Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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(Syfia/CRP) Au Congo Brazzaville, le pagne se sophistique sous l'impulsion de créateurs encore peu connus et reconnus. Défilés de mode, concours de couture et festivals fleurissent pour faire sortir de l'ombre ces talents. La profession reste cependant à organiser.

 

"Le wax avec sa valeur marchande (50 000 Fcfa, 76 €, Ndlr) fait la dame comme l’habit fait le moine", se rengorge Maguy, la trentaine. Rencontrée juste avant les festivités de Noël, elle avait noué autour de ses reins un pagne surmonté d’une blouse cousue en "mode kazacou" (veste portée par certains musiciens).

Comme Maguy, bon nombre de Congolaises s’habillent ainsi pour les grandes occasions : mariages, sorties galantes, etc. Quant aux hommes, ils portent au quotidien des chemises style Madiba (popularisées par Nelson Mandela) en provenance du Togo, de la RD Congo ou fabriquées localement. Dans les foyers polygames, ces tissus peuvent aussi être "l’arme fatale d’une guerre froide", soutient Bertille, une quinquagénaire : "Par ce que je mets, la coépouse doit savoir ce que j’ai envie de lui dire. Je ne peux pas l’agresser sinon je perds mon mari, alors nous parlons par code !" D’où des motifs comme "l’œil de ma rivale" (tout rouge d’avoir pleuré ou de colère). Les hommes ne sont pas à l'abri de ces mises en garde codées. En témoigne l’expression "Mon pied, ton pied", résumé de l’histoire d’une épouse qui, furieuse de voir trop sortir son mari à son goût, aurait choisi un pagne imprimé avec des traces de pas pour lui annoncer sa volonté de le suivre de très près à l'avenir...


Identité culturelle

Aujourd'hui encore, le pagne reste un élément identitaire important. Selon Solange Samba-Toyo, présidente d’Africontacts, une agence de communication et de promotion de la culture congolaise, "il accompagne l'Africaine de la naissance au deuil, en passant par le mariage. De l’Afrique de l’Ouest jusqu’au Centre, il permet la rencontre de cultures différentes." Gisèle Gomez, styliste congolaise exportatrice de pagnes vers la France, parle même de "rite magique" en évoquant "le mouvement précis et rapide des femmes pour en dénouer les deux coins puis les resserrer après y avoir glissé quelque trésor…"

Pour faire sortir de l'ombre les talents, Africontacts organise des défilés de mode et des concours de couture. En décembre dernier, l'agence a mis en place le 1er Festival du pagne et du tissu africain à Brazzaville. Ce dernier a réuni une petite quarantaine d'exposants du continent et rassemblé en moyenne 1 000 visiteurs par jour qui ont notamment pu découvrir Maître Calva, qui a reçu le Prix créa-couture récompensant les meilleurs couturiers congolais.

"Notre pays compte une importante quantité de couturiers de pagne indigo, de créatrices et créateurs dans le domaine des arts de la table et de la mode, d'artistes peintres spécialisés en raphia et bien d’autres…", s'est félicité le ministre de la Culture et des arts, Jean Claude Gakosso, lors de l'ouverture de cette manifestation. A l'occasion d'un autre festival spécialisé qui a eu lieu au Niger en novembre dernier, le pays, qui participait pour la première fois à cette rencontre réunissant beaucoup d'autres pays africains, s'est classé premier grâce à son pagne mélangé avec du raphia, un modèle très en vogue au pays. Localement, petit à petit, fabricants et artisans, gagnent mieux leur vie.


Organiser la profession

Le pagne peine cependant à s'imposer, en particulier auprès des jeunes. "Avec le modernisme, il est de moins en moins porté. Certaines l'utilisent uniquement à la maison. Quand elles sortent, elles mettent un pantalon. Elles pensent que le pagne les vieillit", observe Thyde Anne Koumba, une universitaire.

De leur côté, les stylistes pourraient valoriser encore davantage ce tissu. Selon Dominique Nanitelamio, directeur de la promotion et de la formation au ministère des Petites et moyennes entreprises et de l'artisanat, entre 2000 et 2009, seuls 403 créateurs se sont fait officiellement enregistrer. Une majorité d'entre eux restent dans l'informel, craignant les policiers et les fonctionnaires qui les prennent pour des commerçants et leur imposent différentes taxes. Autre difficulté pour les stylistes : le manque d’accès au crédit. Dominique Nanitelamio souhaite en particulier que tous aient un compte épargne ou de prévoyance sociale. Un projet de loi régissant l'artisanat, en attente de promulgation par le président de la République, devrait contribuer à mieux organiser la profession.

Marien Nzikou-Massala

 

 

Janvier 2010

 


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Vendredi 15 janvier 2010 5 15 /01 /Jan /2010 10:34
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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Association de droit français, Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Emmanuel de Solère Stintzy
desolere[a]syfia.info

 
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