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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

16 juillet 2013 2 16 /07 /juillet /2013 10:35

(CRP/Syfia) Dans le département du Kouilou, au sud-ouest du Congo Brazzaville, certains citoyens sont impatients de voter aux prochaines locales. D'autres ne maîtrisent pas les enjeux de ce scrutin et n'y voient donc aucun intérêt. Un manque d'engouement dont certains hommes politiques sont aussi responsables.

 

"Qu’on se dépêche avec les élections locales pour que je contribue à changer le destin de Nzambi en élisant des conseillers capables de travailler efficacement pour mon district !", s’impatiente Ghislain Taty, habitant du village Tandou-Ngoma et secrétaire général de l’Association de gestion durable des ressources naturelles et de l’écotourisme par les Communautés autour des aires protégées (Agdurne-Cap), une ONG locale.

L’impatience de Ghislain est à la mesure de sa maîtrise de l’enjeu de ce scrutin dont la date précise n’a pas encore été définie : "S’il y a bien une élection pour laquelle un citoyen doit se donner corps et âme, c’est l’élection des conseillers départementaux ou municipaux ! A la différence du député qui réfléchit sur les problèmes de la Nation, ces conseillers, eux, ont une compétence purement locale."

Des élus sortants confirment avoir constaté cette impatience chez une partie de la population. "J'étais à Nzambi fin juin. Au cours des entretiens avec mes mandants, une seule question revenait : 'A quand les locales ?' C’est dire si les populations savent l'enjeu de ces élections et sont déterminées à y participer massivement", explique Raymond Bongo-Mavoungou, conseiller départemental, député de Nzambi et président fédéral du Parti congolais du travail (PCT) dans le Kouilou. Lequel attend la décision de son parti pour se positionner à nouveau lors des prochaines locales.

Depuis son élection en 2008, le Conseil départemental du Kouilou a doté la sous-préfecture de Nzambi de certaines infrastructures : des dispensaires dans les villages Tandou-Ngoma et Sialouvakou, des canots rapides pour les localités de Noumbi et Tandou-Ngoma, etc. Mais, ces réalisations ne semblent pas suffire à faire comprendre aux populations le rôle d’une collectivité locale.

 

"A quoi servent les conseillers ?"

Ainsi, parmi les quelques 3 400 habitants des douze villages de Nzambi, certains citoyens s'interrogent à propos du prochain scrutin. "Ah bon ? Il va y avoir d'autres élections ? Qui élirons-nous cette fois ?", demande Albertine*. "A quoi servent les conseillers ? Quel est leur rôle ?", questionne Jean*. Comme lui, bon nombre d'habitants affirment être peu motivés. "Je ne sais pas si je me ferais recenser pour une élection dont je ne connais pas l’utilité…", confie par exemple Justine*.

L’administration constate, elle aussi, ce manque d’engouement chez certains. "Les populations voient beaucoup plus le député que le conseiller, car le parlementaire descend plus souvent chez elles. Par ailleurs, nos hommes politiques ont inoculé dans la tête des citoyens l'idée qu'un député serait l'homme providentiel, celui qui construit les infrastructures au plan local, alors que le conseiller a plus de marge de manœuvre. Essayez de demander à certains citoyens s’ils connaissent ne fût-ce que le nombre de conseillers de leur district…", propose Hugues Clément Boungou-Loufoua, secrétaire général du district de Nzambi.

Effectivement, Georgette* lance : "C'est vous qui m’apprenez qu'ils sont sept conseillers dans notre district. Moi, je pensais qu’il n'y en avait qu'un seul, celui que je vois souvent lors de ses descentes. Que font les autres depuis qu'on les a soi-disant élus ? Je ne les vois pas. Ni eux, ni leurs actions." Pour mettre fin à cette ignorance, des membres de la société civile demande aux pouvoirs publics et aux acteurs politiques d’organiser des sensibilisations. "Il y a un problème de maturité politique et culturelle. C'est très déplorable que les gens ne connaissent pas les élus qui parlent et décident pour le district. Du coup, ils ne votent jamais en connaissance de cause ou s'abstiennent. L'administration doit organiser des réunions pour expliquer de manière pédagogique les rôles des institutions locales", propose Ghislain Taty.

Une suggestion que l’administration dit prendre déjà en compte. Hugues Clément Boungou-Loufoua l'assure : "Nous avons toujours expliqué le rôle du ministre, du député ou du conseiller. Nous allons bientôt étudier comment organiser encore des réunions avec les villageois pour les amener à bien intérioriser ces notions."

 

John Ndinga-Ngoma

 

*Prénoms d’emprunt.

 

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Published by Syfia Congo Brazza - dans articles presse
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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com