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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

20 mai 2010 4 20 /05 /mai /2010 08:52

(Syfia/CRP) Partant du principe que l'ignorance est la meilleure alliée des comportements à risques en matière de sexualité, des ONG de Pointe-Noire mènent des campagnes spécifiques d’éducation. Des premiers résultats sont enregistrés, mais l’initiative suscite des réticences.

 

"Qui souffre de honte finit par en mourir." Carine, la vingtaine révolue, parle aujourd’hui de sexualité sans la moindre gêne. "Le sexe, dit-elle, constitue une partie essentielle de notre vie." Quatre-vingt-seize autres jeunes adultes non scolarisés, de 20 à 35 ans, qui suivent des cours de remise à niveau au sein de l’Association nationale pour l’éducation prénatale (Anep), une ONG congolaise, partagent cette opinion. "Faire du sexe un mystère renforce notre ignorance, renchérit Davy, avant d'ajouter, je connais à présent le cycle ovarien de ma petite amie. Je sais aussi me prémunir contre les infections sexuellement transmissibles comme le sida, la gonococcie et la syphilis."

Sur le thème Éducation à la vie, le Dr Bassindi, gynécologue, a fait, en février dernier, un exposé dans un style et un langage "branchés" devant ces jeunes. En organisant cette intervention, l’Anep entendait dissiper l’ignorance de certains en matière de sexualité. "Une ignorance qui les expose à plusieurs dangers telles les grossesses indésirables et les pathologies résultant de rapports sexuels non protégés", affirmait en avril dernier, au cours d’une conférence de presse, Pierre Ehouanda, secrétaire à la communication de cette structure.

L'association enjoint depuis février aux trois enseignants du centre de remise à niveau de relayer durant leurs cours, les informations données par le Dr Bassindi. "Bien qu’en raison d'emplois du temps très chargés, nous n’ayons pas encore conçu de programmes d’éducation sexuelle, nous assurons le relais à travers des disciplines classiques comme les Sciences de la vie et de la terre (SVT) qu’on appelait autrefois biologie", explique M. Batola, coordonnateur des instituteurs.

 

Un tabou difficile à briser

Depuis trois ans environ, le Club des jeunes pour l’éducation sexuelle et à la santé (Cjess), une Ong privée, diffuse des émissions sur différentes radios locales et mène des campagnes dans les écoles. "Il s'agit de briser tout le mystère qui entoure la sexualité", selon David Hermann Malanda, président du Cjess, et de donner des information nécessaires (par exemple sur l'utilisation du préservatif, Ndlr) aux enfants et aux parents afin de protéger les générations futures des fléaux sociaux comme la croissance démographique désordonnée."

Une tâche difficile étant donné l’environnement socioculturel… "Quel sacrilège que de parler du clitoris sur les ondes !", s’indigne, par exemple, un gendarme à propos d'une émission interactive sur ce thème passée sur une radio privée. Pour cet officier, il appartient aux parents d’éduquer l’enfant sur sa sexualité. "Le père est l’interlocuteur direct du fils et la mère de la fille. Nous devons respecter notre culture bantoue fondée essentiellement sur la pudeur." Certains vont plus loin. "Qu’un père et un fils discutent de sexe encourage le libertinage !", martèle un menuisier d’une quarantaine d’années, père de huit enfants. "En effet, estime-t-il, il y a des moments, des endroits et des interlocuteurs appropriés pour parler du sexe. Ce sujet ne doit pas être semblable à la politique dont on parle à tout moment. Nos grands-parents ne nous ont pas élevés ainsi."

 

Formateurs formés

Des réserves d'un autre ordre s'élèvent également. "Une information mal donnée ou mal reçue est pire que l’ignorance proprement dite", avertit Prisca Pambou, une enseignante qui, conformément aux programmes du ministère chargé de l’Enseignement, éduque sur la sexualité dans les cours de SVT. Tout en appréciant les actions des Ong, les pouvoirs publics exhortent eux aussi à la prudence. "Doter les jeunes de ces outils de prévention est à encourager. Mais, pour que l’action produise de bons résultats, il faut des personnes (enseignants ou non, Ndlr), formées à ce genre d’éducation", insiste le Dr Jean Pierre Kouendolo, coordonnateur de l’Unité départementale de lutte contre le sida de Pointe-Noire. Ce que reconnaît David Hermann Malanda : "Nous y veillons. Nous ne parlons pas du sexe à un mineur de la même manière qu’à un majeur."

Agnès Koubikani, présidente de l’Anep, recadre la philosophie de l'intervention de sa structure : "Nous ne sommes pas des prédicateurs du libertinage. Nous ne prétendons que résoudre un problème réel."

 

John Ndinga-Ngoma

Mai 2010

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Published by Syfia Congo Brazza - dans articles presse
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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com