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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

17 février 2015 2 17 /02 /février /2015 08:40

(CRP/Syfia) A Mossendjo, bon nombre de paysannes se déplacent en taxis-motos pour se rendre dans leurs plantations. Le prix à payer pour s'épargner la marche et d'autres efforts physiques.

 

Il est 7 heures, un matin de février, devant le restaurant « Malewa » au quartier Banda, à Mossendjo. Dans cette localité d’environ 18 000 âmes du Niari, située à environ 500 km au nord-ouest de Brazzaville, la majorité des femmes en partance pour les champs prennent des forces. Une dizaine de taxis-motos rôdent autour en quête de clients et de clientes.

« Je n’ai que 500 Fcfa (0,75 €) », négocie Rose Ibinda auprès d’un de ces conducteurs. Elle doit se rendre dans ses plantations de manioc et d’arachides dans la forêt de Makaha, à plus de 10 km de là. 500 Fcfa : le prix d’une course de taxi-moto à l’intérieur de la ville... « Je suis obligé d’accepter. Nous devons vous aider, car les champs sont loin », répond Brejnev Mvoundi, conducteur de taxi-moto. Quinze minutes plus tard, il dépose Rose dans ses plantations. Cette dernière commence à sarcler son champ.

 

Dix kilomètres à pied….

A pied, Rose aurait mis près de deux heures pour faire le même trajet... Comme le font d’autres femmes pour atteindre les forêts de  Massamba, Popo, Boungounza, Itsami, Limika, Ngala, Boutedi, Nguéli situées également à environ 10 km, soit 20 km aller-retour/jour. « Nous sommes obligées de nous éloigner pour cultiver. Près de Mossendjo, les terres surexploitées ne sont plus fertiles », estime Germaine Moussabou, la soixantaine, qui a ses champs dans la forêt de Massamba.

Marie-Jeanne Tsonga voit les choses de la même façon : « Il y a 20 ans, je faisais les champs non loin de l’ancienne mission catholique  (environ 2 km à l’ouest, Ndlr). Sur une superficie de 250 m², je produisais au moins chaque année dix sacs d’arachides. Aujourd’hui, si j'avais continué là-bas, je n'en aurais pas plus de quatre ou cinq. J'ai donc décidé d’aller plus loin, sur les  terres de mes ancêtres. » Quelques femmes ont choisi, du moins pendant un temps, de camper sur les lieux de leurs plantations. « Mais, tu peux tomber malade et tu aurais alors du mal à te rendre à l’hôpital. Ce n'est donc pas une solution efficace », explique Gisèle Nzamba, une jeune agricultrice de Massamba.

Aujourd’hui, la majorité opte pour les taxis-motos. « Je dépense en moyenne 30 000 Fcfa (45 €) par mois. Mais, le temps que j'aurais perdu à marcher me permet de gagner en surface. A l’époque, c’était difficile pour moi de faire un champ de 200 m². Désormais, je cultive sur au moins 250 m². Donc, il y a un petit impact sur la production et les revenus », calcule Rose Ibinda.

 

La messagerie aussi

A défaut de se faire transporter, certaines agricultrices s’exemptent du fardeau ramené du champ. « Quand je n’ai pas assez d’argent, je reviens à pied et je confie mon panier (contenant 50 kg de manioc roui, Ndlr) au motard à raison de 1 000 Fcfa (1,50 €) par colis », indique par exemple Dorlia. Férel Ikoungou, un conducteur de taxi-moto qualifie ce service payant de « messagerie pour soulager les peines de nos mamans. »

Ces taxis-motos ne transportent pas que des femmes en partance pour leurs champs. « Le marigot se trouve au fond de la vallée, et le versant est très abrupt. Il n’est pas facile de monter avec un bidon de 25 litres (25 kg). Pour ne pas trop souffrir, j'ai recours aux taxis-motos. Le transport d’un de ces bidons  coûte 200 Fcfa (0,30 €) », explique Aude Nzamba, employée dans une scierie. Pour Prisca Mouviha, personne à mobilité réduite qui a ses plantations dans la forêt de Livembé à environ 3 km du centre-ville, « les taxis-motos me soulagent, à condition d’avoir de l’argent …», nuance-t-elle. 

A Mossendjo, aucune loi n'encadre réellement cette activité, même si elle expose parfois à des accidents. « Nous n'avons qu'un décret municipal de 2011 portant immatriculation des engins lourds et véhicules légers, comme ces motos. C’est vrai qu’il y a des risques, mais les populations ont déjà pris goût à ce mode de transport », lâche sous couvert de l'anonymat un agent de la mairie.

Bienvenu Roger Mombo, professeur de mathématiques au collège, conclut : « Les taxis-motos sont une exigence des temps présents. Nous ne pouvons pas nous en passer. Surtout les femmes qui aspirent à plus d'autonomie. »

John Ndinga-Ngoma

Février 2015

 

 

 

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Published by Syfia Congo Brazza - dans articles presse
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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com