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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

27 mars 2015 5 27 /03 /mars /2015 16:55

(CRP /Syfia) De plus en plus de femmes quittent plusieurs jours, voire plusieurs semaines chaque mois Pointe-Noire pour retourner au village travailler dans les champs. Dans les localités concernées, elles sont admirées, car la réussite est souvent au bout de la houe. 

 

Doumanga, à 70 kilomètres de Pointe-Noire, dans le département du Kouilou. En ce matin de mars, Mireille Ngoro prépare panier, houe et machette, afin de se rendre dans ses plantations. Mireille, fait partie de ces femmes vivant en ville, mais qui vont faire leurs champ dans des villages plus ou moins proches, faute d’espace en agglomération.

Depuis une année maintenant, cette femme mariée et mère de 3 enfants, la trentaine dépassée, partage sa vie entre Doumanga et la capitale économique : "Chaque mois, je passe trois semaines ici, et le reste du temps à Pointe-Noire. Doumanga est devenu mon principal lieu d’habitation. J'y exploite un champ de manioc et d’ananas sur un demi hectare."

Souriante, elle poursuit, à propos de son choix : "Je cherchais un endroit pour pratiquer l’agriculture. Une connaissance m’a conseillé ce village. Elle y cultivait déjà et a mis à ma disposition gratuitement de l’espace cultivable." D’habitude, le prix d’un hectare s'achète entre 300 et 400 000 Fcfa (entre 450 € et 600 €) ou se loue auprès des propriétaires fonciers sur 2 ans (en moyenne à 100 000 Fcfa, soit 150 €).

Pour Mireille la citadine, la passion pour l’agriculture (elle faisait déjà du maraîchage à Pointe-Noire) et "une existence au cœur de la forêt du Mayombe" ont rapidement pris le dessus sur la ville et ses multiples distractions. Aux habitantes et habitants qui ont encore du mal à comprendre qu'une fille quitte la ville pour la campagne, Mireille répond : "Il faut aimer cultiver la terre. C'est par l’agriculture que Dieu a béni les hommes ! Quand je vois mon travail, je suis dans la joie !" Dans sa famille, d’autres commencent à vouloir l'imiter : "L'année prochaine, ma sœur me rejoindra. Elle est juste à la recherche des financements."

 

"Un exemple et un réconfort moral"

Bienvenue Niangui, la trentaine, habitante de  Pointe-Noire, a elle choisi  Mouyondzi, village du département de la Bouenza à environ 300 km au nord-est de Pointe-Noire dont elle est originaire, pour développer son élevage. "Pendant que je me débrouille ici (elle tient un petit étal dans un marché de Pointe-Noire, Ndlr), c’est bon pour l'avenir de savoir que j’ai une autre activité au village." Elle se rend dans cette localité plusieurs fois dans l’année pour évaluer son cheptel. "Je n'avais qu'un mouton au départ, il y a deux ans. J'en ai dorénavant trois. C’est bon signe !", se félicite-t-elle, résolument optimiste. Quand un de ses animaux met bas, elle donne une partie des petits à la personne qui s'occupe de son élevage en son absence.

Le travail de Bienvenue a séduit son compagnon, qui a pris la résolution "l’année prochaine, de financer l’exploitation d’un champ de manioc et de gingembre à Mouyondzi." A terme, la jeune femme aimerait avoir une trentaine de bêtes pour les vendre à Pointe-Noire et gagner ainsi suffisamment d'argent pour acheter des appareils électroménagers ou des téléphones bon marché à Dubaï qu'elle revendrait dans sa capitale économique. Bienvenue n'est donc pas prête d'abandonner son activité à Mouyondzi.

Généralement, ces femmes qui préfèrent le village à la ville pour leurs activités champêtres, sont plutôt bien accueillies dans ces localités. "C’est un bel exemple qui pourrait empêcher nos filles d’être toujours tournées vers la ville", espère Jean Marie Mambou Kokolo, chef du village de Doumanga, pour qui l’initiative de ces citadines constitue donc "un réconfort moral" pour les femmes rurales. Emilienne Kokolo, la femme du chef, conclut : "Maman Mireille donne une leçon à nos filles qui souvent ne s’adonnent pas aux travaux agricoles."

 

Serge Patrick Mankou

Mars 2015

 

 

 

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Published by Syfia Congo Brazza - dans articles presse
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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com