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Présentation

  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
  • Le blog de Syfia Congo Brazza
  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

21 février 2013 4 21 /02 /février /2013 09:02

(CRP/Syfia) Nuptia Ngamouyi a dernièrement été élue Miss autochtone congolaise à Sibiti, dans le département de la Lékoumou. Par sa beauté et sa détermination, elle compte valoriser le statut et le travail des femmes de sa communauté. 

Le teint brun, l'allure belle, âgée de 18 ans et mesurant environ 1,50 m, Nuptia Ngamouyi, habillée d'une robe fleurie, a été couronnée le 15 décembre dernier, 1ere Miss autochtone congolaise à Sibiti. Une localité de la Lékoumou, département situé à environ 350 km à l'ouest de Brazzaville.

Quinze candidates étaient en lice pour ce concours de beauté dénommé "Moukassa" (Femme, en dialecte bayaka, une population de ce département). Organisé par l’association congolaise Next Concept, il est, en quelque sorte, une copie de l’élection de Miss Congo. "Nous devons y participer, afin d'être reconnues comme femmes au même titre que les autres par nos autorités et toutes les couches de la société", a fait savoir Nuptia, avant son élection, se distinguant aussi par sa bonne expression orale.

Laurel Blood Taty, président du comité d'organisation, précise les critères de sélection des miss : "La taille (1m40 minimum) et l'âge (18 à 25 ans)." Ce concours se veut tournant à travers tous les départements du Congo où des autochtones sont présents : le 2 février à Dolisie (Niari), la Sangha le 16 février; la Likouala le 23 février; le Pool le 9 mars, les Plateaux le 16 mars, la Cuvette le 23 mars, et enfin le Kouilou le 30 mars. Autant d'élections départementales préludes à celle prévue en août prochain. Toutes les miss élues localement, y participeront.

 

Sur des normes bantoues ?

A Sibiti, toutes les participantes à l'élection de Miss Lékoumou ont reçu des organisateurs 20 000 Fcfa (30 €), la 2ème dauphine a eu 60 000 Fcfa (90 €), la 1ère dauphine 75 000 Fcfa (115 €), tandis que Nuptia Ngamouyi a reçu 125 000 Fcfa (190 €) de Thierry Moungalla, ministre des Postes et télécommunications, parrain de la 1ère édition, argent sorti de son porte-monnaie personnel et 100 000 Fcfa (150 €) de Catherine Embondza, ministre de la Promotion et de l'intégration de la femme au développement, là aussi sur des fonds personnels.

Pour Rock Euloge Nzobo, directeur exécutif par intérim de l’Observatoire congolais des droits de l’homme (OCDH), ce concours a eu le mérite de faire écho de la situation des droits de ces peuples au Congo. Il aurait toutefois préféré qu'il se base sur des aspects spécifiques auxquels les Pygmées accordent de l'intérêt et non sur des normes bantoues ou internationales. Une critique partagée par Jean Nganga, président de l'Association de défense et de promotion des populations autochtones (ADPPA), qui regrette que sa structure n'ait pas été associée à l'organisation : "Nous veillons à ce que toute action menée au sein de la communauté ne puisse pas la déconnecter de son système de valeurs."

 

Seconde chance ?

Aux yeux de Nuptia, ce couronnement semble représenter une seconde chance. Elle souhaite reprendre ses études, abandonnées à la suite des discriminations endurées en CE1 : "Au village, nous sommes marginalisés et repoussés. En classe, un autochtone ne peut ni jouer, ni s'asseoir avec un Bantou. Nous sommes battus sous le regard indifférent de l'instituteur..." Déterminée à se construire un autre avenir, elle poursuit : "Je veux repartir à l'école et suivre une formation en couture à Brazzaville. Ainsi, j'aurai un grand atelier et je travaillerai à mon compte. J'embaucherai des membres de ma communauté qui travaillent à l'heure actuelle bénévolement et sont traités en esclaves par les Bantous !" Sa formation doit, en principe, être prise en charge financièrement par le parrain de l’élection sur ses fonds personnels, a fait savoir M. Taty.

La vice-présidente de l'association Next Concept, Ntsémi Milandou Chrishna, également membre du comité d'organisation, résume le but de cette initiative : "Nous voulons que ces miss élues étudient et apprennent le métier de leur choix, de préférence à Brazzaville, pour un bon suivi scolaire, car la marginalisation, par exemple au niveau de Sibiti, est générale."

A ce jour, la loi N°5 portant promotion et protection des droits des populations autochtones du Congo, promulguée le 25 février 2011 par le chef de l'Etat, Denis Sassou-Nguesso, n'a pas encore de textes d'application. En attendant ceux-ci, l'association Société d'appui à la mise en œuvre du droit international (Samedi), de Simon William Mviboudoulou, élabore un programme de sensibilisation de ladite loi. Ce dernier sera bientôt à la disposition des populations des zones reculées du pays.

 

Flore Michèle Makoumbou

 

 

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Published by Syfia Congo Brazza - dans articles presse
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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com