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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
  • Le blog de Syfia Congo Brazza
  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

16 mars 2015 1 16 /03 /mars /2015 11:06
(CRP/Syfia) Lina Rose Mavoungou fait partie des rares femmes sérigraphes de Pointe-Noire. Plus qu’un métier, une passion qu’elle transmet à d’autres filles. Cote-Matève, un quartier du 6ème arrondissement Ngoyo à Pointe-Noire. A quelques pas du poste de péage, l'atelier "Lina décor". Sa propriétaire, Lina Rose Mavoungou, la trentaine révolue, est mère de trois enfants. Dans son pantalon jean tacheté de peinture, un tee-shirt blanc sur le dos et une casquette sur la tête, Lina Rose met la dernière touche à sa dernière création : l’enseigne d’un salon de coiffure. "J’ai choisi le portrait d’une femme bien coiffée pour la publicité de ce salon. Il faut innover au quotidien", confie-t-elle dans un large sourire. Son atelier ressemble à un véritable bazar. Tout y est en vrac ou presque : boîtes de peintures, maquettes en préparation, tee-shirts déjà imprimés, portraits en attente de livraisons... Au mur, Lina Rose a accroché une grille tarifaire. Sur son bureau, on trouve des livres sur les arts plastiques. "On doit continuer à apprendre avec les ouvrages du domaine, c’est une éternelle école", insiste-t-elle. Engagement de tous les instants Son apprentissage a commencé en 1998, après avoir quitté le lycée en classe de Première. Faute d'argent, elle se lance d'abord dans la vente de vin de palme. Suivent un mariage précoce, une séparation et des enfants à charge. Lina Rose décide alors d'apprendre un métier et embarque pour son aventure dans les arts plastiques. "Je voulais faire les beaux arts après le baccalauréat. J’ai donc décidé d’apprendre la décoration et la sérigraphie (une technique d'imprimerie, Ndlr) dans un atelier" se souvient-elle. Pendant deux ans, c'est à l’atelier de Mack Moe Ngongo que Lina Rose se formera dans une belle ambiance. Son prof d'hier voit en elle "une femme décidée à apprendre. Une année après son arrivée, je suis allé à Brazzaville pour trois ans. Elle s’est débrouillée toute seule, jusqu’à l’ouverture de son atelier. Que du bonheur pour moi !" Pas si surprenant à en croire la concernée : "Il y a des gens qui naissent artistes et le talent s’exprime après." Aujourd'hui encore, le maître et l’élève ont gardé de bons rapports. "Quand Lina a des doutes sur un travail, elle n’hésite pas à m'en parler", apprécie Mack. Toujours aussi déterminée à apprendre, Lina Rose Mavoungou aimerait à présent se former à utiliser le D.A.O (Dessin assisté par ordinateur). Un engagement de tous les instants qui fait dire à Perrot Color, un des sérigraphes chevronnés de Pointe-Noire, que Lina Rose est "une sérigraphe pleine d’avenir." "Mon travail remplace en partie un mari" Dans l'immédiat, Lina Rose fait courageusement face aux besoins de sa famille. Chaque mois, elle dit gagner 300 000 Fcfa (environ 450 €) : "Mes enfants vont à l’école privée. Je paye mon loyer. J'ai même acheté une parcelle de terrain ici, à Cote-Matève. Mon travail remplace en partie un mari pour moi. Je suis autonome." Pas la moindre des fiertés à ses yeux. D'un ton grave, elle poursuit : "Les femmes ne doivent pas compter sur leur éphémère beauté, mais plutôt se mettre au travail, oser, garder la tête haute et marcher dignement. Nous devrions éviter de compter sur les hommes pour notre survie et notre bonheur." C’est dans cette optique qu’elle a décidé de partager son savoir à trois jeunes filles dont sa dernière, âgée de 9 ans, qui vient à l'atelier maternel après l’école. "Elle dessine déjà bien pour son âge !", se félicite sa mère et formatrice. L'atelier compte deux autres apprenantes dont les parents sont pauvres. Parmi elles, God Béni Sacrée Viclaire apprend la sérigraphie depuis 2012, après avoir arrêté ses études en classe de CM2 : "Mon père et ma mère sont très contents. Les gens qui passent devant l’atelier nous félicitent. Nous gagnons aussi des marchés parce que nous sommes des femmes. Les clients disent que nous mettons du sérieux dans notre travail." Le rêve de God Béni ? "Ouvrir un atelier et former d’autres filles", projette-t-elle. Serge Patrick Mankou Mars 2015

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Published by Syfia Congo Brazza - dans articles presse
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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com