Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
  • Le blog de Syfia Congo Brazza
  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
  • Contact

Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

Recherche

.

Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

31 octobre 2012 3 31 /10 /octobre /2012 10:06

(CRP/Syfia) Certains élus locaux de Pointe-Noire participent très rarement aux sessions du conseil municipal. Au mépris des textes en vigueur. Et au grand dam des électeurs qui s'estiment ainsi trahis.

 

"Excusé", "excusé", "absent"… Sur 75 élus locaux, le secrétariat général du bureau exécutif, au moment de l’appel des noms, dénombre 15 excusés et un absent. Ces chiffres, obtenus lors de l’ouverture de la 13ème session ordinaire du conseil municipal de Pointe-Noire (20 au 29 septembre derniers), ne sont pas exceptionnels. L'absentéisme semble fréquent au sein de cette assemblée. Certains conseillers ne se sont ainsi présentés qu’à la session inaugurale de 2008, pour leur investiture après les élections locales et municipales de cette année-là et ont quasiment disparu depuis...

Quelques élus condamnent cette attitude. "Certains de nos amis siègent rarement et sont éternellement excusés (par d'autres conseillers de leur parti, Ndlr). C’est une pratique à condamner, car on ne se fait pas élire pour le prestige, plutôt pour traiter des questions de société. Le conseil, comme les autres assemblées, a besoin de l’avis de tout le monde lors des débats en session ordinaire ou extraordinaire", souligne Marc Tsaty-Mombo, lui-même conseiller municipal et membre de l’Union panafricaine pour la démocratie sociale (Upads), principal parti d’opposition. Ce, avant de s’indigner contre le fait que ses homologues absents touchent pourtant, par l’intermédiaire de leurs collègues ou proches collaborateurs qu'ils envoient au conseil pour les excuser, des indemnités de session évaluées à 30 000 Fcfa (environ 45 €).

 

Les électeurs n'ont plus confiance

Bon nombre d'électeurs partagent le même sentiment d'injustice. "J’ai confié la mission à un citoyen de me représenter à une institution. Mais, cette personne ne remplit pas sa mission. Cet abus de confiance suscite en moi un vif remords. D'autant plus qu'on leur verse des indemnités qui viennent du contribuable, donc du peuple", déplore Théophile Octave Nzila, sociologue de profession. "Un citoyen qui reconnaît avoir véritablement été élu craint le vote-sanction. Il se fait donc un point d’honneur de remplir correctement son devoir. Mais, lorsqu’un acteur se comporte comme certains élus locaux de Pointe-Noire, cela veut dire qu’il est assuré d’être réélu sans le peuple. Il est aussi sûr de bénéficier de la clémence de sa hiérarchie", estime Constant, enseignant dans un lycée.

De son côté, la société civile, comme cet ancien membre du Comptoir juridique junior (CJJ), observe "une rupture de contrat entre l’élu et le mandant, car l’élu ne représente plus valablement le peuple." D’autres ONG invitent le conseil municipal et d’autres assemblées locales du pays à une application "stricte" des lois. L’article 10 du règlement intérieur du conseil municipal de Pointe-Noire définit en effet comme une démission volontaire trois absences consécutives non justifiées. Le conseil municipal peut donc prononcer la démission d’un conseiller, puis il transmet le dossier au ministère de l’Intérieur. Ce dernier décide, en se basant sur l’article 40 de la loi n°7-2003 du 6 février 2003, qui prévoit en principe la même sanction pour le même motif pour l'ensemble des mairies et conseils départementaux du Congo.

 

La sanction : une exception ?

"Les textes en vigueur ne sont pas souvent appliqués pour sanctionner les conseillers absents aux sessions. Il y a une sorte de laxisme ou de copinage entre le bureau du conseil et des élus absentéistes. Cela ternit l’image des partis politiques", estime Alain Louganana, conseiller juridique à la Commission diocésaine justice et paix, une ONG de Pointe-Noire. "Les conseillers issus des élections de 2008 participent pour la plupart de manière effective aux sessions du conseil. Il n’en demeure pas moins que certains s’absentent de façon sporadique. Toutefois, nous sanctionnons, conformément à notre règlement intérieur et aux textes sur les collectivités locales", assure Jean-François Kando, conseiller municipal du PCT et 1er secrétaire du bureau exécutif du conseil municipal de Pointe-Noire.

En 2009, une élue de la Majorité avait ainsi été démise de son statut de conseillère de Pointe-Noire après trois absences non justifiées. Elle avait été remplacée par un autre conseiller de la Majorité. Marc Tsaty-Mombo y voit une exception qui confirmerait la règle de l'impunité : "En dehors de cette collègue, plusieurs conseillers brillent par des absences répétées sans être sanctionnés. La loi n’est pas faite pour ne s’appliquer que sur les uns et pas sur les autres." Réplique de Jean-François Kando : "Effectivement, nous avons un cas de ce genre. Le processus est en cours. Nous avons transmis le dossier au ministère de l’Intérieur qui prendra les mesures qui s’imposent."

A l'heure actuelle, ni le règlement intérieur, ni la loi de 2003 ne prévoient un nombre maximal d’absences excusées pour un conseiller municipal.

 

John Ndinga-Ngoma

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Syfia Congo Brazza - dans articles presse
commenter cet article

commentaires

Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com