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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

30 avril 2010 5 30 /04 /avril /2010 08:49

(Syfia/CRP) "Nos élèves redoutent le livre comme le chat craint l’eau froide !", déplorent autorités, ONG, parents et enseignants de Pointe-Noire. Avec les jeunes, ils regrettent l’insuffisance de centres de lecture à tarif réduit et l’omniprésence des autres loisirs. Ils font aussi des propositions pour redonner le goût de la lecture aux jeunes.

 

Lycée public Victor Augagneur de Pointe-Noire. À la suite d’une grève déclenchée en avril par un syndicat d’enseignants, beaucoup de professeurs sont absents. Les élèves sont dans les bars, les cybercafés et les salles de jeux vidéo des environs. D’autres errent dans la vaste cour de l’école. Deux filles viennent de passer deux heures à visionner des films pornographiques sur leurs téléphones portables. Deux garçons discutent d’un match de foot du championnat espagnol. "Les élèves auraient pu consacrer ce temps à faire des recherches dans des centres de documentation", regrette M. Bareka, un des censeurs. "Nous avons une bibliothèque, mais les élèves ne la fréquentent presque pas pendant les récréations ou les heures de permanence", déplore un autre responsable de ce lycée, qui a requis l’anonymat.

Dans la capitale économique congolaise, les parents d’élèves sont eux aussi conscients de ce désintérêt des jeunes pour la lecture. "Après les cours, mes enfants se précipitent pour jouer avec leurs camarades, sans penser à regarder l’un ou l’autre manuel que je leur ai pourtant achetés", observe Stéphane Babongui, journaliste et père de trois collégiens. "Je ne lis pas parce que je ne trouve pas de livres à l’école", répond, pour sa part, Dreiche Kikounga, en 5e au collège d’État Emmanuel Dadet Damongo qui, selon le directeur des études, Philippe Mbama, a des livres, mais ne dispose pas de local pour installer une bibliothèque.

Consciente de ces différents problèmes, l'ONG congolaise Les Enfants du Phare a créé en 1999 une bibliothèque dans l’arrondissement 3. Sa présidente, Nona Matouala, née à Pointe-Noire, vit aujourd’hui au Canada. Dans ce centre, l’abonnement annuel ne coûte que 300 Fcfa (0,45 €). Par comparaison, il se monte à 3 000 Fcfa (4,5 €) au Centre culturel français et à 2 000 Fcfa (3 €) au centre de formation suédo-congolais Sueco. Grâce à ses tarifs, Les Enfants du Phare entendent "réconcilier les élèves avec le livre". Pour Antoine Mabiala, un bénévole animé par "l’amour de la lecture et la réussite des enfants", il faut "rapprocher l’élève du livre, car c’est un bon compagnon de réussite". Ce que confirme Dériche Moukamba, en 1re littéraire dans un lycée privé : "Cette bibliothèque, située dans mon quartier, me permet de mener des recherches et de compléter les enseignements de l’école."

 

Salons, campagnes, contraintes…

Réconcilier les jeunes avec la lecture prendra du temps… Actuellement, seuls 70 abonnés consultent les quelque mille ouvrages diversifiés (romans, bandes dessinées, manuels scolaires, etc.) contre 20 à la création. Antoine Mabiala tente d’expliquer cette "lente" progression en soulignant que les enfants se tournent plus volontiers vers les loisirs offerts par Internet et dans la rue.

A l’occasion de la Journée "Lire en fête" en 2008, Albert Kimbouala, alors directeur départemental de la Culture et des arts, déclarait à ce sujet : "A Pointe-Noire, le livre ou le journal le plus lu, c’est le programme de la Cogelo (Congolaise de gestion de loterie, entreprise spécialisée dans les courses de chevaux, Ndlr)". M. Kimbouala, expliquait ainsi ce phénomène : "Tout le monde ne pense qu’à s’enrichir plutôt qu’à nourrir l’esprit (…) Qu’il lise ou pas, l’enfant sait comment obtenir une bonne moyenne. Et le parent est coupable, puisqu’il encourage son rejeton à être partisan du moindre effort. Conséquence : nous avons des élèves moins instruits et risquons d’avoir à l’avenir des cadres incapables de défendre leurs diplômes."

Pierre Claver Mabiala, directeur à Pointe-Noire de la troupe théâtrale Bivelas (Tonnerre en vili), milite pour des actions originales et parfois énergiques pour attirer les jeunes : "Construire des centres de lecture est une bonne chose, mais il faudrait des mini salons du livre, des campagnes de persuasion dans les écoles relayées par les enseignants. On pourrait également utiliser la contrainte comme jadis dans nos internats."

 

 

John Ndinga-Ngoma

Avril 2010

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Published by Syfia Congo Brazza - dans articles presse
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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com