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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

7 octobre 2010 4 07 /10 /octobre /2010 10:10

(Syfia/CRP) Les maraîchers de Pointe-Noire disposent de très peu d'espaces pour cultiver. Ceux qui appartenaient à l'État avant la Conférence nationale de 1991 ont été vendus aux plus offrants par les propriétaires terriens. Cette insécurité foncière explique en grande partie la dépendance alimentaire actuelle de la capitale économique congolaise.

 

Choux, aubergines, maïs, laitues… À la fin de chaque été, une vallée splendide s'offre à la vue depuis le rond-point de l'arrondissement 4 de Pointe-Noire. Situés au bord de la rivière Tchinouka, quelque quinze hectares ont été cédés en 2000 à titre gracieux par une station d’essence à une vingtaine de maraîchers. Auparavant, ces derniers étaient installés en aval de la rivière. Chacun d'eux versait notamment 25 000 Fcfa (38 €) par an aux propriétaires fonciers. Plus rose aujourd'hui, leur avenir est cependant loin d'être aussi droit que leurs sillons… "Le jour où cette station décidera cette fois d'étendre ses installations, elle nous chassera. Où irons-nous alors ?", s'inquiète un de ces maraîchers.

Une angoisse partagée par bon nombre d'agriculteurs de Pointe-Noire et de ses environs, souvent déguerpis par des propriétaires fonciers qui vendent les terres. Aucun d'entre eux n'a en effet les moyens d'acquérir les parcelles qu'ils cultivent, de plus en plus chères à mesure que ces zones sont habitées, en raison de la rapide croissance démographique de la ville. Dans la périphérie de Pointe-Noire, le prix minimum d'une parcelle nue est de 2 millions de Fcfa (plus de 3 000 €). En ville, il est dix fois plus élevé…

 

"Esclaves des surgelés importés"

"L'insécurité foncière fait partie des principales contraintes liées à la production agricole dans les départements du Kouilou et de Pointe-Noire", souligne une étude menée en 2009 par la Mutuelle des ingénieurs de développement rural (MIDR) auprès de l'Administration, des ONG et des maraîchers. Prudence Bouanga, une consommatrice, se souvient avec nostalgie de la période révolue de la Coopérative maraîchère de Pointe-Noire : "La production de légumes était suffisante... Aujourd'hui, nous sommes devenus esclaves des surgelés importés et du fumbu (légume-feuille, Ndlr)." Déclaré dans les années 60 zone appartenant à l'État, le site a été vendu à partir de 1991 par des propriétaires fonciers à des particuliers. Il est aujourd'hui occupé par des maisons d'habitation.

Après le monopartisme et la période communiste au cours de laquelle toutes les terres appartenaient à l'État, la Conférence nationale de 1991 a confié leur gestion et leur jouissance à des propriétaires fonciers sans toutefois recenser précisément ces terres ni préciser le nouveau rôle de l'État. Les nouveaux propriétaires les ont donc vendues aux plus offrants. Bien que l'article 13 de la loi agro-foncière du 22 septembre 2008 stipule que les zones à vocation agro-pastorale devraient être protégées et réservées exclusivement aux activités agro-pastorales, le désordre règne, faute de textes d’application, souligne le Père Christian de la Bretesche, missionnaire catholique et président du Forum des jeunes entreprises du Congo (FJEC). De leur côté, les fonciers mettent en cause l'intégrité de certains agriculteurs qui, selon Alfred Moe Nzinga, président de l'Association des terriens du Kouilou "ne sont pas des 'Mères Teresa' et s'érigent souvent, grâce à l'appui de certains cadres de l'administration, en propriétaires de terres, alors que la terre s'acquiert de manière légale".

 

Accéder à la terre et aux financements

Une piste intéressante de résolution des problèmes fonciers par la concertation a été explorée à travers le projet Nkunda, initié en 2005 par l'Association Pointe-Noire industrielle (APNI) et le FJEC avec l'appui de Total E&P Congo. Plus de vingt maraîchers devaient exploiter la banlieue nord de Pointe-Noire, à la suite d'un accord passé en 1999 entre des propriétaires terriens et ces ONG. Mais, le projet ne sera pas exécuté, la zone appartenant à l'État devant finalement être utilisée pour l'extension du port. Les premières opérations de déguerpissement devraient commencer d'ici peu. Des négociations sont en cours pour trouver un autre site aux maraîchers...

"Tout cela, c'est parce que l'État n'a pas défini de sites agricoles. Ceux qui existaient ont été vendus par les propriétaires terriens dès 1991, dans la pagaille absolue avec (la complicité, Ndlr) certains cadres véreux. Mais, la réforme foncière va tout corriger", assure Jean-René Mombo-Nzahou, directeur départemental du domaine de l’État. Une réforme qui réjouit aussi Jacques Magloire Obabaka, directeur départemental de l'Agriculture : "Les 100 hectares dont l'Etat dispose aujourd'hui à Pointe-Noire pour les activités agricoles attendent seulement d'être lotis pour être redistribués aux agriculteurs. Le foncier cessera ainsi d'être le principal frein à l'agriculture".

Mais, la faible productivité agricole a d'autres causes. Selon Jérôme Nkombo, président de l'Association des éleveurs et maraîchers de Tié Tié, l'État résoudrait en, grande partie le problème en favorisant l'accès aux financements publics, car avec de l'argent, les paysans pourraient investir en dehors de Pointe-Noire. L'investissement agricole devrait, normalement, être facilité par le Projet de développement agricole et de réhabilitation des routes rurales, financé notamment par la Banque mondiale depuis 2007 et jusqu'en 2012.

 

John Ndinga-Ngoma

Octobre 2010

 

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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com