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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

7 décembre 2010 2 07 /12 /décembre /2010 09:52

ACTUALITÉ

 

Journée des droits de l'Homme du 10 décembre 2010

(Syfia/CRP) À Pointe-Noire, des Ong accueillent et scolarisent des enfants qui n'ont pas les moyens de fréquenter l'école, pourtant gratuite. Leur tâche est difficile, car elles manquent de moyens. De plus, certains parents, qui ne voient plus la scolarité comme un passage obligé pour trouver un emploi, semblent avoir baissé les bras.

 

"J'avais 10 ans. J'étais au cours élémentaire quand papa et maman sont morts. Très pauvre, ma grand-mère était incapable de me nourrir, de m'acheter les fournitures et de me payer le transport jusqu'à l'école", raconte Blandine, pensionnaire à l’orphelinat Amour de Dieu de Pointe-Noire.

Depuis la fin des guerres, en 2002 et la gratuité du primaire au lycée en 2008, de plus en plus d'enfants vont à l’école. Mais, à l'instar d'autres villes, Pointe-Noire abrite quelques îlots d'analphabétisme, essentiellement dans les familles pauvres. Bon nombre d'enfants de la rue sont ainsi coupés de leur famille et de l'école.

La pauvreté n'explique pas tout. Depuis une vingtaine d’années, l'école n'est plus symbole de réussite sociale. "Faire de longues études ne sert à rien ! Nous ne faisons qu'enregistrer depuis 1986 (début de la récession économique, Ndlr) de nouveaux chômeurs dans notre pays", juge Paul, 20 ans, un jeune désoeuvré. "Aujourd'hui, seuls certains parents qui gardent en tête le mythe de la fonction publique qui recrutait à la fin des études, investissent encore dans la scolarité de leur progéniture", observe, désabusée, Rachel, enseignante et mère de deux enfants. Pourtant, souligne-t-elle, "l'éducation est un droit fondamental".

 

"Cet orphelinat m'a sauvé"

"Le droit à l'éducation est bel et bien garanti par notre Constitution, mais l'insuffisance et le sous-équipement des structures et bien d'autres dysfonctionnements ne permettent pas de fournir aux enfants un enseignement de qualité", admet Eugène Ngouolali, directeur départemental de l'Enseignement technique et professionnel.

Devant les difficultés rencontrées par les structures publiques, certains jeunes prennent leur destin en main, grâce à un petit coup de pouce. C'est le cas de Vivien Ngoma Poaty, 18 ans. Assis sur un tabouret avec une Bible, il surveille une dizaine d'enfants de l'orphelinat Amour de Dieu. Ici, tous l'appellent yaya (terme affectueux pour qualifier un aîné). En plus de son travail de surveillant général, Vivien apprend à conduire dans une auto-école. Il dit mener actuellement une vie heureuse : "Cet orphelinat m'a sauvé. Et je ne peux pas l'oublier", assure-t-il. Il y a sept ans, il avait dû arrêter l'école. "Papa et maman étaient tellement pauvres qu'ils ne pouvaient supporter mes études. Je ne savais ni lire ni écrire et j'errais dans les rues de Pointe-Noire avant d'être recueilli ici", se souvient-il.

Créée en 2002, cette structure héberge 28 enfants de deux à 21 ans. À la pauvreté s'ajoutent d'autres difficultés qui entravent la scolarité. "Il y a les divorces. Et puis, des parents qui accusent certains enfants d'être des sorciers. Je me souviens d'un garçon qui avait fui le toit familial pour échapper à sa marâtre qui l'obligeait à travailler sans relâche", déclare Françoise Bouyou, promotrice de l’orphelinat. "Malgré nos difficultés financières, je ne lâcherai pas prise. Il faut sauver ces enfants de 'l'éducation' de la rue, qui fait germer en eux des antivaleurs comme le banditisme ou le vol", ajoute-t-elle.

 

Quand l'enfant du pauvre avait les mêmes chances…

D’autres membres de la société civile de Pointe-Noire font leur possible pour leur venir en aide. "L'éducation, gratuite dans les écoles publiques, devrait stimuler les enfants. Mais, dans une grande ville comme Pointe-Noire, ils ont besoin aussi d'argent pour se déplacer. Il faut par ailleurs pouvoir leur payer le petit déjeuner et couvrir toutes les autres dépenses (fournitures, alimentation, etc., Ndlr)", explique Juste Lenvo, coordonnateur de l'Association espace enfants. Il ajoute : "Si l'État réhabilitait les internats dans les écoles, cela permettrait de faire progresser notre éducation. Comme dans les années 70, quand l'enfant du pauvre avait les mêmes chances de réussir que celui du riche". Avec la crise économique, des aides comme l'octroi de fournitures et le placement en internat des meilleurs élèves ont quasiment disparu depuis le début des années 90.

Georges Nguila, chef d’antenne de l’Observatoire congolais des droits de l'Homme, estime de son côté qu’il faut "désengorger les écoles aux effectifs pléthoriques et atténuer la précarité de l'enseignant". Sans quoi, conclut-il, "le droit de l'enfant à l'éducation sera mal respecté."

 

John Ndinga-Ngoma

Décembre 2010

 

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Published by Syfia Congo Brazza - dans articles presse
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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com