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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

16 septembre 2010 4 16 /09 /septembre /2010 15:03

(Syfia/CRP) Sous l'impulsion d'ONG et des pouvoirs publics, certaines entreprises de Pointe-Noire prennent en charge leurs employés séropositifs et veillent au respect de leurs droits. Mais, le combat contre la discrimination est difficile dans un environnement gangrené par le manque d'informations et les préjugés.

 

"Au travail, je suis un collègue, pas un malade." À Pointe-Noire, les quelque trois cents agents de Zain Congo, un opérateur de téléphonie mobile, ne semblent jurer que par ce slogan. "Je n'ai pas envie de savoir que mon collègue est séropositif, car je sais que je peux cohabiter avec lui sans crainte. Le sida ne se transmet pas par simple contact", explique Olga Marthe Loemba, agent du service de management.

Ces cinq dernières années, grâce au partenariat entre des Ong, l'Unité départementale de lutte contre le sida (UDLS) et Unicongo (Union patronale et interprofessionnelle), près de 50 entreprises ont mis en place des points focaux animés par des employés. Ces relais informent et veillent à l'application stricte du Code du travail. Le Port autonome de Pointe-Noire évacue parfois à ses frais en Occident certains de ses employés séropositifs. Les compagnies pétrolières Total et ENI assistent financièrement et psychologiquement leurs agents sidéens. Patrice Batz Huyer, responsable du programme VIH/sida à Zain Congo, résume : "Un séropositif, pourvu qu'il jouisse de toutes ses facultés, a les mêmes droits et devoirs qu'une personne dite normale."

Une manière de voir que ne partagent pas bon nombre d'employeurs. À leurs yeux, sida équivaut forcément à incapacité ou faible rendement physique et intellectuel. "Employer un séropositif, c'est causer la chute de l'entreprise. Mieux vaut ne pas le faire et, au cas où ce dernier est déjà dans la société, s'en débarrasser par tous les moyens", lance le responsable d'un restaurant, qui craint que ses clients, informés de la présence d'un de ces malades dans son personnel, partent déjeuner ailleurs. "Ils auraient peur d'être contaminés, poursuit-il. On n'aurait alors plus d'argent pour faire fonctionner notre établissement."

 

L'employé sidéen a les mêmes droits

Même si la Confédération syndicale des travailleurs du Congo et la Confédération syndicale congolaise disent ne pas avoir reçu de plaintes de séropositifs victimes de licenciements abusifs, certains préjugés chez les patrons causent renvois, mutations et autres traitements injustes. Une enquête menée cette année auprès de cinq sociétés par les ONG Azur développement et le Club des jeunes pour l'éducation sexuelle et à la santé (Cjess) révèle ainsi que cinq personnes ont été licenciées en raison de leur séropositivité. "Nous avons lu une note de service faisant état de la radiation d'un employé à cause d'une infection rétrovirale qui entraînait une diminution de rendement. Pourtant, cette personne jouissait de toutes ses facultés physiques et intellectuelles", explique David Hermann Malanda, président du Cjess. Le docteur Jean-Pierre Nkouendolo, coordonnateur de l'Udls affirme cependant que "grâce à l'action concertée de l'Udls et de deux ONG qui ont négocié avec la société, le patron est revenu sur sa décision."

"Le pire des dangers, c'est le manque d'information", résume Sylvie Niombo, présidente d'Azur développement. Pour faire tomber les préjugés et les tabous qui entourent le sida, des ONG circulent notamment dans les hôpitaux. "La séropositivité est encore perçue par beaucoup comme une honte et une injure", déplore Dominique, candidate au dépistage volontaire.

La loi est pourtant claire. Selon Georges Nguila, chef d’antenne de l'Observatoire congolais des droits de l'Homme (OCDH), "en cas de discrimination en milieu professionnel, il y a deux recours : la négociation et la voie juridique". Et comme le souligne Abraham Mbouala, agent de la direction départementale du Travail et de la sécurité sociale, "le Code du travail ne prévoit aucune disposition particulière pour les séropositifs et il est valable pour tout le monde". Ce Code condamne, dans l'entreprise, la discrimination sous toutes ses formes et prévoit des sanctions. "Le sidéen est une personne normale, on n'a donc pas besoin d'une législation particulière", insiste Marthe Tchitoula Makosso, agent du service ressources humaines au Port de Pointe-Noire.

John Ndinga-Ngoma

Septembre 2010

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Published by Syfia Congo Brazza - dans articles presse
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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com