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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

13 septembre 2012 4 13 /09 /septembre /2012 07:02

(CRP/Syfia) Les électeurs ne semblent pas s'être rendus aux urnes en masse lors des dernières législatives. Plusieurs partis et associations s’interrogent sur la légitimité des députés élus dans ces conditions. Certains préconisent de fixer dans la loi électorale un taux minimum de participation pour valider une élection.

 

"Je ne me suis pas rendue aux urnes, parce que, pour moi, ces élections ne ressemblaient qu’à une fiction, l’issue étant connue d’avance", lance José, habitante de la circonscription de Ngoyo dans le sixième arrondissement de Pointe-Noire. Comme elle, plusieurs autres citoyens ont boudé les urnes aux dernières législatives. Cette résignation s’est traduite par un faible taux de participation, même si les avis sont partagés à ce sujet.

Les partis politiques de l’opposition, réunis le 17 août dernier à Brazzaville, ont avancé le chiffre de 90 % d’abstention au 2e tour, tandis que l’Observatoire congolais des droits de l’homme (OCDH), dans son rapport sur le déroulement du 1er tour, estimait alors le taux d’abstention à 85 %. Jusque là, cette association n’a avancé aucun chiffre pour le 2e tour. De son coté, Zéphirin Mboulou, ministre de l’Intérieur et de la décentralisation, lors de la publication des résultats du 2ème tour le 8 août dernier, se réjouissait de l’amélioration du taux de participation entre les deux tours en zones rurales, sans avancer cependant un pourcentage précis.

 

Réviser la loi électorale ?

Pour certains acteurs politiques de l’opposition et organisations de la société civile, la faible participation des électeurs remettrait en cause la légitimité des nouveaux élus. Selon eux, un député élu dans ces conditions "ne représente pas l’expression de l’ensemble de la population". Franck Loufoua Bessi, assistant au programme de la Rencontre pour la paix et les droits de l’homme (RPDH) est de ceux qui se demandent "si une assemblée qui n’a recueilli que 25 % des suffrages (75 % des électeurs se sont abstenus au 2ème tour selon RPDH), engage le peuple."

Cependant, la loi électorale actuelle ne fixe pas de taux minimum de participation pour qu’une élection soit validée. Son article 66 stipule uniquement qu’"est déclaré élu le candidat (à la députation, Ndlr) qui obtient le plus grand nombre des suffrages exprimés". Ce qui fait dire à Valentin Tchibota Goma, secrétaire général du Mouvement action et renouveau (MAR), parti de la majorité, se fondant sur un proverbe congolais ("Quand, dans un village, un homme a mangé le serpent, c’est tout le village qui en a mangé") : "Lorsque sur mille personnes, une seule accomplit son devoir civique, son vote compte et devient l’expression de la volonté de l’ensemble de la circonscription."

Un avis partagé par Paul Tchignoumba, député indépendant nouvellement élu de Mvoumvou 2, Pointe-Noire : "Nous respectons le droit de tout individu à voter ou non, mais est pris en compte le suffrage des populations qui ont accompli leur devoir civique. Notre légitimité est totale puis que nous avons un mandat issu des urnes, qui est donc l’expression de la volonté de la population à travers les électeurs." A l'inverse, Crépin Gouala, président de la Dynamique pour une nouvelle éthique républicaine et la démocratie (Dnerd), parti proche de l'opposition, souligne qu’"il faut réviser la loi électorale en fixant un taux de participation nécessaire (minimum, Ndlr) pour valider une élection, afin que l’ensemble des électeurs se retrouvent dans le choix de leurs représentants."

 

Plus de civisme, mieux organiser le scrutin

Pour tenter de réduire ce déphasage entre électeurs et élus, des partis proches de la majorité préconisent, eux, d'inculquer en amont le civisme à la population. A leurs yeux, la lutte contre la résignation en dépend, comme le souligne M. Tchibota Goma : "Quand un citoyen s’abstient, il refuse d’accomplir son devoir civique, parce qu’il ne connait peut-être pas l’importance du vote. Quand les gens auront acquis les notions de civisme, on aura plus besoin de modifier la loi."

D'autres pensent que le vrai débat devrait concerner les conditions d'organisation du scrutin. La société civile et les partis politiques, toutes tendances confondues, ont ainsi dénoncé plusieurs irrégularités (ouverture tardive de certains bureaux de vote, falsification de cartes d’électeurs, distribution d’argent aux électeurs le jour du vote) au cours des dernières législatives.

Pour eux, le manque d’engouement des populations serait dû en grande partie à ces dysfonctionnements. Selon Crépin Gouala, "tant qu’on n’organisera pas des élections dans des conditions de transparence, la population ne s’appropriera pas le vote puisqu’elle se dira toujours que son choix ne sera pas pris en compte."

Serge Patrick Mankou

 

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Published by Syfia Congo Brazza - dans articles presse
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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com