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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

16 avril 2013 2 16 /04 /avril /2013 12:28

(CRP/Syfia) Des ONG et des autorités de la Lékoumou encouragent les autochtones à enregistrer à l'Etat civil leurs enfants. L'acte de naissance donne une identité et accès à l'école, puis à un travail. Certains sont conscients de l'importance de ce document, mais regrettent l'éloignement des centres d'Etat civil et les lenteurs administratives.

 

Mayéyé, à quelques 60 km de Sibiti. Fin mars dernier, Nelly Mouloumou vient de se réveiller à la suite des pleurs du bébé de sa fille née il y a deux jours : "Calme-toi, future sage-femme ! Toi aussi, tu consoleras et dorloteras les bébés, mais tu ne te souviendras pas que tu es passée par là…" Pour que cette prophétie s'accomplisse, Nelly sait pertinemment que l'enfant doit aller à l'école. Et l'école n'est accessible qu'aux citoyens. Or, la citoyenneté est sujette à une identité, donc à la détention d'une pièce d'Etat civil. "L'acte de naissance permet d'inscrire un enfant à l'école, d'avoir la carte d'identité ou de voter. Je ne tarderai donc pas à déclarer la naissance de ma petite-fille", explique encore Nelly, toute joyeuse.

Dans la Lékoumou, au sud-ouest du Congo Brazzaville, comme dans d'autres départements du pays, peu d'enfants autochtones ont un acte de naissance. La plupart voient le jour dans des campements éloignés des centres d'Etat civil. "Beaucoup de données échappent à l'administration, car ce peuple est nomade. Lorsqu'il s'agit par exemple de donner leur nombre exact, les experts avancent souvent des chiffres approximatifs", reconnaît Prosper Pinda, sociologue et agent de la direction départementale des affaires sociales à Sibiti.

 

Gratuité des pièces d'Etat civil

Un problème auquel des ONG tentent d'apporter des solutions durables. "Notre association enregistre les nouvelles naissances de manière à encourager les parents à les déclarer à l'Etat civil", explique Jean Denis Toutou Ngamiyé, président de l'Association pour la promotion socio-culturelle des autochtones du Congo (Apsac). "Il y a deux ans, l'Apsac est descendue ici et a pris toutes les données concernant mes six enfants. Aujourd'hui, deux d'entre eux ont des actes de naissance. Quant aux quatre autres, on attend que la sous-préfecture nous les délivre. Grâce à ces actes de naissance, j'ai pu inscrire mes enfants à l'école. Moi-même, j'ai obtenu la carte d'électeur, parce que j'ai obtenu un duplicata d'acte de naissance (il n'avait pas d'original, Ndlr)", indique Jean Mbama, habitant du district de Mayéyé.

Profitant de la gratuité des pièces d'Etat civil (acte de naissance, carte nationale d'identité, passeport, etc.) décrétée fin 2011 par la présidence de la République, les pouvoirs publics mènent le même genre d'actions. "Nous descendons dans les quartiers, les villages ou les campements pour enregistrer les enfants des autochtones. Les textes déclarent que tout enfant a droit à un acte de naissance", explique Bernard Makita, maire de la communauté urbaine de Sibiti, sans toutefois donner de chiffres précis. La Loi du 14 juin 2010 portant protection de l'enfant stipule en effet (article 13) que ce dernier a droit à un enregistrement à sa naissance, un nom et une nationalité.

 

Question d'alphabétisation

En dépit de ces efforts, déclarer les naissances n'est toujours pas devenu un réflexe. "La logique voudrait qu'ils se rendent eux-mêmes dans les centres d'Etat civil. Ils n'y vont pas, malheureusement. C'est pourquoi, il faut aller à leur rencontre dans les campements les persuader en leur montrant, par exemple, qu'il est difficile à un employeur d'embaucher une personne qui n'a pas de pièces d'Etat civil. Il y a près de 20 ans que notre association fait ce travail, mais nous n'avons enregistré les naissances que d'une trentaine d'enfants autochtones…", déplore Jean Denis Ngamiyé.

Les autochtones évoquent l'éloignement des centres d'Etat civil et la lenteur de l'administration. "Je suis né dans la forêt, loin de Mayéyé. Mes parents n'ont pas eu le temps de venir à la sous-préfecture pour déclarer ma naissance. C'est pourquoi, mon souhait est que l'administration se rapproche de nous", propose Jean Mbama. Nelly, évoque, elle, la lenteur administrative : "Les déclarations de mes enfants et petits-enfants sont à la sous-préfecture. Mais, j'attends..."

D'autres ONG sont actives dans le même domaine. En 2011, la Fondation Ebina de Brazzaville avait, pendant une semaine, identifié près de 100 enfants de la Lékoumou. Mais, n'ayant pas été relayée par les autochtones eux-mêmes, cette initiative semble aujourd'hui restée sans lendemain. Pour l'administration, ce désintéressement tenace est lié à l'analphabétisme. "Même les enfants de certains Bantous ne sont pas enregistrés dès leurs naissances. Ceux dont les parents ne sont pas alphabétisés n'en comprennent pas l’importance", souligne Bernard Makita.

 

John Ndinga-Ngoma

 

 

 

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Published by Syfia Congo Brazza - dans articles presse
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commentaires

Jessica 20/07/2016 11:04

De nombreuses personnes ne savent pas en effet qu’il est très important de déclarer la naissance de leurs bébés. C’est comme bafouer les droits de ces derniers. Merci pour votre article.

Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com