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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

29 juin 2012 5 29 /06 /juin /2012 14:59

(CRP/Syfia) Les aveugles seront-ils plus nombreux à voter le 15 juillet à l'occasion des prochaines législatives ? Certains espèrent en tout cas que leur choix sera mieux respecté, maintenant qu'ils sont officiellement autorisés à se faire assister par un voyant. Des OSC spécialisées les encouragent à remplir leur devoir citoyen.

 

"Au niveau de notre structure, nous avons désigné une équipe d’accompagnateurs qui sera avec les aveugles lors du vote", annonce Jean-François Mitoumidi Nganga, président de l’Association des handicapés moteurs du Congo et membre du comité directeur national de l’Union nationale des handicapés du Congo (Unhaco). Depuis mars dernier environ, l’Unhaco a formé une cinquantaine d'accompagnateurs, pendant une semaine à chaque fois, pour être avec les aveugles et veiller au respect de leur choix le 15 juillet, à l'occasion des prochaines législatives.

"Nous les encourageons à aller massivement voter et aiguisons leur conscience patriotique, en leur disant qu'ils sont des citoyens à part entière et que le vote fait partie de leurs devoirs", explique Jean-François. Après concertation entre l’Unhaco et d’autres OSC sur les causes de la faible participation des handicapés dans le processus électoral, ces associations ont organisé plusieurs rencontres d’échanges.

Bon nombre de valides semblent désormais eux aussi convaincus de l'importance du libre choix de tous les électeurs. Selon Florent Matakala, un des accompagnateurs : "Être avec un aveugle pour qu’il exerce son droit est un devoir civique et une manière de rendre service à la nation et à mes compatriotes." Pour rassurer le votant du respect de son choix, "après avoir mis le bulletin dans l’enveloppe, l’aveugle peut demander à une tierce personne de lire les bulletins restant entre les mains de l’accompagnateur, afin qu’il se rassure du candidat qu’il a réellement choisi, détaille Jean-François. Il poursuit : Quand il constate que le bulletin qui porte le nom de son candidat n’est plus là, il sait alors que son choix a été respecté." Selon lui, ces nouvelles possibilités ont encouragé les aveugles à se faire enregistrer davantage sur les listes électorales, bien qu’un nombre précis d’inscrits n’ait pas été indiqué.

 

"La confiance n’exclut pas le contrôle"

Aujourd’hui, la loi électorale, modifiée en avril dernier, dit en son article 91, que "tout électeur atteint d’infirmité certaine, le mettant dans l’impossibilité d’introduire son bulletin dans l’enveloppe et de glisser celle-ci dans l’urne, est autorisé à se faire assister par un électeur de son choix ou par un membre du bureau de vote." Dans la précédente loi, cette disposition n'existait pas. Les aveugles votaient donc comme tout le monde, non sans difficultés...

Souvent, leur choix était détourné par des voyants mal intentionnés. "Aux législatives de 2007, je voulais voter pour le candidat de l’Union pour la démocratie et la République-Mwinda (UDR-Mwinda), mais mon accompagnateur m’avait fait voter celui du Mouvement congolais de la démocratie et du développement intégral (MCDDI). Depuis, je ne me fais plus accompagner, ni par mes enfants, ni par mes amis, mais plutôt par quelqu’un de mon parti, pour me rassurer qu’il ne votera pas quelqu’un d’autre", explique Jean-Pierre Louya, président de l’Association nationale des aveugles du Congo.

Selon Simon Ibovi, malvoyant, les nouvelles dispositions ne sont pas suffisantes et la Direction générale des affaires électorales (DGAE) devrait s’inspirer des emballages des produits pharmaceutiques qui portent des écrits en braille pour permettre aux aveugles de reconnaître les différents médicaments : "Si les bulletins étaient imprimés en braille, même sans accompagnateur, voter serait facile." Ce à quoi maître Modeste Mbossa, directeur de cabinet du président de la Commission nationale d’organisation des élections (Conel), évoquant des questions d’ordre technique, répond que : "Les textes en vigueur n’ont pas encore consacré l’utilisation du braille en matière électorale."

Pour l’heure, seule la confiance garantit donc le libre choix. Armand Tsounou, directeur des opérations préélectorales et du contentieux à la DGAE, nuance : "Jusque là, nous faisons confiance à l'accompagnateur, mais la confiance n’exclut pas le contrôle. Nous étudions donc la possibilité de doubler les accompagnateurs pour sécuriser ce vote. Encore faut-il que ces 'doublures' ne détournent pas eux aussi le choix des aveugles..."

 

Marien Nzikou-Massala

 

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Published by Syfia Congo Brazza - dans articles presse
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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com