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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

14 mai 2012 1 14 /05 /mai /2012 14:21

(CRP/Syfia) À Pointe-Noire, bon nombre de citoyens, découragés par des irrégularités passées, ne se sont pas inscrits en mars dernier lors de la révision des listes électorales. Pourtant, l'administration et certaines associations n'ont pas ménagé leurs efforts pour les faire changer d'avis…

 

"Dans une compétition, l'important, c'est de participer. Le forfait est le pire des échecs !", estime Paul Ngondo, militant d'un parti d'opposition. Ce quinquagénaire a participé en mars dernier à l'opération de révision des listes électorales à Pointe-Noire. Tout près de lui, Chris Dimi, ne veut, lui, pas entendre parler de l'élection législative de juillet prochain : "M'inscrire ? Pour les enrichir encore ? Non, je ne fais pas la politique."

L'administration et certaines associations n'ont pourtant pas ménagé leurs efforts ces derniers temps pour faire changer d'avis les plus résignés... "S'il vous plaît, inscrivez-vous sur les listes, si vous voulez que votre candidat gagne la députation", pouvait-on entendre en mars dès 4 heures du matin de la bouche du crieur commis par la Direction départementale des affaires électorales (DDAE). Dans toutes les chaînes de radios et de télévisions publiques et privées, des spots publicitaires ont battu leur plein. Sur des banderoles et des affiches, toujours le même message : "Inscrivez-vous sur les listes électorales".

La classe politique s'est aussi mobilisée autour de ce mot d'ordre. A l'image de la Dynamique pour la nouvelle éthique républicaine et de la démocratie (DNERD), association politique proche de l’opposition, qui a organisé des réunions. Dans beaucoup de quartiers, des militants arpentaient les rues en lançant : "Membres de la DNERD et autres Congolais, allez vérifier vos noms sur les listes ". Schéma similaire au Parti congolais du travail (PCT) qui, en marge de sa campagne d'adhésion, a appelé ses fidèles à s'inscrire sur les listes "pour qu'au sortir des législatives de 2012, le chef de l'Etat ait encore une majorité, afin de bien exécuter le 'Chemin d’Avenir', le projet de société sur la base duquel il a été plébiscité en 2009."

 

Faible affluence

Difficile, même aujourd'hui, de se faire une idée précise de l'impact de ces différentes campagnes d'inscription sur les listes électorales, la DDAE refusant de donner des chiffres qu'elle considère comme "des données sensibles". Mais, même s'il y a un nombre important d'inscrits, cela ne signifie pas automatiquement qu'ils voteront en juillet... Un document du Front des partis de l'opposition congolaise (FPOC), relève à ce sujet qu'en 2009, à Pointe-Noire, sur un échantillon de quatre bureaux de vote représentant 3 540 inscrits, seuls 571 avaient voté. Soit un taux de participation de… 16 % (5 inscrits sur 6 ne s'étaient donc pas déplacés pour voter) !

Dans certains centres de révision où l'affluence était faible, l’ambiance était donc des plus tristes... "Il est déjà 16 heures. Depuis le matin, nous n'avons reçu que huit personnes, alors que par le passé (lors des précédentes législatives de 2002 et 2007, Ndlr), on était envahi. A cette allure, on risque d'avoir encore un faible taux de participation", s’inquiétait, le 13 mars dernier, le chef d'un centre de révision, sans donner pour autant le nombre d’inscrits lors des révisions passées.

La majorité présidentielle et certaines ONG associées à cette révision critiquent l'incivisme des populations. Plusieurs citoyens justifient leur désintérêt par les irrégularités passées : "Lors des législatives de 2007, les chiffres dictés par les représentants dans les bureaux de vote donnaient mon candidat vainqueur. Nous n'avons pas compris comment la victoire a basculé du côté de son adversaire qui était pourtant en 6ème position... Ces législatives n’étaient qu’une série de nominations, estime, très remontée, une trentenaire avant de conclure sèchement, voilà pourquoi je ne me suis pas inscrite (cette année, Ndlr)."

 

Fraudes passées, promesses d'avenir

"Les populations n'ont plus confiance dans les institutions en charge d'organiser des élections. On a déjà fait comprendre aux gens que le pouvoir ne se mérite plus par les urnes, mais qu'il s’arrache de force", déplorait, le 29 mars dernier, Gaspard Ligace Lingouala, un des responsables à Pointe-Noire de l'Union panafricaine pour la démocratie sociale (UPADS), parti de l'ancien président de la République, Pascal Lissouba. "C'est de l'incivisme, certes. Mais, les gens ne peuvent qu'avoir une telle attitude lorsqu'on leur sert souvent des irrégularités", explique Franck Loufoua Bessi, assistant aux programmes de la Rencontre pour la paix et les droits de l'homme (RPDH). Il précise que, cette année, la RPDH n'a pas sensibilisé sur le vote, pour des raisons d'ordre logistique.

Certains habitants comptent tout de même sur l'assurance donnée par le chef de l'Etat avant et après la concertation d'Ewo (en décembre dernier, à quelque 700 km au nord-ouest de Brazzaville), lorsque société civile, partis politiques et administration ont défini une sorte de code de bonne conduite pour les scrutins à venir. "Malgré les fraudes passées, je m'en tiens au message du président de la République qui a dit que, cette fois-ci, il n'y en aura pas", relève Paul Ngondo.

La promesse du chef de l'Etat est cependant loin de rassurer tout le monde. Evelyne*, dans l'arrondissement 3 Tié-Tié, le promet : "Je ne voterai que le jour où je serai assurée de la transparence d'une élection dans ce pays, plutôt que d'être actrice de ces parodies sur lesquelles l'Histoire nous jugera un jour."

John Ndinga-Ngoma

* Prénom d'emprunt.

 

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Published by Syfia Congo Brazza - dans articles presse
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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com