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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

20 mai 2011 5 20 /05 /mai /2011 07:56

(Syfia/CRP) Ecoles, dispensaires, forages d'eau potable, emplois, opportunité de vendre leurs produits… Dans les localités proches du sanctuaire de Tchimpounga, à une trentaine de kilomètres au nord de Pointe-Noire, la protection des chimpanzés profite aussi aux villageois. Des problèmes de cohabitation restent toutefois à résoudre.

 

Centre de Boueti, un village d'environ cent habitants du département du Kouilou au nord de Pointe-Noire. Un bâtiment en béton tranche avec la soixantaine de cases en planches. C'est l'école qui aura cette année ses dix premiers élèves, futurs candidats au certificat d'études primaires et élémentaires. Quant au bâtiment à l'entrée de la bourgade, c'est la maison de l'enseignant où loge le maître. Une proximité qui satisfait les villageois. "Auparavant, il fallait faire quatre kilomètres pour se rendre à Tchissanga (village voisin, Ndlr). Très souvent, les enfants s'arrêtaient à mi-chemin pour ramasser les fruits sauvages ou jouer dans les bosquets. Ce qui explique qu'il y ait peu de cadres et de gens éduqués dans notre village…", explique Dieudonné Djembo, président de l'association des parents d'élèves de Boueti.

Ces deux bâtiments portent l'enseigne de l'Institut Jane Goodall, du nom de la célèbre primatologue, éthologue et anthropologue britannique. Depuis environ vingt ans, son ONG abrite dans un sanctuaire de 26 ha à Tchimpounga ("lieu de ravitaillement en nourriture" en langue vili), des chimpanzés orphelins confisqués aux braconniers par les Eaux et forêts. En plus du sanctuaire, en 1999, le gouvernement congolais a crée une réserve classée de 7 284 ha et en a confié la gestion à Jane Goodall. Exécuté en partenariat avec l'Etat, le programme, renouvelable tous les cinq ans, a pour principaux objectifs de lutter contre le braconnage et l'abattage abusif des arbres et d'éduquer les populations à la préservation de la biodiversité.  

 

"Le remplaçant de l'Etat-Providence, mais…"

Parallèlement, l'Institut a développé un programme pour améliorer les conditions de vie des populations : Conservation centrée sur les communautés (CCC). Grâce à trois forages, ces dernières n'ont plus besoin de se rendre au fond des profondes vallées pour s'approvisionner en eau potable. Par un accord conclu en 1992 avec le gouvernement, "l'Institut Jane Goodall s'était notamment engagé à réhabiliter les écoles, les dispensaires et autres infrastructures", résume Félix Dombi, conservateur-adjoint de la réserve de Tchimpounga. "Une façon, ajoute-t-il, de compenser le manque à gagner des populations qui, vivant du gibier qu'elles chassaient à des fins commerciales ne sont plus autorisées désormais qu'à pratiquer la chasse et l'agriculture de subsistance."

Sans avancer de chiffres précis, selon Félix Dombi, le braconnage aurait baissé en raison des éco-gardes qui répriment les contrevenants. Les riverains semblent comprendre la nécessité de protéger leur environnement. Ce, à travers des initiatives comme Super Kodo, film de quinze minutes. "Nos époux capturaient des chimpanzés et les vendaient à des gens qui les utilisaient comme animaux domestiques. Actuellement, à travers des messages comme Kodo, nous comprenons que le chimpanzé est protégé par la loi (de 2008 sur la faune et les aires protégées, Ndlr) et peut être vecteur de maladies telles que le virus Ebola", reconnaît Henriette, une paysanne de Mpili, un village voisin.

Les habitants ont compris qu'ils avaient bien plus à gagner en protégeant ces animaux. Quelque soixante jeunes travaillent ainsi au sanctuaire comme soigneurs, gardiens ou jardiniers. Et les pensionnaires ne se nourrissent que de produits achetés aux villageois. On défalque de l'argent de chaque vendeur le salaire de l'enseignant, supporté à 75 % par les habitants et à 25 % par Jane Goodall. "L'Institut a remplacé l'Etat-Providence en nous offrant ces opportunités, mais beaucoup reste à faire", lance un paysan de Bouéti. Dans l'attente que les négociations entre l'Etat et Jane Goodall aboutissent, les dispensaires ne fonctionnent ainsi pas encore tout à fait normalement.

 

Associer davantage les populations

Par ailleurs, l'agrandissement de la réserve (53 000 hectares) depuis deux ans, crée des problèmes de cohabitation. "Les feux de brousse sont interdits. Or, il est impossible de pratiquer l'agriculture sans brûler la forêt !", estime un membre du bureau du comité du village de Ntoupou. "Tchimpounga est la seule zone giboyeuse et fertile. Les espaces proches de la mer appartiennent à des privés. Nous sommes donc obligés de parcourir des kilomètres. Voilà pourquoi, nous importons des produits agricoles de Pointe-Noire. Paradoxal et triste pour un village !", déplore de son côté Georgette Tchitoula, de Tchissanga.

Consciente de ces doléances, l'administration préconise d'associer davantage les populations à des enquêtes économiques pour évaluer les problèmes et les besoins réels de la contrée. Elle peine par ailleurs à trouver des endroits pour relâcher les chimpanzés orphelins, en dehors de quelques îles sur le fleuve Kouilou. Protégés, ces animaux sont déjà en surnombre au sanctuaire : 150 actuellement. Ces deux dernières années, 45 nouveaux chimpanzés ont été accueillis. Ils n'étaient que… 25 en 1992.

Pour développer la bonne entente entre les humains et ces animaux, le programme projette dans un proche avenir de développer l'écotourisme.

 

John Ndinga-Ngoma et Sylvie Viviane Messo

Mai 2011

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Published by Syfia Congo Brazza - dans articles presse
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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com