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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

4 décembre 2014 4 04 /12 /décembre /2014 13:49

(CRP/Syfia) Dans le village de Matombi près de Pointe-Noire, des épouses gèrent  avec parcimonie le fruit de leur travail. Des maris commencent à les imiter. Et découvrent ainsi le (bon) sens de l'épargne.

 

"Grâce à mon commerce, j'ai pu mettre un peu d'argent de côté et lancer les travaux de construction de notre future maison. Il faut que nous devenions propriétaires de notre habitation !", se motive Béatrice Balenvokila, restauratrice et fumeuse de poisson à Matombi, un village de 800 habitants situé à 16 kilomètres de Pointe-Noire, le long de l'Océan atlantique, dans le département du Kouilou.

Béatrice, comme bien d’autres femmes d'ici, a pour principale activité l’agriculture et  le fumage du poisson. Et, comme les autres villageoises, elle est réputée être parcimonieuse avec le budget de son foyer. "Ma femme est une bonne gestionnaire. Elle a le sens de l'épargne. C'est même elle qui me dépanne souvent !", confirme Antoine Mavoungou Mbouiti, réparateur de filets de pêche et époux de Beatrice. Des vertus qu'apprécie aussi Laurent  Tchissambou, professeur d'université à la retraite et secrétaire général de l'Association Matombi pour le développement durable (AMDD) : "Les femmes de notre village sont travailleuses et très économes. Souvent, en cas d’urgence dans le foyer, c'est vers elles que se tournent leurs maris."

Alain Pandi, célibataire de la même localité, admire l'entraide entre époux dans les ménages : "Si j’avais une femme, elle me viendrait en aide. Ici, elles sont de vrais partenaires." Un comportement qui contraste avec celui des hommes, en majorité pêcheurs, qui seraient plutôt des « paniers percés »... "Ils passent leur temps dans les bars et les restaurants et y dépensent parfois tout ce qu'ils ont gagné !", déplore une habitante. Cette tendance, selon Laurent Tchissambou, constitue une "préoccupation, car quand le poisson vient à manquer pendant deux ou trois jours, certains pêcheurs s’endettent auprès des femmes ou de leurs patrons."

 

"Sa gestion me sert d'exemple"

Antoine Milandou, un autre habitant, avance un chiffre : "Sur 100 pêcheurs, 5 seulement sont économes !" Lentement, mais sûrement, les choses sont peut-être en train de changer à Matombi. "J'ai compris que je dois faire confiance à ma femme pour qu'on s'en sorte. Sa gestion me sert d'exemple aujourd'hui", assure Mavoungou Mbouiti. Son épouse Béatrice le croit sur la bonne voie : "Il a reconnu qu’il gérait mal ses revenus et a décidé de suivre mon exemple. J'espère que son engagement est sincère et qu’il va changer." Thérèse Milandou,  elle, estime que son mari avec qui elle fait le maraîchage, a déjà compris que mieux valait épargner : "Nous gérons ensemble le fruit de notre travail. Mon mari est devenu économe."

Selon Thérèse, une banque serait toutefois une garantie supplémentaire contre les tentations : "Quand tu y épargnes ton argent, il est davantage en sécurité que dans la maison. Là-bas, il reste à portée de main..." Laurent Tchissambou apprécierait lui aussi qu'il y ait enfin à Matombi "un lieu sûr pour l'épargne plutôt que de garder l'argent dans des bouts de pagnes..."

Mais, une banque ou ne serait-ce qu'une petite coopérative d'épargne ne semble pas pour demain... "Les populations de Matombi  peuvent venir ici à Pointe-Noire faire des dépôts. Mais, aller installer une succursale là-bas sera difficile. Il n'y a pas d'électricité, ni d'internet", explique Emery Dibamba, directeur général adjoint de la Caisse de participation à la promotion des entreprises et leur développement (Capped), spécialiste de la micro finance.

 

Serge Patrick Mankou

Novembre 2014

 

 

 

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Published by Syfia Congo Brazza - dans articles presse
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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com