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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

17 septembre 2012 1 17 /09 /septembre /2012 09:24

(CRP/Syfia) À Pointe-Noire, des candidats malheureux aux dernières législatives ont utilisé les médias pour dénoncer les dysfonctionnements qui ont, selon eux, entaché ce scrutin. Ce, au mépris des textes électoraux et médiatiques en vigueur au Congo.

 

"Il y a eu une mascarade savamment organisée par mon adversaire avec la complicité de l’administration". Ces propos, semblables à un réquisitoire, ont alimenté les radios et télévisions publiques et privées de Pointe-Noire dès le 6 août, soit le lendemain du 2ème tour et un jour avant la publication officielle des résultats et jusqu'au 12 de ce même mois. Les médias ont diffusé ces publi-reportages payants au moins trois fois par jour. Leur auteur est Noël Diambou, candidat aux législatives dans la troisième circonscription de l’arrondissement 1 Lumumba pour le compte de l’Union panafricaine pour la démocratie sociale (UPADS), principal parti de l’opposition.

Autres politiciens, mais attitude identique, au lendemain du 1er tour du 15 juillet. "Nous demandons la disqualification des candidats Zinga-Mabio du RDPS (Rassemblement pour la démocratie et le progrès social) et Jean-François Kando du PCT (Parti congolais du travail). Ils ont brillé par la fraude dans notre circonscription", avaient par exemple déclaré, le 17 juillet au cours d’une conférence de presse, un collège de trois candidats composé de Crépin Gouala (Dynamique pour la nouvelle éthique républicaine et la démocratie (DNERD), opposition), Jean-Louis Ntini (indépendant, se disant proche de la majorité) et Justin Mabanza (UPADS). Ils expliquaient alors avoir voulu ainsi attirer l’attention de l’opinion publique.

 

Reproches déontologiques

Des politiciens, de l’opposition comme de la majorité, se sentant floués ont recouru à la presse pour décrier les irrégularités et les fraudes qu’ils disent avoir constatées. Certains partis politiques égratignés ont pris le micro pour se défendre. D’autres, non. "On ne peut pas reprocher à un citoyen de revendiquer ses droits quand il se dit en être lésé. Mais, que nos candidats soient accusés de fraude ou que les nôtres en aient été victimes, nous avons choisi d'accepter le fait accompli. En bons citoyens, nous savons que la Cour constitutionnelle seule peut, après avoir statué en vertu de la loi électorale (article 121, Ndlr), valider ou annuler un scrutin", rappelle Valentin Tchibota Goma, secrétaire général du Mouvement action et renouveau (MAR), parti de la majorité.

Une source proche du Conseil supérieur de la liberté de la communication (CSLC), organe de régulation de la liberté de presse, déplore de son côté le manque d’équilibre dans le traitement de l’information. "Les médias auraient dû se rapprocher des personnes mises en cause et de l’administration puis diffuser tous les sons de cloche. Ce qui, malheureusement, n’a pas été fait. On a plutôt assisté à une sorte de procès contre certaines personnes", a déclaré notre source, qui a requis l'anonymat, expliquant que le CSLC a une fois encore privilégié la pédagogie pour ne pas apparaître comme un "prédateur de la liberté de la presse, tellement il y avait de délits à sanctionner"…

L’article 198 de la loi de 2001 sur la liberté de la presse au Congo prévoit une amende allant de 200 000 Fcfa (environ 300 €) à 2 millions de Fcfa (plus de 3 000 €) en cas de diffamation envers les particuliers. Avant et après le 1er tour des législatives, le CSLC a rappelé aux responsables des médias les lois en vigueur tout en promettant de sanctionner les contrevenants à l'avenir.

Des reproches auxquels certains responsables de médias répondent par la difficile accessibilité des sources "malgré le point 2.2 de la Charte des professionnels de l’information et de la communication de 1992 qui reconnaît l’accès à toutes les sources d’information comme un droit pour le journaliste." Gilbert Richard Moutakala, directeur des informations à Télé pour Tous (TPT), une télévision privée, souligne : "Nous avons diffusé ces déclarations sans mettre nos commentaires pour permettre aux personnes incriminées de faire des droits de réponse. Nous voulions ainsi éviter de jouer le rôle de tribunal électoral pour des politiciens."

 

Des recours sans suites

La société civile renvoie dos à dos politiciens et médias. "Certains candidats auraient dû attendre la publication officielle des résultats de la Cour constitutionnelle et les médias auraient dû se rapprocher des personnes incriminées et de l’administration", analyse Franck Loufoua Bessi, assistant aux programmes à la Rencontre pour la paix et les droits de l’homme (RPDH).

Pour certains, le mal est profond. "Loin de les légitimer, ces attitudes s’expliquent par le fait que la justice n’inspire plus confiance aux populations. Au 1er tour par exemple, des gens détenant illégalement des cartes d’électeurs ont été attrapés par la police, mais ils ont été relaxés", souligne Crépin Gouala. Georges Nguila, chef d’antenne à Pointe-Noire de l’Observatoire congolais des droits de l’homme (OCDH) se souvient : "Aux législatives de 2007, tous les candidats ayant déposé des recours avaient été déboutés. Le problème est donc lié à la crise de confiance entre le peuple et l’administration."

 

John Ndinga-Ngoma

 

 

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Published by Syfia Congo Brazza - dans articles presse
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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com