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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

10 août 2012 5 10 /08 /août /2012 16:53

(CRP/Syfia) A Pointe-Noire, des politiciens et des OSC sont allés à la rencontre des malentendants, en langue des signes. Certains ont ainsi enfin pu voter pour le candidat de leur choix. D'autres en ont été, en toute illégalité, empêchés.

 

Dimanche 5 août, jour du 2ème tour des législatives, à l’entrée d’un centre de vote de la 3ème circonscription de l’arrondissement 1 Lumumba de Pointe-Noire. Carte d’électeur en mains, Davy Makosso, responsable local de l’Association nationale des sourds-muets et déficients auditifs du Congo (Ansdaco), vient de voter. Comme d'autres malentendants, il se félicite d’avoir pu choisir le candidat de son choix : "J’ai enfin voté en toute liberté, pour la personne que j’avais choisie en vertu de son programme."

Très souvent, faute d’interprète pour leur expliquer les messages des politiciens, les malentendants et les sourds-muets votent sur un coup de tête. "Aux législatives de 2007, pour faire plaisir à ma voisine qui m’avait remis le prospectus de son candidat, j’ai voté pour un monsieur dont je ne connaissais pas les idées. Pourtant, j'étais capable d’analyser un discours politique", regrette Philomène Appa Ngolo, qui parle, mais n’entend pas. Enseignante à l’Institut public des sourds et déficients auditifs de Pointe-Noire, elle a, cette année, fait son propre choix. "Maurice Mavoungou est le seul à nous avoir expliqué ses messages", expliquait Philomène, le 13 juillet dernier, au sortir d’un meeting de ce candidat. En début de campagne, Maurice Mavoungou, réélu cette année député et membre du Mouvement action et renouveau (MAR), parti de la majorité présidentielle, avait organisé une rencontre avec les malentendants. Et, à chacun de ses meetings, une interprète, Bibiane Loko, traduisait ses discours en langue des signes.

De leur côté, en mai dernier, une dizaine d’ONG congolaises de défense des handicapés, en partenariat avec le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), ont organisé à Brazzaville et Pointe-Noire un séminaire pour inciter les malentendants et autres déficients à participer massivement aux différents scrutins. Une des recommandations demandait aux candidats de faire traduire leurs messages de campagne en langue des signes. "Je me suis approprié ce séminaire. J'ai intégré le président de l’Ansdaco dans mon cabinet, afin qu’il m’aide à faire un bon plaidoyer à l’Assemblée nationale en faveur des malentendants et déficients auditifs. Leur participation à la gestion de la cité est vivement souhaitée", explique M. Mavoungou.

 

Intimidés ou empêchés de voter

Mais, si certains déficients auditifs sont enfin sortis de leur silence électoral, ils sont nombreux à être encore rejetés dans la société. Y compris le jour du scrutin… "Des malentendants et sourds-muets ont failli ne pas voter, mais j'ai rappelé aux membres d’un bureau de vote la loi électorale qui accorde à tous les citoyens ce droit", raconte Philomène. "J’ai montré ma carte d’électeur et ma carte d’identité. Mon nom était sur la liste électorale, mais les membres du bureau m’ont refoulée en me faisant croire que les sourds-muets et autres personnes vivant avec handicap n'étaient pas autorisés à voter", déplore une sourde-muette en langue des signes, traduite par Bibiane Loko.

Des cas dont la Commission nationale d’organisation des élections (Conel), dit ne pas avoir été avisée. "Si on avait refoulé ces personnes, cela devrait figurer dans les procès-verbaux", explique, sous couvert de l’anonymat, un membre de cette Commission. Cette même source précise que les membres des bureaux de vote ont été informés, peu avant les législatives, sur les droits des handicapés. La loi électorale du 24 novembre 2001 stipule en son article 5 : "Sont électeurs les Congolais des deux sexes âgés de 18 ans, au moins, jouissant de leurs droits civils et politiques". Par ailleurs, la Constitution de 2002, en son article 8, définit tous les humains comme égaux.

Lors des prochains scrutins, la Conel promet de veiller au strict respect de ces dispositions. L’article 133 de loi électorale punit "d’un emprisonnement de 3 à 24 mois et d’une amende de 100 000 à 1 million de Fcfa (de 150 à 1 500 €, Ndlr) quiconque, sur les lieux du scrutin ou dans leur proximité immédiate, exerce, par quelque moyen que ce soit, une pression sur un ou plusieurs électeurs en vue d’influencer leur vote, d’obtenir leur suffrage ou d’empêcher la manifestation de celui-ci."

Contents de pouvoir enfin commencer à s'exprimer, les malentendants souhaitent par ailleurs à l'avenir qu’il y ait un interprète dans chaque bureau de vote et que les policiers apprennent la langue des signes.

 

John Ndinga-Ngoma

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Published by Syfia Congo Brazza - dans articles presse
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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com