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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

10 août 2010 2 10 /08 /août /2010 07:52

(Syfia/CRP) Sur la façade maritime congolaise, les riverains de la mangrove, qui étaient hier ses principaux destructeurs, en sont devenus les défenseurs. Cela, grâce au monde associatif qui mène des actions et informe sur la nécessité de préserver ce milieu important pour l'environnement et l'économie de la région. Mais, des menaces demeurent. 

 

Un ancien paradis en train de renaître. Au bord de l’Atlantique, dans la banlieue nord de Pointe-Noire, "Songolo-les-Bains" doit sa célébrité à sa plage, jadis très visitée par les touristes. Petit à petit, l'endroit retrouve sa beauté naturelle grâce aux quelque mille pieds de palétuviers plantés depuis 2003 sur dix hectares par Eco-Durable, une structure congolaise créée en 1999.

Même si des espèces animales comme les antilopes ou les boas ont disparu, des poissons tel le curieux périophtalme qui grimpe aux racines des palétuviers, réapparaissent progressivement. Des hérons et des mouettes viennent de nouveau se percher sur la cime de ces arbres. Bien qu’éloigné des autres plages, le site, qui abrite un restaurant-bar, accueille quelques étrangers qui se divertissent sur le banc de sable où poussent de jeunes cocotiers également plantés par Eco-Durable. Avec ce lent regain touristique, le commerce informel fait une timide apparition.

"Chaque jour qui passe, Songolo ne fait que révéler son charme envoûtant et son attrait de jadis", s'enthousiasme Jean Pierre Soumbou, chef du quartier, qui mobilise souvent les jeunes pour qu'ils plantent des palétuviers. Natif de la zone, Soumbou s’inquiétait de la disparition de la belle plage de son enfance.

 

"Auteurs de notre malheur"

Il y a quelques années, du fleuve Loemé au Sud vers Cabinda (Angola) à la lagune Conkouati au Nord vers le Gabon, les 170 km de côte étaient parsemés de vastes étendues de mangrove. Les palétuviers, avec leurs racines et leurs feuilles toujours vertes, suscitaient l'admiration. "Je me rappelle de cette vue splendide de la forêt de mangrove quand nous nous rapprochions du rivage", se souvient Alain Ivouvou, ancien interprète sur des chalutiers.

Mais, ces palétuviers étaient souvent abattus par les riverains qui utilisaient leur bois pour divers usages. Les pêcheurs, par exemple, le brûlaient pour fumer le poisson. En 2001, un décret présidentiel a classé Songolo-les-Bains aire protégée et zone interdite d’occupation. Cependant, sa mangrove subit une pression foncière, qui "se traduit par l'occupation anarchique et illégale du site", selon un document de l'Unesco de 2008 sur la baie de Loango.

Ce document pointe du doigt l'érosion qui entraîne aussi la disparition de vestiges historiques tels que le cimetière de Loango (environ 20 km au nord de Pointe-Noire). De leur côté, certaines ONG craignent des catastrophes naturelles et leurs dégâts humains et matériels. "Beaucoup de gens qui occupaient des terrains dans ces zones ont déménagé. Ils étaient constamment confrontés à l’invasion des eaux lorsqu’il y avait de hautes marées", explique Jean Albert Placide Kaya, président d'Eco-Durable. Ce qui fait dire à Crépin Télinganou, du Réseau national agropastoral et de l’environnement (Renape) : "Nous sommes les auteurs de notre malheur".

 

"La mangrove redevient mon amie"

Depuis 2008, Renatura, association franco-congolaise de conservation de la biodiversité, informe les élèves et d’autres personnes des dangers de détruire leur environnement. "Nous leur apprenons par exemple que la mangrove est le milieu de nourrissage et de ponte des poissons", rappelle Nathalie Bréheret, sa coordonnatrice. Petit à petit, le travail de la société civile porte ses fruits. Selon M. Kaya, l’année dernière, une vingtaine de pêcheurs et d’habitants du quartier ont aidé Eco-Durable à reboiser la mangrove. Ainsi, partageant les avis des ONG sur les graves conséquences de la destruction de ce milieu fragile, Ngoma Batchy, président de l’association des pêcheurs du Kouilou, confesse : "Je contribuais à sa destruction. Mais, aujourd’hui, la mangrove redevient mon amie". En outre, les riverains utilisent désormais le bois d’eucalyptus à la place de celui des palétuviers pour fumer le poisson.

Si la nature est mieux préservée, elle n'est cependant pas hors de danger. Des terrains continuent d’être vendus dans ces zones interdites d’occupation. L’administration semble débordée, tant "la corruption et l’impunité sont des vertus toujours sublimées dans notre pays", ironise un agent du cadastre. Une autre menace vient du déversement de déchets pétroliers.

 

John Ndinga-Ngoma

Août 2010

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Published by Syfia Congo Brazza - dans articles presse
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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com