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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

1 mars 2010 1 01 /03 /mars /2010 10:18

(Syfia/CRP) À Pointe-Noire, les handicapés sont victimes de toutes sortes de préjugés. À force de courage et avec l'aide d'un centre spécialisé, certains arrivent cependant à montrer qu'ils sont, comme n'importe quelle personne dite"normale", précieux et utiles à la société.

 

Trisomie, difficultés d’élocution, déficience auditive, problèmes de motricité… À Pointe-Noire, nombreux sont les enfants à souffrir de divers handicaps mentaux et physiques. La société les met tous dans le même sac et les traite de yeza ("idiot", en munukutuba et en lingala). "Un yeza ne sert à rien dans une famille", assure une mère sans décliner son identité, "honteuse d’avoir un enfant pareil."

Ces enfants sont stigmatisés jusque dans leurs propres foyers à cause de croyances mystiques encore très répandues. "Satan les envoie pour nous faire souffrir. Cela ne sert à rien de se tracasser pour eux. Il faut attendre le dernier jour quand il les rappellera", assène, sans la moindre compassion, une femme pourtant infirmière. "De nombreux parents pensent que l’arrivée d’un déficient est une sorte de punition divine et héréditaire", explique un agent de la direction départementale des Affaires sociales avant de poursuivre, "aucune institution du pays ne songe à briser ce mythe, ne serait-ce que par la sensibilisation. Démissionnaires, les pouvoirs publics considèrent les Affaires sociales comme un gouffre à sous." Roland Bouiti Viaudo, maire de Pointe-Noire, rétorque : "Nous concevrons bientôt un plan d’action en faveur de ces citoyens délaissés."

En attendant, ces Congolais, totalement ou presque livrés à eux-mêmes, se battent pour garder espoir et dignité. À l'image de Chantal Balou, 12 ans, remise de ses difficultés d’élocution. Aujourd'hui, elle s'exprime dans un langage articulé. Et Chantal ose faire des projets d'avenir comme les autres adolescentes de son âge : "Les maîtresses et les maîtres m’apprennent à lire et à écrire. Grâce à eux, je pourrai réaliser mon rêve de devenir sage-femme."  Depuis deux ans, elle suit des séances d’orthophonie au Centre spécialisé de rééducation orthophonique et otoacoustique (CSROO) de Pointe-Noire.

 

"Donner de la dignité"

Dans ce centre, créé en 1995 et soutenu par des bailleurs étrangers, on s'applique par différentes disciplines (orthophonie, graphisme, kinésithérapie, etc.) à déceler et exploiter les atouts de cinquante enfants. "Ils étaient abandonnés et désespérés, comme moi. Quand j'étais petit, j’ai perdu six ans sans apprendre avant de suivre une formation spécialisée en déficience auditive", explique Paul Labou, directeur du CSROO et professeur de chimie-biologie, marqué par sa propre expérience. "Leur insertion socioprofessionnelle est très difficile. Mais, nous ne baissons pas les bras. C’est un challenge !", conclut-il.

D’autres Ponténégrins partagent son enthousiasme. "Je suis venue au centre par curiosité, pour donner de la dignité à ceux qui en sont privés. J'y ai été formée à l’orthophonie", souligne Christelle Estelle Bouangui, une bénévole. Parmi les rares centres spécialisés du pays, le CSROO est un allié précieux pour les parents. "J’ai inscrit mon enfant ici grâce à ma voisine. J’avais déjà perdu espoir... Aujourd’hui, on ne murmure plus derrière moi ; mon fils est devenu 'normal', donc utile", se félicite Marie. Pas évident, cependant, de faire accepter le handicap aux familles et au reste de la société et de construire un avenir digne pour toutes les personnes handicapées. "Il est difficile d’apporter une solution durable à toutes les anomalies, constate Paul Labou, avant de conclure. Nous passons parfois cinq à six ans rien qu’à apprendre à un enfant à tenir une cuillère…"

 

John Ndinga-Ngoma

 

 

Février 2010

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Published by Syfia Congo Brazza - dans articles presse
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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com