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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

8 septembre 2014 1 08 /09 /septembre /2014 20:02

(CRP/Syfia) A Sibiti, dans le département de la Lékoumou, le manioc préparé par les femmes autochtones peine à accompagner les mets des Bantoues. La faute à des préjugés ancestraux…

 

"Je n’achète jamais le manioc des femmes autochtones !", lâche Raïssa. Cette restauratrice d’à peu près 20 ans, croisée au marché de Sibiti, porte en elle les préjugés de ses ancêtres qui ne mangeaient jamais les plats des autochtones. Pour eux, ces dernières ne savaient pas bien préparer la nourriture ou envoutaient les gens par leurs plats... "Nous ne pouvons pas changer les principes laissés par nos grands-parents", tente de se justifier Raïssa.

Aujourd’hui à Sibiti, comme dans bien d’autres localités du département de la Lékoumou, le manioc préparé par les autochtones n’est pas acheté par les Bantous. "Cette discrimination demeure jusqu’à nos jours. Dès que les Bantous sont informés que le manioc est fait par ces femmes, ils ne veulent plus l’acheter", déplore Jean Denis Toutou Ngamiye, président de l’Association pour la promotion socioculturelle des autochtones du Congo (APSAC).

Pour les anciens, tente de comprendre Jean Denis, "si un Bantou mange la nourriture des autochtones, il devient comme eux et risque de ne plus trouver de femme de sa communauté." Angèle Bouanga, autochtone de Sibiti, y voit une contradiction : "Nous sommes tous des humains ! Le comble est que certains Bantous sortent avec nous en cachette. Ils prétendent nous aimer, mais ne mangent jamais ce que nous préparons !"

 

Prometteuses parades

En 2013, l’APSAC  avait mis en place un programme permettant aux autochtones de vendre directement aux Bantous des champs de manioc arrivés à maturité ou sous forme de foufou, plus facilement acheté. Sala Bisala (Tout va rester, inutile de se vanter des biens qu’on possède ici-bas), a trouvé une autre parade. Catherine Tsiahou, la présidente de cette association explique : "Nous avons quatre femmes autochtones parmi nos 24 membres. Je les considère comme mes sœurs. Chez-nous, elles mettent leurs tubercules de manioc dans l’eau pour le faire rouir et quand il faut préparer et vendre le manioc, ce sont les Bantoues qui s’en occupent."

A Zanaga et Bambama, deux grandes localités de la Lékoumou, d’autres initiatives prometteuses existent. "Les autochtones sont plus émancipées ici qu’à Sibiti et leurs maniocs sont mangés par tous ! Des commerçants les achètent et les revendent dans de grandes agglomérations comme Dolisie et Pointe-Noire",  fait savoir Marguerite Ngono, présidente de l’association Femme de Bambama.

Pour continuer à faire évoluer les mentalités, Monique Ngouamouele, présidente du groupement des femmes de Mapindi,  appelle au respect de l’être humain et des Saintes Ecritures : "Dans nos églises, nous prêchons l’amour et mangeons dans une même assiette. Les écritures bibliques nous disent que nous nous ressemblons tous, alors pourquoi faire des différences entre nous ?"

Jean Thibaut Ngoyi

 

Septembre 2014

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Published by Syfia Congo Brazza - dans articles presse
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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com