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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

16 avril 2013 2 16 /04 /avril /2013 12:26

(CRP/Syfia) Dans le département de la Lékoumou, grâce aux efforts conjoints de la société civile et des autorités locales, une centaine de femmes autochtones sont devenues propriétaires des terres qu'elles cultivent.

 

"Nous avons de l'espace pour les activités de notre groupement agricole et aucun problème avec les Bantous", se réjouit doublement Emilienne Mayala. Cette autochtone est trésorière d'un groupement crée par l'association Azur développement en 2010, à Mayéyé, à près de 60 km de Sibiti.

Dans des villages du département de la Lékoumou, au sud-ouest du Congo Brazzaville, entre 2011 et 2012, dix autres groupements de femmes autochtones ont vu le jour. "Elles disposent désormais de l'espace pour des champs de manioc, d'arachide et de maïs. Après la vente de leurs récoltes, elles se partagent le fruit de leur labeur", se félicite Sylvain Mouboubou, autochtone et compagnon d'Emilienne. Sylvain est par ailleurs membre "d'Essayons voir", une coopérative qui exploite une bananeraie de 2 hectares. Il dit gagner ainsi, tous les 3 mois à chaque récolte, environ 50 000 Fcfa (75 €). "Je peux ainsi faire face aux ordonnances médicales de ma famille", se félicite-t-il. Un progrès, quand on sait qu'hier encore, les autochtones travaillaient comme ouvriers dans les champs des Bantous, payés autour de 500 Fcfa (0,75 €) la journée, soit 40 000 à 45 000 Fcfa (60 à 70 €) tous les 3 mois.

 

Début de sédentarisation

Mais, obtenir des surfaces cultivables n'a pas été facile. "Au début, les Bantous n'étaient pas disposés à céder la terre. Nous avons acheté des espaces au prix forfaitaire de 25 000 Fcfa", se souvient Nina Mboyo, représentante d'Azur développement à Sibiti. Le paiement de cette somme donne droit à l'exploitation d'un espace non délimité. Les chefs de quartiers ont concédé définitivement les surfaces aux groupements après avoir été informés par Azur sur les droits des autochtones à disposer aussi de la terre. Aujourd'hui, une simple demande suffit pour qu'un lopin cultivable soit attribué gracieusement. Toutefois, cette cession se fait de façon verbale, sans délivrance d'un titre foncier. Au total, l'action d'Azur développement a permis à 111 femmes de pratiquer l'agriculture sur des espaces dont elles sont dorénavant propriétaires.

La propriété terrienne commence à sédentariser les autochtones. "Depuis trois ans, les membres des groupements n'ont pas changé de campement. Elles travaillent sur les espaces acquis et attendent le fruit de leur efforts", observe Nina Mboyo. "Nous veillons sur nos champs au quotidien et ne disposons plus d'assez de temps pour nous rendre en forêt au risque de sacrifier notre travail", confirme Emilienne Mayala, qui se réjouit de sa nouvelle vie. Leur premier champ est en effet arrivé à maturité. D'ici quelques semaines elles goûteront au fruit de leur dur labeur.

L'article 17 de la Constitution de 2002 dit que : "Nul ne peut être privé de sa propriété que pour cause d'utilité publique, moyennant une juste et préalable indemnité dans les conditions prévues par la loi". La loi du 25 février 2011 portant promotion et protection des droits des populations autochtones dispose aussi du droit à la propriété de cette population. Pourtant, au quotidien, les conflits fonciers restent nombreux. "Encore animés par un esprit de domination, des Bantous veulent chasser les autochtones des terres sur lesquelles ils vivent (sans documents légaux, mais en étant reconnus comme propriétaires, car ils y résident depuis très longtemps, Ndlr). Dernièrement, nous avons reçu une femme qui dit être victime de menaces de déguerpissement d'un Bantou. Nous allons porter l'affaire devant les tribunaux. La loi doit être respectée !", s'indigne Jean Denis Toutou Ngamiyé, président bantou de l'Association pour la promotion socio-culturelle des autochtones du Congo (Apsac), une OSC basée à Sibiti.

 

"La terre appartient à tout le monde"

Bernard Makita, maire de la communauté urbaine de Sibiti, reconnaît que "pendant la saison sèche, les autochtones regagnent souvent la forêt. Des Bantous en profitent parfois pour s'approprier leurs terres. Dorénavant, aucune parcelle ne peut être vendue sans l'avis du chef de quartier." La mesure semble être respectée. "Nous avons débouté un Bantou qui revendiquait la jouissance d'une terre appartenant à un autochtone. Nous nous sommes aperçus que ses ancêtres avaient occupé les premiers cette terre", ajoute le maire de Sibiti.

Certains Bantous disent ne pas s'opposer à cette évolution. "Nul n'est venu au monde avec la terre. Elle appartient à tout le monde. On ne peut que se réjouir que les autochtones obtiennent eux aussi des terres !", déclare Blaise Mantsé, paysan de Mayéyé. Pour lui, cette évolution renforcera la cohabitation entre ces deux peuples et rendra plus autonomes les autochtones.

 

Serge Patrick Mankou

 

 

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Published by Syfia Congo Brazza - dans articles presse
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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com