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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

1 mai 2014 4 01 /05 /mai /2014 13:57

(CRP/Syfia) Depuis son arrivée à l’hôpital général de Dolisie en février 2013, la psychologue Sandra Makiza redonne le sourire et le goût de vivre aux séropositifs.  Âgée d’une trentaine d’années, elle accompagne et exhorte en particulier les femmes à accepter leur état sérologique et  à aller de l’avant.

 

Vous êtes régulièrement visité par des patients atteints du VIH/Sida. Comment expliquez-vous cette fidélité ?

 

Sandra  Makiza : En effet, je reçois constamment des personnes vivant avec le VIH/Sida. Les femmes constituent pour moi la cible la plus fragile, dans la mesure où elles se sentent abandonnées une fois qu’elles sont déclarées séropositives. Elles pensent alors que  leur vie est finie et qu’il n’y a plus d’espoir. Mon devoir est de leur redonner goût à la vie, de leur dire que la honte, le défaitisme, la peur sont des freins à leur épanouissement personnel et à celui de leurs familles. Et cela retarde leur guérison.

 

Quels résultats obtenez-vous ? Quelle est la fréquence des visites des patientes ?

 

Sandra Makiza : Quand les patientes arrivent à l’hôpital, j’essaye d’établir une relation de confiance avec elles, d’installer un climat de sécurité entre nous. Ce n’est pas facile. Au début, certaines ont du mal à se confier.  Mais, grâce au consulting, qui consiste à écouter, encourager et à donner des conseils au patient (instructions sur sa nouvelle vie sexuelle, prise régulière du traitement, interdiction de toucher à l’alcool), on arrive à des résultats satisfaisants. Chaque semaine, je reçois sept à dix personnes (y compris les hommes). 90 % de mes patients reprennent espoir grâce à cet accompagnement psychologique. Je leur rends également visite à domicile, quand ceux-ci ne sont plus réguliers à l’hôpital.

 

Grâce à cet accompagnement psychologique, peut-on dire que les femmes atteintes du VIH/Sida commencent petit à petit à briser le silence?

 

Sandra Makiza : Malheureusement, celles-ci ne sont pas encore prêtes à avouer publiquement leur état… Elles ont encore peur d’être stigmatisées. Le véritable problème à Dolisie est le manque d’informations. Il faut multiplier les sensibilisations sur le mode de transmission de cette maladie et arrêter de croire que c’est seulement aux prostituées, aux drogués et aux  personnes de mauvaises mœurs que cela arrive !

 

Le silence des personnes atteintes pourrait-il expliquer la propagation du VIH/Sida ?

 

Sandra Makiza : Je ne peux pas l’affirmer, mais il peut y contribuer, car les gens ne sont pas assez informés. Tenez, par exemple, j’ai reçu récemment une jeune fille qui a révélé son état sérologique à se parents. Ceux-ci ont mal pris la nouvelle, en particulier sa grand-mère, qui lui a violemment interdit l’accès à sa maison de peur d’être contaminée… Beaucoup de personnes préfèrent donc garder le silence pour ne pas être mises à l’écart.  Mon souhait est que les structures comme le Conseil national de lutte contre le sida (CNLS) et le Programme nationale de lutte contre le sida (PNLS) prennent le relai pour informer la population à travers la radio nationale.

 

Quelles difficultés rencontrez-vous ?

 

Sandra Makiza : Je parlerai de l’entêtement des patients, qui refusent d’accepter leur statut sérologique, mais aussi de ceux qui refusent de se faire dépister, malgré des signes médicaux inquiétants. Ils reviennent à l’hôpital quand la maladie s’est aggravée et, à ce niveau, le travail est plus difficile… La personne arrive affaiblie, découragée, au point de vouloir parfois se laisser mourir. Petit à petit, j’essaye de recoller les morceaux en leur répétant sans cesse : "Non, la vie ne s’arrête pas avec le VIH/Sida !" Une devise qui marche, car après la détresse, la culpabilité et la honte, l’envie de vivre reprend malgré tout le dessus.

 

Quelle est la tranche d’âge des personnes atteintes du VIH/Sida? Recevez-vous des femmes contaminées à la suite d’un viol ?

 

Sandra Makiza : De 15 à 65 ans. Les personnes qui viennent sont en général discrètes sur l’origine de leur maladie. Je respecte leur silence. Beaucoup découvrent leur séropositivité lors d’un contrôle médical de routine. C’est là qu’intervient mon travail. J’essaye de redonner de l’espoir à ces personnes qui ne croient plus en rien.

 

Comment êtes-vous parvenue à fidéliser vos patients ?

 

Sandra Makiza : Je pense que c’est grâce à ma disponibilité. Je vous donne l’exemple de ce patient, qui passe régulièrement au bureau, à chaque fois qu’il a un problème. Il m’expose ses doutes, ses soucis, sa peur de l’avenir, notamment en ce qui concerne le mariage. Mon rôle est de rassurer ces personnes, de leur donner envie de se battre. Je leur répète qu’être atteintes du VIH/Sida n’est pas une fatalité

 

Propos recueillis par Annette Kouamba Matondo

Mai 2014

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Published by Syfia Congo Brazza - dans articles presse
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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com