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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

17 décembre 2009 4 17 /12 /décembre /2009 10:56

(Syfia/CRP) Au Congo Brazzaville, la lutte contre la mortalité infantile tarde à produire des résultats. Certains dénoncent la mauvaise gestion des ressources humaines et financières dans les hôpitaux, le manque de compétences des agents de santé et la lenteur de la prise en charge des enfants, ainsi que le comportement de certains parents qui attendent la dernière minute pour les faire soigner. En cause également, la gratuité, très relative, des antipaludéens.


Convalescent, le système de soins congolais sera-t-il bientôt sur pieds ? Oui, répond en substance, résolument optimiste, le Dr Djombo, directeur de la Santé de la famille au ministère de la Santé et de la population : "Nous allons lancer, le 21 décembre 2009, la feuille de route nationale. Ce programme prévoit entre autres la formation continue des personnels. Un de ses objectifs est de réduire de moitié la mortalité maternelle, néonatale et infantile d’ici 2015."

Pour l’heure, à cause surtout de la prématurité qui tue un nouveau né sur trois et du paludisme responsable de la mort de 31 % des enfant au cours de leurs premières années de vie, le Congo compte, selon l’enquête démographique et de santé menée en 2005 par le ministère du Plan et de l’aménagement du territoire, un des taux de mortalité infantile les plus élevés d’Afrique subsaharienne.

"Il y a des campagnes de vaccination et des dons de moustiquaires. Plusieurs femmes accouchent en services sanitaires et y amènent leurs enfants malades. Mais, le taux de mortalité infantile reste élevé. Les personnels soignants et les services de santé ne sont pas performants. Il y a un problème de compétences", estime le Dr Abdon Goudjo de la Coopération française. Un pédiatre du Centre hospitalier universitaire de Brazzaville est lui très remonté contre la mauvaise gestion des ressources humaines et financières. "Tous les meilleurs agents et les financements les plus importants, explique-t-il, sont confiés aux responsables des grands hôpitaux qui empochent l’argent et détournent le matériel au profit de leurs cliniques privées. Les centres de santé intégrés, qui devraient jouer le plus grand rôle pour réduire la mortalité infantile, manquent de tout, même d’alcool et de coton, et fonctionnent avec des budgets aléatoires."

 

"Trop tard, notre enfant était mort"

Le Dr Djombo reconnaît le manque de performance des hôpitaux et des agents de santé, mais pointe du doigt le faible niveau d’instruction et les maigres revenus des familles qui, selon lui, ne prennent pas à temps les bonnes décisions pour préserver la santé de leurs enfants. "Les gens font de l’automédication et n’arrivent à l’hôpital que lorsque les choses s’aggravent. Il nous faut combattre cette attitude par des campagnes d’information", déclare-t-il.

Lors du 5e congrès de l’Association des pédiatres d’Afrique noire francophone, tenu à Brazzaville du 29 au 31 octobre 2009, où environ 150 spécialises ont traité de la réduction de la mortalité infantile, le Dr Malonga a présenté les résultats d’une étude menée à l’hôpital Adolphe Sicé de Pointe-Noire, de décembre 2007 à novembre 2008, par un groupe de médecins : "Sur 3 677 nouveaux nés hospitalisés, 541 sont morts, surtout à cause de la grande prématurité. Nous avons exclu de nos statistiques 101 nouveaux nés décédés une heure après leur arrivée environ, avant que l’institut de santé ne les prenne en charge."

Le retard accumulé dans la prise en charge des enfants dans les hôpitaux participe activement à leur forte mortalité. Une femme explique : "Mon enfant faisait de fortes fières accompagnées de vomissements. A l’hôpital de Talangaï, nous avons attendu plus de deux heures avant d'être reçus par les agents de santé. Le médecin nous a ensuite prescrit un traitement contre le paludisme. Le temps pour mon mari de courir les pharmacies à la recherche des médicaments, il était trop tard. Notre enfant était mort…" Plusieurs témoignages similaires  montrent les conséquences dramatiques du manque de pharmacies dans les hôpitaux et confirment la lenteur de la prise en charge des malades par les agents de santé.

 

Gratuité à deux vitesses

Dans le cadre de la prise en charge intégrale des maladies de l’enfant, le gouvernement a investi, il y a deux ans, plus de 4 milliards de Fcfa (6 millions d’€) pour rendre gratuit le traitement contre le paludisme pour les enfants de 0 à 15 ans. Mais, sur le terrain, cette gratuité n’est pas effective. A l’hôpital de Makelekele, le Dr Régis Karym Ntsila, chef de service de pédiatrie, continue de prescrire des médicaments à ses malades. "Nous n’avons pas reçu de médicaments gratuits", assure-t-il. À l’hôpital de Talangaï, une infirmière précise : "Ce traitement n’est gratuit que dans les centres de santé intégrés." Ce que confirme le Dr Djombo, qui ajoute que "c’est une décision du gouvernement".

Dans un des centres de santé intégrés où nous nous sommes rendus, une infirmière, qui a requis l’anonymat, déclare : "Nous ne traitons que le paludisme simple, car nous n'avons que des comprimés. Quand un enfant ne peut pas les prendre parce qu’il vomit ou qu'il est trop fatigué, nous l’envoyons dans un grand hôpital où ses parents devront acheter des solutions injectables. C’est le paludisme grave qui tue les enfants. Au lieu de s’attaquer au mal, on le contourne. Tant que l’État ne comprendra pas cela, tous ses investissements seront de l’argent gaspillé." 

 

Dieudonné Moukouamou Mouendo

 

Décembre 2009

 

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Published by Syfia Congo Brazza - dans articles presse
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Information Santé 01/06/2010 16:57


Ce fléau est vraiment un des buts premier à atteindre dans le développement du Congo Brazza.


Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com