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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

16 avril 2013 2 16 /04 /avril /2013 12:30

(CRP/Syfia) Dans le département de la Lékoumou, depuis plus de 20 ans, Jean Denis Toutou Ngamiyé est l'énergique président bantou de l'Association pour la promotion socio-culturelle des autochtones du Congo (Apsac).

 

"C'est à cause de votre sentiment de maître bantou que vous pensez être au-dessus des autochtones !" A la gare routière de Sibiti, au cours d’une discussion animée, Bantou lui-même, Jean Denis Toutou Ngamiyé ne mâche pas ses mots à l'égard d'un autre Bantou. Dans le chef-lieu de la Lékoumou, au sud-ouest du Congo Brazzaville, Jean Denis est aussi connu que les autorités départementales. "Appelez le vieux Ngamiyé, il vous renseignera mieux sur la situation des autochtones dans ce département. C'est son domaine", conseille par exemple Pascal Mankou, professeur de collège.

Depuis plus de 20 ans, Jean Denis, enseignant aujourd'hui à la retraite, s’emploie à protéger les droits de ces peuples. En 1992, il crée l'Association pour la promotion socio-culturelle des autochtones du Congo (Apsac) : "Mon oncle avait une femme autochtone. Je ne pouvais pas supporter que cette communauté soit éternellement marginalisée. Quand j'étais encore enseignant, je mélangeais sur les tables-bancs de ma classe les élèves autochtones et bantous."

 

Energique et déterminé

A aujourd'hui 70 ans, Jean Denis trouve encore la force pour mener son combat et dit disposer de davantage du temps depuis son admission à la retraite en 2005. "A sa place, d'autres auraient choisi de s'allonger sur leur fauteuil, mais ce vieux trouve encore de l'énergie pour défendre la cause de nos parents autochtones !", lance avec humour Pascal Mankou, Bantou qui ne cache pas sa sympathie pour l'autre communauté. "Nous avons en monsieur Ngamiyé un papa. Il s’intéresse vraiment à notre cause",reconnaît, tout aussi admirative, Nelly Mouloumou, infirmière autochtone à Mayéyé, à près de 60 km de Sibiti.

Car, le travail de Jean Denis n’est pas de tout repos... Plusieurs fois dans le mois, il descend dans les campements pour certains situés à plus de 50 km de Sibiti. "Lors de ces descentes, nous échangeons par exemple avec les autochtones sur les droits (santé, éducation, travail, citoyenneté, etc., Ndlr) que leur confère aujourd'hui la loi", souligne-t-il. Un activisme qui lui attire parfois la jalousie de certains Bantous : "Regardez celui-là, il croit devenir roi en protégeant les autochtones !"

Des critiques qui ne le freinent pas, au contraire. Son agenda ressemble à un annuaire téléphonique ! On y trouve une foule de numéros d'habitants de différents villages. Quant à son association, elle compte 50 membres dont trois autochtones. Il peut compter aussi sur ses bonnes relations avec les autorités judiciaires, les responsables de la police et les élus locaux : "Quand il y a des situations concernant les autochtones, les autorités me font souvent signe." Au quotidien, il intervient pour régler divers problèmes. "Dernièrement, j'ai reçu une femme qui dit être menacée de spoliation par un Bantou. Je vais saisir les responsables de la place (police, justice, Ndlr). Il ajoute, déterminé, j'ai déjà fait jeter des gens en prison à Sibiti, même des personnalités. Surtout ceux qui enlèvent des enfants autochtones (pour les utiliser ensuite comme main d’œuvre, Ndlr)."

 

Faire connaître et respecter la loi

Dans son combat, Jean Denis s’appuie sur la loi portant promotion et protection des droits des populations autochtones du Congo. Pendant cinq ans, il a participé à la commission en charge de son élaboration. Grande a donc été sa joie après sa promulgation. Aujourd'hui, c'est avec un plaisir non dissimulé qu’il parle de la loi du 25 février 2011 devenue presque son livre de chevet. Il en distribue ainsi des copies aux administrations publiques de la Lékoumou, afin que nul ne prétende l’ignorer. Pour lui, l’intégration a déjà eu lieu. On est maintenant à l’étape de l’émancipation : "Hier nous n'avions pas de cadres, aujourd'hui, oui ! Comme Nelly, infirmière à Mayéyé. Nous avons envoyé un autre à l'école para médicale, en ce moment, il est en formation à l'hôpital Adolphe Cissé de Pointe-Noire."

Des avancées, mais Jean Denis ne s'en contente pas : "Tant que je serai debout, je continuerai ma bataille. Pourquoi reléguer les autochtones au second rang ? Nous mangeons leur manioc et faisons des enfants avec leurs femmes, alors pourquoi cette ingratitude ?",s'exclame-t-il, toujours aussi passionné. Et demain ? Jean Denis Toutou Ngamiyé devrait trouver assez facilement des successeurs pour reprendre le flambeau. Il cite son fils Guy Armand Toutou, André Makita Moufouma membre de l’Apsac et Prince Moanda autochtone et membre du bureau de l’association.

En attendant de rendre son tablier le moment venu, ce défenseur sans relâche poursuit son pacifique combat. Au cœur de son action cette année : faire connaître et respecter la loi du 25 février 2011.

 

Serge Patrick Mankou

 

 

 

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Published by Syfia Congo Brazza - dans articles presse
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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com