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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

31 octobre 2012 3 31 /10 /octobre /2012 10:00

(CRP/Syfia) Malgré son échec aux dernières législatives, Micheline Potignon Ngondo, députée sortante de Lumumba 1 à Pointe-Noire, entend poursuivre son action. Bon nombre de citoyens, d'ONG et de politiciens lui sont reconnaissants pour sa loi portant protection de l’enfant. Une loi encore peu appliquée et vulgarisée.

 

Au lendemain des dernières législatives, Micheline Potignon Ngondo reconnaît avec fair-play sa défaite : "On ne peut pas imaginer les raisons profondes du peuple. Il a fait son choix. Et ce n’est que normal d’élire qui on veut." La candidate à Lumumba 1 à Pointe-Noire du Mouvement action et renouveau (Mar), parti de la Majorité, a été éliminée dès le premier tour, devancée par un indépendant et un membre du Parti congolais du travail (PCT, au pouvoir).

Certains habitants de la capitale économique, partisans inconditionnels de cette politicienne d’une soixantaine d’années qu’ils appellent affectueusement "Maman", ont une explication toute trouvée à l'échec de leur championne. "La pauvre a été victime de la mauvaise compréhension du rôle d’un député. Les gens pensaient qu’elle devait distribuer des gadgets dans les maisons ou construire des ponts, alors qu’elle a pleinement joué son rôle. Sa loi va l’immortaliser !", assure Jean-Claude Pandzou, un enseignant. Des éloges qui s'expliquent sans doute aussi en partie par les diverses actions (prise en charge d'orphelins, construction d’un dispensaire) menées par son ONG, l'Association Ngondo pour la lutte contre la pauvreté (ANLCP).

 

"Un outil supplémentaire"

Micheline Potignon Ngondo vient de passer dix ans à l’hémicycle. Élue en 2002 en tant que candidate indépendante et réélue en 2007 sous ce même label, elle a intégré le Mar un an après. Quand elle était députée, elle a 'accouché' d’une loi : la loi n°4-210 du 14 juin 2010 portant protection de l’enfant au Congo, dite "loi Potignon". Cette dernière rassemble 131 articles. Bien qu’elle ne soit pas encore pleinement en vigueur dans les commissariats ou les tribunaux, par manque de textes d’application ou par ignorance, elle complète l’ancienne loi n°18-60 du 16 janvier 1960, tendant à protéger la moralité de la jeunesse congolaise, dite "loi Portella", du nom du parlementaire qui l’avait à l'époque proposée.

La loi de 2010 a voulu tenir compte des évolutions de la société. Ces derniers temps, les enfants sont en effet victimes de toutes sortes de violations de leurs droits dans ou en dehors de leurs familles : travail forcé, dépravation des mœurs, violences, mariages forcés, etc. Pourtant, le Congo est signataire de plusieurs textes internationaux dont la Déclaration universelle des droits de l’enfant de 1959 et la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948. Mais, faute d’un cadre juridique national adapté aux réalités locales, ces textes ne sont pas souvent respectés. "Aujourd’hui, on voit des enfants de 13 ou 14 ans dans les bars, les vidéos club. Ils y affichent des comportements immoraux et inciviques. Tout cela à cause de la démission des parents ou de la société", constate Françoise Damba Kanga, directrice départementale de l’instruction civique de Pointe-Noire. A ses yeux, la loi Potignon est donc "la bienvenue".

Plusieurs ONG, soulignent, elles aussi, l'utilité de cette loi, qu'elles considèrent comme un "outil supplémentaire et efficace" de promotion et de défense des droits des enfants. "J’ai lu ce texte qui intègre nos objectifs, prévoit des sanctions (amendes par exemple, Ndlr) et facilite en principe les actions en justice", souligne Alain Louganana, conseiller juridique à la Commission diocésaine justice et paix. Reconnaissant ne pas l'avoir encore utilisé, il couvre tout de même la députée qui en est à l'origine d’éloges : "Elle est l’une des rares parlementaires de ces dix dernières années à avoir proposé une loi. D'ordinaire, la plupart des lois qui sont votées dans notre pays émanent du gouvernement."

 

Une loi à vulgariser

Certains acteurs politiques apprécient également la loi Potignon. "En tant que praticien du droit, j’avoue que ce texte est d’un apport important dans l’environnement juridique congolais. Il facilitera la tâche des tribunaux pour enfants et celle des avocats. Je suis sûr que je ne serai pas contredit par mes collègues en disant cela !", déclare Anicet Balou, juriste et candidat malheureux, lui aussi, aux dernières législatives à Lumumba 1. Mais, nuance-t-il, "une loi pour la protection de l’enfant n’était pas aussi prioritaire que la réforme du Code de la famille qui n’obéit plus ni au contexte actuel, ni aux droits de l’homme."

L’administration, quant à elle, plaide pour une plus large vulgarisation. "Nous faisons la promotion des textes comme la loi Potignon dans les quartiers, les hôpitaux ou les casernes par des séminaires ou des conférences. Mais ce n’est pas suffisant. Tout le monde devrait s’impliquer", souhaite Françoise Damba Kanga.

Pour sa part, malgré sa défaite aux dernières législatives, Mme Potignon n’entend pas lâcher prise, ni sur le plan associatif, ni sur le plan politique : "La députation n’est pas une fin en soi. Il y a plusieurs manières de servir le pays. Je suis aussi conseillère municipale. Je poursuivrai mon œuvre en restant dans l’humanitaire."

 

 

John Ndinga-Ngoma

 

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Published by Syfia Congo Brazza - dans articles presse
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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com