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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

1 mars 2010 1 01 /03 /mars /2010 10:06

(Syfia/CRP) À Pointe-Noire, la cupidité et la conduite parfois carrément dangereuse de certains chauffeurs de bus et de taxis irritent de plus en plus les usagers. Transporteurs, associations et autorités avancent différentes explications et solutions.

 

Dix heures du matin. "Nous nous arrêterons au 'grand marché' (marché central, Ndlr)", annonce le receveur d’un bus à la foule innombrable qui attend depuis six heures du matin à la gare routière du quartier Fond Tié Tié à Pointe-Noire. Comme tant d'autres, Bernadette Ganga Manza, journaliste à l’Agence congolaise d’information, sera obligée d’emprunter un autre véhicule au marché central et donc de payer le double des 150 Fcfa (0,25 € environ) qu'elle prévoyait initialement de débourser. Appelée "demi-terrain ", cette pratique, qui consiste à ne pas respecter les destinations et à écourter les distances, est à la mode à Pointe-Noire. En janvier dernier, des passagers ont tabassé le chauffeur et le receveur d’un bus, excédés par l’équipage qui voulait leur imposer cette pratique.

"Le demi-terrain découle de l’envie du gain rapide, regrette Prisca Mankou, institutrice. Officiellement, la course en taxi coûte 700 Fcfa (un peu plus de 1 €) quelles que soient la destination et l’heure. Mais, vous devez payer le double pour aller à l’aéroport ou au centre-ville. Et, dès 21 heures, le coût de la course dépasse 2 000 Fcfa."

Les transporteurs se défendent en disant qu'avec ce système de tarification ne leur permet pas de gagner leur vie. Ils avancent différents arguments pour justifier ces augmentations. "Les embouteillages et le prix du carburant nous y obligent. À cela s’ajoutent le lavage et l’entretien du véhicule. Il faut surtout verser pour la recette 40 000 Fcfa (environ 61 €) au propriétaire du véhicule par jour pour un bus et 15 000 Fcfa (23 €) pour un taxi", explique Yves Kouanga, secrétaire à la communication de la Fédération syndicale des professionnels du transport et de l’hôtellerie et du gardiennage du Congo (FESYPTHGC), affiliée à la Confédération syndicale congolaise. A Pointe-Noire comme dans d'autres villes congolaises, le transport urbain n'est en effet pas exploité par de grandes entreprises, mais plutôt par des particuliers, qui, avec seulement 3 000 €, s'achètent un véhicule d'occasion généralement en Belgique et l'exploitent souvent dans le secteur informel.

 

Conduite "commerciale" source d’insécurité

Difficile, dans ces conditions, de faire respecter la loi... "Je lui ai reproché d’avoir mal garé son véhicule, mais ce chauffeur m’a fait savoir qu’il avait le droit de tout faire à sa guise parce que son bus appartenait à une autorité", se plaignait, récemment, un policier. Pour cet agent, la réponse du chauffeur dénote "un manque de savoir-vivre". Les vêtements et la propreté des membres d’équipage des bus laissent aussi à désirer.

Beaucoup plus grave, certains transporteurs violent le Code de la route, afin, soi-disant, de "rattraper le temps perdu". C’est la conduite dite "commerciale". Bien qu’aucun chiffre ne soit disponible, on déplore chaque jour des accidents à cause de feux rouges grillés ou de dépassements dangereux. Récemment, la police avait déployé la brigade anti-criminalité et la compagnie d’intervention pour renforcer l’unité de la circulation routière, histoire de "discipliner les transporteurs", selon un officier. En vain… Ce renfort a été supprimé.

 

Former les transporteurs, réformer le transport

Conscients de leur mauvaise image, des représentants des chauffeurs proposent de faire le ménage dans les rangs. "La plupart des transporteurs sont recrutés grâce à une connaissance, ce qui explique toutes les inconduites observées. Il faudrait qu'ils aient au minimum un BEPC et aient été formés dans une auto-école", déclare une autre source à la FESYPTHGC. De son côté, l’Association de défense des droits des consommateurs du Congo (ADDCC) promet de mener une étude et d'expliquer ensuite aux transporteurs les "bonnes manières". Selon le président de cette association, Jean-Claude Mabiala, ce travail débouchera sur une série de recommandations comme l’installation de compteurs dans les taxis ou la réhabilitation de l’ancienne société publique des transports de Pointe-Noire, dissoute au début des années 90. L'idée est dans l'air depuis un moment. En 2006 déjà, à la suite d'une grève des transporteurs, qui avait paralysé l’administration durant trois jours, La Nouvelle République, un hebdomadaire gouvernemental, avait publié un éditorial intitulé "Libéraliser à l’absolu peut mener à l’anarchie", dans lequel il insistait sur la nécessité d'avoir une entreprise publique de transport dans toutes les grandes villes congolaises.

Une nécessité que reconnaît la municipalité de Pointe-Noire. Mais, nuance Léon Blaise Taty, directeur des transports, "depuis la libéralisation du secteur, afin de promouvoir le développement économique, notre souhait est de voir arriver un grand investisseur privé qui s’associerait à la municipalité. Cela pourrait se réaliser avec la coopération décentralisée et permettrait peut-être de mettre fin aux caprices des transporteurs".

 

John Ndinga-Ngoma

 

Février 2010

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Published by Syfia Congo Brazza - dans articles presse
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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com