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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

28 janvier 2015 3 28 /01 /janvier /2015 14:50

(CRP/Syfia) A Ngoulayo, un quartier de Djambala, les autochtones vivent à l'écart des bantous dans des conditions précaires. Discriminés au quotidien, ils peinent à trouver de quoi nourrir leurs familles. Seul le droit à la santé semble mieux respecté.

 

Les huttes éparpillées dans l'herbe sont ici majoritaires. A peine peut-on compter trois maisons en briques avec des toits en tôles. Mais, même devant ces habitations moins précaires des tonneaux sont placés pour recueillir l'eau de pluie… Telles sont les conditions de vie des autochtones de Ngoulayo, à 400 mètres seulement du stade de Djambala, à l'écart des habitations bantoues.

Selon M. Kimpoumabi, chef de la communauté de Ngoulayo, les autorités administratives de Djambala les ont placés là et semble les avoir délaissés depuis des années : "Nous habitions avant dans la savane montagneuse, à environ 15 km d'ici. Mais, pendant les troubles socio-militaires du Pool (1998 à 2000, Ndlr), l'Etat nous a installés ici, parce qu'il n'y avait pas de parcelles libres à côté des Bantous à Djambala." Une sorte d'apartheid social s'est développé depuis. Sans électricité, ni eau potable... "Nous n'avons pas de robinet ici. Pour avoir de l'eau, nous achetons le bidon de 25 litres à 50 Fcfa (moins de 10 centimes d'euros) chez les Bantous. Autrement, il faut attendre la pluie pour en avoir", relate M. Kimpoumabi. Selon lui, les discriminations continuent : "Même pendant la municipalisation de Djambala (2012), on n'a pas recruté nos enfants, ne serait-ce-que pour exercer de petits métiers…"

 

Tenaces préjugés

A Ngoulayo, les habitants se débrouillent donc comme ils peuvent. Ils coupent le bois de chauffe, ramassent des chenilles, ou exploitent des champs. Mais, sur des surfaces très réduites, les recettes sont insignifiantes... "Nous cueillons aussi des feuilles pour attacher le manioc que nous vendons au marché. Nous gagnons 1 000 à 2 000 Fcfa (1,5 à 3 €) par jour", précise Chantale Andzouli.

Le quotidien est d'autant plus difficile qu'en dépit de la loi n°-5-2011 du 25 février 2011 portant promotion et protection des droits des populations autochtones au Congo, ces peuples sont toujours victimes de discriminations. Naïse Lamafou confie : "Quand je vends la tomate ou l'oseille au marché, certains Bantous disent que nous sommes sales et que tout ce que nous vendons devrait d'abord être lavé parce pour nous sentons mauvais..." D'autres autochtones travaillent toujours dans les champs des Bantous sur de vastes superficies pour 1 000 Fcfa la journée.

Germaine Inko tente de nuancer. La directrice départementale de l'Intégration de la femme au développement dans les Plateaux, note qu'à Gamboma et Benin (village à 3 km de Gamboma centre, Ndlr) plusieurs communautés autochtones travaillent, "mais celles d'ici, que je côtoie tous les jours, aiment les choses rapides." Allusion à leurs difficultés présumées à passer à l'agriculture où il faut parfois attendre plusieurs mois avant d'espérer récolter.

 

Exemplaire hôpital

A Djambala, la lutte contre les discriminations a surtout progressé dans le domaine de la santé. "Nous n'avons pas de problèmes à l'hôpital. On nous reçoit bien et on nous donne les médicaments gratuits. Les infirmiers savent que nous n'avons pas d'argent", explique Naïse Lamafou.

Chantale Andzouli confirme que malgré leur pharmacopée traditionnelle, les autochtones vont désormais à l’hôpital. "Quand l'une d'entre nous est enceinte, elle va au centre de santé intégré pour les pesées. Les infirmières nous y reçoivent bien. Il n'y a aucune différence entre femmes bantoues et autochtones. Nous sommes dans une même salle d'accouchement et on nous donne à toutes un lit équipé d'une moustiquaire."  

 

Jean Thibaut Ngoyi

Janvier 2015

 

 

 

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Published by Syfia Congo Brazza - dans articles presse
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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com