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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

5 février 2010 5 05 /02 /février /2010 09:35

(Syfia/CRP) "Il n’est jamais trop tard pour bien faire, dit une maxime. Depuis mai dernier, 142 personnes analphabètes ou déscolarisées apprennent à lire et à écrire grâce à une OSC congolaise. Parmi ces élèves, les 35-40 ans sont très motivés, déterminés à suivre le travail scolaire de leurs enfants, décrocher un travail ou mettre fin aux moqueries de leurs proches.

 

À l’école primaire Alexis Makosso de Pointe-Noire, une vingtaine d'élèves pas tout à fait comme les autres suivent le cours de Mme Ida Noëlle Ngoma, membre de l'Association nationale pour l'éducation prénatale (ANEP), une OSC congolaise. Parmi ces apprenants, des parents qui vont pour la première fois en classe. Certains ont un niveau de cours préparatoire. Marie, une maman de 38 ans, apprenante de niveau CM1, explique : "Mon mari est constamment absent de la maison. Il n’y a personne pour suivre le travail scolaire des enfants, ne serait-ce que vérifier leur cahier. J'apprends à lire et à écrire pour les aider. Aujourd’hui, que mon mari soit là ou pas, je peux suivre leur travail."

"Le retour des parents sur les bancs de l’école a un double impact : sur leurs connaissances et sur l’éducation de leurs enfants", se réjouit René Batola, coordonnateur de ce projet, grâce auquel, depuis mai dernier, 142 personnes analphabètes ou déscolarisées dont huit adultes de 35 à 40 ans apprennent à lire et à écrire. Ce programme, soutenu par le Comité français pour la solidarité internationale (CFSI) dans le cadre du Programme concerté pluri acteurs (PCPA) Congo prendra fin d'ici quelques jours, en février. Certains apprenants ne comptent pourtant pas en rester là et souhaitent décrocher un premier diplôme. "Former ces personnes, c’est aussi leur donner la chance d’être utiles au pays. Ceux qui ont à cœur de les aider peuvent se rapprocher de l’ANEP pour qu’ensemble nous regardions comment pérenniser la formation et présenter ces apprenants aux examens d’État en juin", propose René Batola.

 

"Sortir de ce trou d’analphabétisme"

En quelques semaines, les progrès des uns et des autres sont en tout cas encourageants. Avant de participer à ce programme, ce policier dans la trentaine était complètement analphabète. Recruté sur recommandation d’un copain bien placé, il était traité par ses collègues comme l’homme à tout faire. "On se moquait de moi. Je m’arrangeais toujours pour travailler en duo pour camoufler mes insuffisances... Même pour percevoir mon salaire, je me faisais accompagner par quelqu'un qui remplissait les fiches et signait à ma place. Petit à petit, je commence à sortir de ce trou d’analphabétisme", se félicite le policier désormais capable d'établir sans l'aide de personne des contraventions…

Charles a lui aussi souffert de dépendre des autres : "J’ai manqué pas mal d’opportunités de travail parce que je ne savais ni lire ni écrire. Mes amis se moquaient de moi. C'est cette honte qui m'a décidé à suivre ce cours. C’est la première fois de ma vie que je mets les pieds dans une salle de classe. Maintenant, je peux écrire mon nom."

Du côté des éducateurs, il n'est pas toujours facile d'enseigner à ces élèves. Ida Noëlle Ngoma explique : "Ces apprenants ne sont pas habitués à parler français. C’est très dur, parce qu’il faut parler et traduire au même moment." La formatrice ne cache cependant pas sa joie de travailler avec des élèves aussi motivés : "Ils ont une très bonne capacité d’assimilation. Parmi les 28 que j’encadre, un seul a échoué. Ma satisfaction sera totale quand ils seront capables de faire un rapport ou d'écrire des lettres eux-mêmes."

L’État a mis à la disposition de l'ANEP des salles de classe. Le directeur départemental de l’enseignement primaire et secondaire dans le département du Kouilou, au sud du Congo, la juge encourageante. Il est vrai que depuis les années 90, les cours du soir réservés aux adultes n'existent plus dans le pays. Les formations assurées par des OSC sont donc quasiment les seules à permettre encore à des adultes et à quelques jeunes non scolarisés de rattraper les années perdues loin des bancs de l’école.

 

 

Marien Nzikou-Massala

 

 

Janvier 2010

 

 

 

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Published by Syfia Congo Brazza - dans articles presse
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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com