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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

13 août 2014 3 13 /08 /août /2014 16:01

(CRP/Syfia) Dolisie compte une minorité de femmes chefs de quartiers, blocs ou zones. Chez les hommes, mais aussi chez les femmes elles-mêmes, les préjugés sont tenaces. Au Congo Brazzaville, un décret présidentiel fixe pourtant la parité dans toutes les instances de prise de décisions.

 

"Dans notre bureau du quartier Balumbu, je suis l’unique femme chef de zone. Au total, le quartier compte quatre zones et neuf blocs", déclare Jeanne Edith Dousséveni, chef de zone dans le 1er arrondissement de Dolisie. Ce que confirme Munier Milolo, chef dudit quartier : "Je n’ai  qu’une femme chef de zone et une autre qu'on vient de nommer chef de bloc… C’est triste, mais c’est la réalité,  les femmes sont peu représentées !" Enthousiaste, Jeanne Edith occupe cette fonction depuis 2007 : "Je suis très contente d'être à ce poste. Je n'ai pas de difficultés particulières. Nous travaillons ensemble avec les hommes."

A Dolisie, comme dans un grand nombre de localités du Congo, les femmes sont peu représentées dans les bureaux des quartiers. Pourtant, un décret présidentiel du 25 mai 2007 (article 61), fixe à 15 % leur représentativité dans la sphère politique et la gestion de la cité. Jean Paul Deckous, administrateur maire du 1er arrondissement, ne peut que constater le décalage avec la réalité : "Sur les quinze quartiers de l’arrondissement 1, aucune femme n’est chef de quartier. Seules trois d’entre elles sur 54 sont chefs de zones et une seule chef de bloc sur les 114 postes du quartier 104, Balumbu."

Aussi bien que les hommes

Faible représentativité des femmes également dans le 2e arrondissement, fait savoir Joseph Koumba, chef du quartier 213 dit "Unité" :¨"Ici, sur  quatre chefs de zone, il n’y a qu’une femme. Et elles ne sont que  deux sur  neuf chefs de blocs. Les femmes sont occupées par les activités du foyer et la religion. Elles refusent d'occuper des postes à responsabilités. Elles se disent indisponibles." Munier Milolo observe les mêmes réticences, mais pour d’autres raisons : "Au cours des réunions pour nommer les chefs de zones et de blocs, nous proposons d’abord les femmes. Mais, toutes refusent. Elles craignent les sorciers et ont peur d'être envoutées." Une explication qui semble peu rationnelle, mais que confirme Jeanne Edith : "Certaines pensent qu’il faut être sorcier pour gérer un quartier, une zone ou un bloc. Du coup, elles préfèrent soutenir les hommes…"

Edith Opene, une citoyenne de l’arrondissement 1, dénonce plutôt le manque de volonté des hommes : "A notre époque, si les femmes ne sont pas chefs de quartiers et autres, c’est tout simplement parce que les responsables ne veulent pas les nommer !" A en juger par leurs résultats, les rares femmes aux commandes ont une gestion satisfaisante aux yeux des populations et de leurs collègues hommes. "L’unique chef de zone qui est dans mon bureau est très dynamique et active. Quand on lui confie les missions, elle les applique à la loupe, plus que certains hommes !", souligne Munier Milolo. Son collègue du quartier 213 "Unité", pense que "du point de vue intellectuel, le rendement des femmes est identique à celui des hommes."

Jean Paul Deckous conclut : "Les critères pour être nommé sont les mêmes pour les femmes et les hommes. Il faut habiter dans le quartier et savoir lire et écrire." Pas de quoi, a priori, entraver la marche des femmes vers les postes à responsabilités locales…

 

Victor Bivihou

Août 2014

 

 

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Published by Syfia Congo Brazza - dans articles presse
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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com