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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

9 novembre 2009 1 09 /11 /novembre /2009 09:58

(Syfia/CRP) Sourde-muette, Sainte Mvouama, 22 ans, respire la joie de vivre. Choisie une seconde fois par le réalisateur Rufin Mbou Mikima, cette actrice prometteuse fait la fierté de sa famille. Sa persévérance est aussi un exemple pour tous les jeunes qui souffrent d’un handicap et des moqueries de la société.

 

Sourde-muette, Sainte Mvouama, 22 ans, est pleine de vie et d’enthousiasme. Un fiancé valide dans son cœur et un Brevet d’études techniques (BET) option coiffure en poche, elle cherche actuellement un local pour ouvrir son salon de coiffure et complète son matériel (le ministère des Affaires sociales lui a offert un premier équipement).

Sainte n’est pas seulement une coiffeuse prometteuse. Elle est aussi et surtout une actrice qui pétille de bonheur en évoquant son second tournage. "Tout le monde était gentil avec moi, pas par compassion, mais parce que les gens me considéraient comme une personne à part entière. Rufin (Rufin Mbou Mikima, le réalisateur, Ndlr), m’a une fois de plus prouvé que mon handicap n’était pas un obstacle, que j’avais les mêmes chances que les autres", explique-t-elle dans la langue des signes.

Travailler en équipe a changé le regard de cette jeune femme, confrontée au quotidien à la pitié et aux railleries. "Si, dans ma famille, mes parents me traitent normalement, les gens dans la rue me regardent comme si j’étais une espèce rare", fait savoir Sainte par le biais d’Hermine, professeur à l’Institut de jeunes sourds (IJS) de Brazzaville et qui sert d’interprète

 

"Pas différente des autres"

L’équipe du tournage lui a donc enlevé ses doutes. Sainte s’est lancée et a donné le meilleur d’elle-même. Dans ce second film (Mvouama une voix dans la main), sorte d’autoportrait qui devrait être diffusé lors de l’atelier d’écriture documentaire Talents du Congo Brazzaville du 1er décembre 2009 au 19 février 2010 au Centre Culturel Français de Brazzaville, elle parle de sa famille, ses amis, son amour et ses projets. "J’aime l’idée du réalisateur, car elle met en lumière ma vie, mais aussi celle des jeunes comme moi qui sont souvent marginalisés. Je ne me sens pas différente des autres filles de mon âge. Comme elles, je sors avec des amis. J’ai la chance que mes parents s’occupent de mes études, alors que d’autres sourds-muets ont été obligés d’arrêter parce que leurs tuteurs ne voyaient pas l’intérêt de les scolariser", explique Sainte.

"Ces cas sont de plus en plus rares. Les parents ont compris la nécessité d’instruire ces enfants, nuance Hermine, avant d’ajouter que ces élèves sont désormais plus nombreux à obtenir leur BET, même si "les options (couture, menuiserie, hôtellerie, etc.) sont limitées." De petites avancées encourageantes pour les professeurs qui souhaitent que ces enfants aient à l’avenir les mêmes chances de réussite que les valides de faire des études universitaires.

En attendant, comme d’autres, Sainte a su faire preuve de persévérance. En 2003, alors âgée de 16 ans et élève de quatrième, elle flirtait déjà avec le 7ème art, mais le projet n’avait pas abouti. Puis Rufin est arrivé en 2005 avec son film : "Au nom de…". Sainte a alors senti son rêve tout proche : "J’ai été choisie à la suite d’un casting à l’IJS. Il a ensuite fallu l’accord du directeur et celui de mes parents." Projeté un an plus tard au CCF devant une salle comble, ce film a permis aux spectateurs de discuter avec Sainte et d’autres élèves de l’Institut. "Je voulais montrer qu’il n’y avait pas de frontière en amour. Je souhaite que ce film nous amène à plus de tolérance", tels avaient été les propos de Rufin Mbou Mikima, à la fin de la projection du film.

 

La réalité, plus forte que la fiction

La deuxième participation de Sainte au cinéma aux côtés de Rufin la conforte dans l’idée que l’homme peut être bon. "On a souvent des préjugés. On ne voit mieux qu’avec le cœur. Moi, je suis amoureuse d’un jeune entendant qui ne me juge pas et m’aime telle que je suis", se réjouit Sainte. Dans son cas, la réalité semble avoir dépassé la fiction, puisque dans "Au nom de…", son premier film, elle était fiancée à un valide de bonne famille et mal reçue par les parents de ce dernier à cause de son handicap. Elle finissait par mourir, après un accident de circulation causé par son fiancé désespéré d’être séparé d’elle...

Le succès de Sainte au cinéma ne lui monte en tout cas pas à la tête. Elle est bien consciente qu’il faudra du temps pour changer les mentalités. Plus impatients, ses amis souhaiteraient revoir leur ancienne camarade au plus vite sur grand écran. "À travers ce film, toute une école s’exprime !", se réjouit une élève de 3ème à l’IJS. C’est aussi l’avis d’Arielle du service audiologie et d’Hermine, qui pensent que "ce film est un signal fort, il brise les tabous et permet aux deux camps (entendant et mal entendant) de faire plus ample connaissance."

Sans doute un premier pas. "Ces enfants ne sont pas différents des autres. J’espère qu’ils ne feront plus l’objet de discriminations. Le monde de l’art a commencé, restent les autres secteurs à conquérir", termine M. Mvouama, un père heureux et fier de sa fille.



Annette Kouamba Matondo

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Published by Syfia Congo Brazza
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commentaires

Rufin MBOU MIKIMA 11/11/2009 02:33


Très bel article Annette...
J'espère que tu le partageras sur ton facebooK.

Rufin


Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com