Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
  • Le blog de Syfia Congo Brazza
  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
  • Contact

Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

Recherche

.

Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

1 mai 2014 4 01 /05 /mai /2014 14:01

(CRP/Syfia) Raïssa Moussavou est une des rares femmes à avoir appris la soudure et la plomberie. Détermination gagnante : elle est aujourd’hui responsable et formatrice au centre Sala-Ngolo, à Dolisie.

Souriante, visiblement épanouie, Raïssa Moussavou, célibataire dans la trentaine, est une passionnée des métiers dits d’hommes depuis son enfance : "Petite, je voyais une sœur travailler au passage à niveau de Dolisie. Je me disais que ce métier me faciliterait l’accès au travail." Elle apprend donc la soudure et la plomberie à la place de l’électricité qu’elle aimait passionnément. "Mon père m’avait envoyée au centre Sala-Ngolo pour faire l’informatique, mais cette formation ne m’intéressait pas… Comme la filière électricité n’existait pas, j’ai choisi la soudure et la plomberie."

Aujourd’hui, Raïssa est responsable et formatrice dans ce même centre de l’atelier soudure-plomberie. Rigoureuse, elle s’active dans sa tenue de travail bleue et blanche. Des lunettes noires pour protéger ses yeux, elle n’hésite pas à souder elle-même une pièce pour montrer à ses élèves comment faire. Yann Boki, élève en 1er année, souligne : "Nous respectons notre formatrice. Elle nous explique et nous, on applique. Si on n’y arrive pas, elle nous montre." Il ajoute : "Au début, certains garçons étaient complexés, mais ils ont compris qu’une femme peut nous former dans ce métier." L’atelier de Raïssa reçoit les commandes de clients de la cité : "Je suis rigoureuse avec mes élèves, car les clients aiment le travail soigné. Par exemple, la grille que vous avez vue tout à l’heure, c’est une commande."

Au niveau de sa famille, la jeune femme est devenue un modèle de courage. Emerson Moussavou, son petit frère, s’était au début opposé à son choix d’apprendre la soudure. A l’époque, il estimait qu’elle devait poursuivre ses études jusqu’au lycée. A présent, il est lui-même soudeur-plombier grâce aux conseils de sa sœur : "Je suis fier d’elle ! Elle m’a soutenu financièrement et moralement. C’est elle qui m’a formé ! Par ailleurs, grâce à son salaire, elle apporte aujourd’hui un soutien financier et matériel à la famille."

 

"Raïssa a brisé le mythe"

Le père Yvon Miantuassila,  directeur des études à Sala-Ngolo entre 2004 et 2006, se souvient : "Raïssa est l’exemple de l’épanouissement de la femme qui a brisé le mythe de dire qu’il existe des métiers réservés aux hommes. Pourtant, au début, elle avait la frousse… Je l’ai encouragée et elle a pris confiance."

Sa détermination à apprendre la soudure a donné envie à d’autres apprenantes, alors en 1ere année quand Raïssa était en 2eme, d’aller au bout de leur formation. C’est le cas de Chérida Kibamba, aujourd’hui stagiaire au Chemin de Fer Congo Océan (CFCO), section soudure : "Raïssa a été pour nous un stimulant. Quand on la voyait dans sa tenue d’apprenante, on l’admirait. On voulait davantage apprendre, afin d’obtenir notre diplôme. Elle était notre modèle, surtout quand elle est partie au Benin pour son stage."

Pour encourager plus de jeunes filles à apprendre les métiers dits d’homme, la Direction départementale de la formation qualifiante du Niari a lancé en 2013 une campagne de sensibilisation sur la pratique de la soudure, plomberie, mécanique auto, électricité industrielle, maçonnerie, etc. "Sensibilisées par notre direction, seules  onze jeunes femmes ont accepté d’exercer ces métiers", regrette le Directeur départemental, Jean-Pierre Goma. Il ajoute : "Pourtant, elles trouveraient plus facilement un emploi grâce à ces métiers, car les employeurs préfèrent embaucher les filles."

Un point de vue partagé par Fidèle Pounani, chef d’atelier soudure au garage central. Selon lui, les femmes qui exercent ce genre de métiers "font mieux que les hommes surtout si elles ont suivi normalement leur formation."

Raïssa Moussavou, consciente de la pénibilité de la soudure, encourage d’autres jeunes filles à suivre le même chemin. "Il suffit d’être motivée !", conclue la jeune femme, déterminée depuis son enfance.

 

Victor Bivihou

Mai 2014

Partager cet article

Repost 0
Published by Syfia Congo Brazza - dans articles presse
commenter cet article

commentaires

Dépannage Urgent 17/11/2016 12:32

Merci pour cet article

plombier paris 15 02/11/2016 17:00

je vous tire mon chapeau pour le boulot que vous faites . Merci

Artisan Serrurier 15 19/10/2016 19:32

Salut, vous faites du bon boulot

plom 13/10/2016 17:35

bravo très jolie blog j’aime bien l’article

Remy 12/10/2016 16:54

Salut,vous avez tout mes encouragements pour vous actions

Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com