pêcher proches de la berge. Dernier exemple en date, le 18 avril 2013, un bateau chinois a emporté huit filets. Sans compter les douze que la même embarcation avait détruits le 8 février dernier…", énumère Raphaël Loemba-Boukou, montrant aux reporters du CRP/Syfia, des rapports détaillés. Des documents avec noms, prénoms et matériels détruits de 40 pêcheurs. "C'est un manque à gagner pour eux, car un filet peut coûter plus de 500 000 Fcfa (près de 800 €)", reconnaît, sous couvert de l'anonymat, un agent de la direction départementale de la pêche du Kouilou.

Les spécialistes de la faune redoutent, eux, l'impact sur la biodiversité sur cette zone située dans le Parc national de Conkouati-Douli (PNCD). "L'autre conséquence est écologique, puisqu'en utilisant des filets à petites mailles dans les zones de nidification et de ponte des poissons, ces bateaux chinois capturent des fretins", déplore, sous couvert de l'anonymat, un agent du Parc.

Aujourd'hui, avec le recul de la chasse et la destruction des cultures par des éléphants, les habitants des villages situés dans le Parc n'ont plus que la pêche pour vivre. "Les revenus de cette activité nous procurent des produits manufacturés. Ma femme cultive le manioc pour notre consommation familiale. Mais, les éléphants dévastent les champs. Aujourd'hui, on ne peut plus bien vivre ici", regrette, triste, Raphaël Loemba-Boukou.

En matière de pêche aussi, la concurrence est devenue rude… Informé de certaines méthodes illégales sur les eaux maritimes, le ministère de la Pêche et de l'aquaculture a suspendu, en décembre 2011, 70 bateaux appartenant à trois sociétés chinoises. Insuffisant, semble-t-il, pour dissuader la plupart de ces armateurs. "Ils pêchent la nuit. Les villageois nous alertent, mais lorsque nous arrivons, ils ne sont plus là. Cela devient donc difficile, car, pour accuser quelqu'un, il faut des preuves…", indique un fonctionnaire de la marine marchande, chargée de l'octroi des autorisations de navigation et de surveillance des navires dans les eaux maritimes.

 

John Ndinga-Ngoma

 

 

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Published by Syfia Congo Brazza - dans articles presse
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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com