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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

11 avril 2011 1 11 /04 /avril /2011 09:14

(Syfia/CRP) Au Congo Brazzaville, les femmes battues ont généralement peur de dénoncer leurs maris. Par respect pour l’institution du mariage et en raison de l’éducation reçue de ses parents, Antoinette* n’a rien dit pendant 30 ans. Aujourd’hui, elle a réussi à mettre fin à son calvaire en quittant  le foyer.

 

A 56 ans, Antoinette* semble ne pas subir l’usure du temps. Un visage sans rides, des beaux cheveux synthétiques, des perles au cou et une alliance à l’annulaire. Quand on l’aperçoit pour la première fois, on pense avoir en face de soi une femme coquette qui mène une existence heureuse avec son mari. Et pourtant...

« Aujourd’hui, j’ai une plaie (à l’âme, Ndlr) qu’on ne pourra jamais panser », dit-elle. Cette mère a le sentiment d’avoir conclu un pacte avec le diable en se mariant à un ingénieur membre de la même Eglise du Réveil qu’elle. Les six premiers mois, ce dernier s’est comporté en mari attentionné. Puis, il a progressivement sombré dans l’alcool et l’a battue, comme il battait ses précédentes épouses... «Je porte encore beaucoup de stigmates, même au niveau de mes parties intimes de ses traitements humiliants et de ses viols. Un jour, mon mari m’a blessée à la tête avec une bouteille de bière. A quatre reprises, il a menacé de me tuer avec un couteau», se souvient Antoinette. Laquelle regrette d’avoir perdu le « vrai amour » que lui donnait son premier époux, décédé il y a quelques années. 

Pendant 30 ans, Antoinette a caché son calvaire à ses collègues enseignantes. «Espérant qu’il changerait, je tenais toujours à la parole du maire qui nous avait dit que nous étions unis pour le pire et le meilleur. Malheureusement, il est resté le même.» L’éducation reçue de ses parents et, dans le couple, la tenace domination de l’homme dans la tradition bantoue, la retenait également auprès de son époux.

 

Trop, c’est trop !

Fin 2010, son mari prend une fois de plus le couteau et menace de la tuer, la jugeant responsable de la mort de deux de leurs enfants malades. Trop c’est trop. Antoinette, persuadée de « vivre ses derniers instants », quitte le lendemain le foyer conjugal avec l’aide d’un membre de sa famille. Elle est obligée de laisser là-bas son enfant, bachelier cette année, qui représenterait une charge trop lourde pour ceux qui l’accueillent. Aujourd’hui, elle jure qu’elle ne retournera plus auprès de son bourreau, si ce n’est pour sauver très bientôt son enfant de ses griffes. Petit à petit, elle retrouve le moral et se construit un autre avenir.

Elle souffre cependant toujours de problèmes de tension et conseille aux futures mariées de dire non tout de suite à ces maltraitances. «J’ai pris la décision de partir très tardivement… Je ne voudrais pas que les plus jeunes cautionnent les abus des hommes. C’est une question de vie. Toute femme, malgré le confort, n’est jamais heureuse sans la paix du cœur et la tranquillité de l’esprit. C’est aussi dans sa nature de toujours se savoir aimée».

Antoinette est loin d’être l’unique victime. Les sources officielles reconnaissent l’existence de femmes maltraitées par leurs maris. Ils estiment que ces questions sont délicates en raison du poids des traditions bantoues « essentiellement phallocrates », rappelle Barthélémy Ngot, sociologue. L’exemple d’Antoinette montre toutefois qu’une femme peut toujours finir par sortir de la domination, parfois même de la tyrannie, de son mari.  

 

*Prénom d’emprunt

 

John Ndinga-Ngoma

Mars 2011

 

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Published by Syfia Congo Brazza - dans articles presse
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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com