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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

1 mai 2014 4 01 /05 /mai /2014 13:53

(CRP/Syfia) Le projet "Une femme, un panier en lianes pour la ville de Dolisie" a constitué, entre 2012 et 2013, une application concrète du décret interdisant le sachet plastique au Congo. Une victoire environnementale, même si les femmes qui ont bénéficié de ce projet n’en ont, elles, pas vraiment tiré profit.

Des avenues et des rues propres, des décharges sans sachets plastiques... A Dolisie, le slogan "une ville sans sachets plastiques" est désormais une réalité. Pourtant, il y a encore quelques années, le macadam était couvert d’emballages et les caniveaux bouchés. Ces sachets, qui ne se dégradent pas facilement, constituaient une menace réelle pour l’environnement à Dolisie et dans d’autres villes du Congo. En 2011, le gouvernement a donc publié le décret n°20 du 20 janvier 2011 interdisant l’utilisation, la commercialisation et la production des sachets plastiques.

Pas facile cependant pour les populations, notamment les femmes, d’abandonner le sachet tant on peinait à trouver des alternatives. D’où le lancement, en 2012 du projet "Une femme, un panier en lianes pour la ville de Dolisie". Financé par l’ambassade de France au Congo et exécuté par la Coopérative artisanale pour le développement de l’artisanat (Cada), ce projet aura permis, pendant un an, à une cinquantaine de femmes et d’hommes de confectionner plus de 20 000 paniers en lianes.

Les habitants se sont vite appropriés cette initiative. "Depuis que le sachet a été interdit, notre ville est devenue très propre. Le sachet plastique est fort nuisible à l’environnement. Je comprends pourquoi les autorités en ont interdit l’usage", se félicite Diane Cassandre Ngot, habitante du quartier Bacongo dans le 2ème arrondissement. Mme Ngot reconnaît d’autres avantages à abandonner le sachet plastique. "Avant, pour mes courses au marché, j’achetais chaque jour un sachet à 25 Fcfa (0,04 €). Ce qui faisait 750 Fcfa (1,15 €) par mois et 9 000 Fcfa (près de 14 €) par an ! Cette dépense était inutile, car un panier en lianes coûte 2 500 Fcfa (près de 4 €) et dure au moins quatre ans", ajoute Mme Ngot.

Trop peu rentable

Mais, au-delà de ces petites économies, les actrices d’"Une femme, un panier en lianes" ont eu du mal à y trouver leur compte. Une dizaine d’entre elles ont abandonné le projet en cours de route, le jugeant trop peu rentable. "Nous avons appris la vannerie, mais, nous n’en avons pas tiré grand profit. Pendant le projet, on nous payait à peine 20 000 Fcfa (30 €) par mois, alors que nous produisions beaucoup de paniers vendus 2 500 Fcfa l’unité. En outre, nous pensions que la Coopérative nous embaucherait comme employées avec des salaires satisfaisants... Voilà pourquoi, j’ai abandonné", se souvient, visiblement triste, Blanche Lembé. "La Coopérative n’est pas une entreprise ! L’ambassade de France a financé ce projet pour que ces femmes apprennent un métier pour gagner de l’argent et devenir autonomes", répond Yves Siaka, membre de la Cada et coordinateur du projet.  

L’abandon a sans doute d’autres raisons, comme la concurrence des sachets biodégradables importés de Chine. "Je peux bien continuer à pratiquer la vannerie chez moi, à la maison. Mais, que faire face l’invasion des sachets vendus à 150 Fcfa (0,23 €) l’unité ? Certaines femmes préfèrent en acheter à la place du panier en lianes. J’ai donc renoncé à la vannerie pour attendre le peu que mon mari me donne", regrette Michèle Justine Damba. Cette dernière promet toutefois de "repartir à la Cada" et de reprendre la vannerie "si, cette fois-ci, on établi des salaires ou que l’Etat subventionne notre activité."  

John Ndinga-Ngoma

Mai 2014

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Published by Syfia Congo Brazza - dans articles presse
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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com