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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

4 décembre 2014 4 04 /12 /décembre /2014 13:50

(CRP/Syfia) Dans le Kouilou et à Pointe-Noire, très peu de femmes ont été élues au Conseil  départemental et municipal. Et pour cause, les partis politiques ne les ont pas placées en position favorable sur les listes électorales, malgré les quotas imposés en principe par la loi.

 

"Si j'avais su... J'aurais du constituer ma propre liste. On ne doit pas continuer à  nous faire jouer les derniers rôles !", expliquait, visiblement dépitée, madame Makosso née Edwige Sitou, en observant de l'extérieur la session inaugurale du conseil municipal et départemental de Pointe- Noire, le 23 octobre dernier.

Madame Makosso, candidate malheureuse aux dernières élections locales était au 12ème rang seulement sur la liste du Rassemblement pour la démocratie et le progrès social (RDPS, majorité) dans le 2e  arrondissement Mvoumvou à Pointe-Noire. Elle fait partie de ces femmes mal positionnées sur les listes des différents partis. Un obstacle de taille... Ainsi, aux dernières locales, sur l'ensemble du territoire, seules 86 ont été élues sur un total de 860.  Soit uniquement une femme sur dix élus ! A Pointe-Noire  et dans le Kouilou, le constat est tout aussi alarmant : 7 femmes sur 85 élus à Pointe-Noire (8 %) et 8 sur 45 dans le Kouilou (17 %)... 

Eusèbe  Nzaou, directeur départemental  de la Promotion de la femme dans le Kouilou, confirme : "Ce faible nombre d'élues au Conseil est dû au mauvais positionnement  des femmes sur les listes de leurs partis. Souvent elles occupaient les ultimes rangs..." Les formations politiques ont donc détourné l'esprit de la loi  n° 40-2014 du  1er  septembre  2014 qui impose à chaque parti un quota de 30 % de femmes sur les listes électorales. Une règlementation jusqu'ici peu contraignante, puisqu'elle ne prévoit aucune sanction contre les partis qui ne respecteraient pas cette recommandation.

Madame Mpassi née Stimbault Marie-Jeanne, 3e sur la liste du RDPS, a eu plus de considération de sa formation politique. Elle a été élue à Tchamba-Nzassi, au conseil départemental et municipal de Pointe-Noire. Elle dénonce tout de même une forme d'hypocrisie généralisée : "On a fait semblant de respecter les 30 % exigés par la loi, mais les rangs occupés par les femmes sur les listes posaient problème." D'autres femmes dénoncent "une mainmise" des hommes sur les fonctions électives au sein des partis politiques, sans préciser leurs stratégies pour inverser la tendance.

 

"Seule la lutte libère"

Certains leaders comme Crépin Gouala, président de la Dynamique pour une  nouvelle éthique républicaine et la démocratie (DNERD, opposition), leur conseillent de "devenir de plus en plus actives dans  les instances de décision des partis pour inverser la tendance." Valentin Tchibota Goma, secrétaire général du Mouvement action et renouveau (MAR, majorité), va plus loin : "Les femmes doivent être agressives ! Elles doivent se battre au sein de leurs partis, car les hommes ne leur feront pas des cadeaux." Il leur rappelle à cet effet la devise de l'ex-URFC (Union révolutionnaire des femmes du Congo, ancienne branche féminine du Parti congolais du travail, remplacée depuis peu par l'Organisation des femmes du Congo, OFC) : "Seule la lutte libère."

Franck Loufoua Bessi, chargé au programme à la Rencontre pour la paix et les droits de l’homme (RPDH), suggère en premier lieu aux "différentes parties prenantes d'appliquer le quota prévu par le législateur. La violation de  cette disposition va à l’encontre de la volonté d’intégration de la femme dans le processus de développement."

Les rares femmes élues comme Stimbault Marie-Jeanne promettent d'"essayer de défendre la cause de la femme. Il faudra cependant qu'on nous écoute..." Pas gagné d'avance, car les 5 sièges du bureau exécutif du conseil de Pointe-Noire sont tous occupés par des hommes... Et ce depuis 2003 !

Dans le Kouilou par contre,  la vice-présidence  du conseil est revenue à une femme, Joséphine Castanou du RDPS. A noter, par ailleurs, une petite avancée au niveau du MAR, qui a placé lors du dernier scrutin des femmes têtes de liste à Loango avec Philomène Fouti Soungou, à Hinda avec madame Loembé et à Pointe-Noire avec Micheline Potignon Ngondo (2e de liste dans le 1e  arrondissement Lumumba). Toutes ont été élues.

 

Serge Patrick Mankou

Novembre 2014

 

 

 

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Published by Syfia Congo Brazza - dans articles presse
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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com