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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

3 janvier 2011 1 03 /01 /janvier /2011 10:37

(Syfia/CRP) A Pointe-Noire, une trentaine d'enfants de 5 à 16 ans apprennent la peinture, la musique, le théâtre dans un centre privé, un des rares de ce genre dans cette ville d'environ un million d'habitants. Certains en font leur métier. D'autres y puisent des leçons utiles pour leur scolarité et leur vie personnelle.

 

Rencontres avec la presse, échanges avec le monde du showbiz… Chance Nduenga, la vingtaine révolue, a, ces dernières semaines, un emploi du temps très chargé. Cet artiste vient de sortir son premier album : Berceau de l'Humanité. Des musiciens de renom tel l'Antillais Jacob Desvarieux y ont participé. Composées dans les deux langues nationales (kituba et lingala), en français, en peul et en wolof, les chansons sont un melting-pot de genres musicaux africains : ndombolo, wala, makossa, etc. Le ton se veut à la fois lyrique et engagé. Fin novembre dernier, à l'issue d'une soirée organisée par le Cercle culturel pour enfants (CCE) de Pointe-Noire, Chance faisait ainsi part de son désir de participer à la construction d'une Afrique où les richesses seraient redistribuées équitablement aux peuples.

C'est grâce à ce même centre que cet artiste a développé à partir de 1999 ses qualités musicales. "Je me considère comme un vrai produit du CCE", dit-il souvent avec fierté. D'autres anciens élèves ont fait carrière. Josué Pangou, musicien, accompagne Achille Mouebo, un Congolais apprécié au Congo et à l'étranger pour sa world music. Actrice dans une compagnie théâtrale, Gatti Boudzoukoutou est, elle, devenue formatrice en art dramatique auprès des enfants du CCE.

 

"Compléter les connaissances de l'école"

Tous les élèves ne deviendront pas des artistes connus. Là n'est pas l'essentiel. "L'important est qu'ils sachent que les arts permettent à chaque homme de faire une lecture lucide de la vie", souligne Gatti. "Les enfants viennent seulement les samedis. Nous complétons les connaissances acquises à l'école. À travers la comédie par exemple, leur niveau de langue et leur élocution s'améliorent", rapporte Joël Nkounkou, fondateur et directeur du CCE. "Cet apprentissage les aide parfois à comprendre des notions de grammaire et d'instruction civique qu'ils n'ont pas bien assimilées à l'école", témoigne la mère de Slava Bonazébi, élève de 3e qui apprend le théâtre au Cercle.

Le CCE a été créé fin 1997, au lendemain de la guerre civile, pour réconforter par le théâtre les enfants de 5 à 16 ans. "Nous venions de différentes régions. Mais, sur les tréteaux, nous avions un dénominateur commun : la pièce à jouer. Ce climat règne et régnera à jamais ici", assure Nuptia Bouesso, une des pionnières du Cercle. Porté par cette conviction, le centre est passé de huit à… cent membres en 1999 ! Cette année fut aussi celle de la diversification de ses activités : "Ces enfants avaient des talents artistiques indéniables. Nous les avons donc formés aussi à la peinture et à la musique", raconte Joël Nkounkou.

 

Manque de centres socio-éducatifs

Treize ans après la création, les effectifs sont en baisse significative (35 membres). Des parents sont retournés dans leur localité d'origine après la guerre et une majorité de ceux qui restent rechigne à payer. L'inscription coûte désormais 1 500 Fcfa (2,30 €) par enfant et par an auxquels s'ajoutent les frais mensuels (100 Fcfa - 0,15 €). Certains formateurs sont lassés de travailler bénévolement et le CCE a du mal à payer le loyer.

Malgré ces problèmes, le Cercle est toujours considéré comme une réponse au manque de centres socio-éducatifs à Pointe-Noire, une ville d'environ un million d'habitants. "Le CCE est un partenaire sûr. Nous ne faisons rien sans l'associer", explique Gustave Mavoungou, directeur départemental de la Culture et des arts. Dominique Yiminambié, directeur départemental de la Jeunesse ajoute que les autorités ambitionnent de créer d'autres structures de ce genre.

En attendant de faire des émules au Congo, le CCE fera peut-être à nouveau rêver et réfléchir à l'extérieur du pays. En 2007, certains de ses enfants artistes avaient fait une tournée en Afrique de l'Ouest où ils avaient interprété Les enfants de l'autre bout du monde. Dans cette pièce, l'auteur, feu Jean-Jules Koukou, plaidait pour le respect des droits de l'enfant par les parents et les gouvernants.

 

 

John Ndinga-Ngoma

Décembre 2010

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Published by Syfia Congo Brazza - dans articles presse
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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com