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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

4 décembre 2014 4 04 /12 /décembre /2014 13:44

(CRP/Syfia) A Mengo, à 10 km de Pointe-Noire, pour éviter gaspillage et disputes autour des puits, Gisèle Taty a mis en place un comité et des règles strictes pour une meilleure gestion de l'eau. Les habitants s'en félicitent aujourd'hui.

 

"Avec les forages du projet Eau pour tous (initié par le gouvernement congolais depuis 2013, Ndlr), l’eau est gratuite. Encore faut-il que nous les utilisions à bon escient", prévient Gisèle Taty,chef de bloc n°2 depuis 2011 à Mengo, un village de 500 âmes à 10 km de Pointe-Noire.

Femme au foyer et mère de six enfants, Gisèle, la quarantaine, est aussi depuis cette année à la tête d’un comité de 7 personnes. Ce dernier veille à la qualité de l’eau, notamment à la bonne utilisation des 4 points installés à Mengo, dans le cadre du projet "Maza na buala" (L'eau dans le village, en kituba). Une initiative qui vise à construire et entretenir des forages et former les habitants aux techniques de traitement de l'eau. Le projet est piloté par le Conseil départemental du Kouilou et financé par l'Union européenne.

Roger Bruno Makaya, chef de ce projet, voit en Gisèle "une femme motivée, zélée et très engagée. Elle bénéficie d'ailleurs de la confiance des populations de son village." Une confiance acquise grâce à une gestion rationnelle. Gisèle, surnommée affectueusement "la Présidente" par les autres habitants, a ainsi instauré des heures d'ouverture des robinets, entre 6 et 8 heures le matin et entre 18 et 20 heures le soir. "Une manière de ne pas gaspiller l'eau. Quant aux enfants, ils n'ont pas accès aux robinets pour éviter les mauvaises manipulations", précise la rigoureuse gérante.

Des initiatives semble-t-il appréciées. "Aujourd'hui, on ne se dispute plus devant les robinets. Et ils ne sont plus utilisés à longueur de journée. Chacun attend son tour. Il y a de la  discipline", se félicite Simone Ngot, habitante de Mengo. Mais, ces changements d'habitudes ne passent pas toujours comme une lettre à la poste... Pour faire avaler ce qu’elle appelle "la pilule  nécessaire", Gisèle, en bonne pédagogue, insiste sur  "l'intérêt de préserver ces sources d'eau si les femmes ne veulent pas à nouveau parcourir des distances (2 à 3 km, Ndlr) pour trouver le précieux liquide." Une approche bien comprise. "Nous ne voulons plus revivre ces douloureux moments où nous partions si loin  pour nous approvisionner", se souvient Simone.

 

Organisation bien rodée

Antoine Amon Madingou, chef du village de Mengo,  estime que personne ne peut mieux se soucier de la pérennisation des points d'eau que les femmes : "Les hommes étaient négligents. A l'inverse, tout le monde trouve satisfaction avec Gisèle. Je n'ai encore reçu aucune plainte contre elle, c'est bon signe !"

Il faut reconnaître que son organisation paraît bien rodée. En prévision d'éventuelles pannes mineures et pour ne pas attendre l'intervention des autorités locales, elle a par exemple instauré une taxe mensuelle de 300 Fcfa (0,45 €) par ménage. "Cet argent nous permettra d'acheter des robinets ou de payer de petites réparations le cas échéant", envisage-t-elle. Avec les 180 ménages que compte Mengo, chaque mois, cette taxe rapporte 54 000 Fcfa (plus de 80 €). L'argent est pour l'instant placé dans un compte en attendant d'éventuelles réparations.

Gisèle a déjà géré pendant 4 ans,  de 2007 à 2011, le premier forage du village. Avec un bilan jugé flatteur par certains habitants : "A l'époque, elle nous demandait de payer 50 Fcfa le bidon de 25 litres. Avec cet argent, nous achetions le carburant pour faire fonctionner le forage. Nous avions même réussi à payer le traitement du vacataire à l'école primaire à hauteur de 60 000 Fcfa (90 €) le mois. Nous avons enfin pu construire la case de passage du village", énumère encore Simone Ngot.

Les populations de Mengo ont donc trouvé en Gisèle Taty une gérante de confiance pour leur eau. Une responsabilité bénévole qu'a endossée immédiatement l'intéressée : "Cette année, les habitants m'ont demandé de reprendre la gestion des points d'eau. J'ai accepté, car le désordre régnait dans l'utilisation des forages."

 

Serge Patrick Mankou

Novembre 2014

 

 

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Published by Syfia Congo Brazza - dans articles presse
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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com