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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

27 mars 2015 5 27 /03 /mars /2015 16:57

(CRP/Syfia) Obligées de verser une forte somme d'argent pour enterrer le corps de leurs maris, violentées au cours de rituels pseudo-traditionnels, chassées de leurs maisons, contraintes de subvenir seules aux besoins de leurs enfants... Au Niari, plusieurs veuves subissent encore différentes formes de maltraitances. Un débat communautaire a récemment été organisé sur cette douloureuse question.

 

A Dolisie, comme ailleurs dans le département du Niari, bon nombre de veuves, après le décès de leurs époux, subissent encore des violences morales et physiques. "Mes beaux-parents m'ont demandé un million de francs Cfa pour enterrer le corps de mon mari (plus de 1 500 €, au prétexte que du temps du vivant de son époux, cette femme était bien traitée et riche, Ndlr)", a expliqué la veuve Odile.

C'était au cours du débat communautaire intitulé "Les violences faites aux veuves dans le département du Niari", organisé en décembre dernier à Dolisie, par le Centre de Ressources pour la Presse (CRP) en partenariat avec Syfia international, dans le cadre du projet "Journalistes, associations et autorités locales contribuent à un meilleur respect des droits des femmes rurales pour lutter contre la pauvreté." Un projet piloté par le CRP avec l’appui financier de l’Union européenne. Ce débat a réuni une dizaine de représentants de la société civile, quelques veuves, des autorités locales et des journalistes. Il a été animé en kituba par Sandrine Ngoma et Max Ferhynel Poudi, deux journalistes du projet, sous la coordination de Gaston Elbi Enkari, coordonateur dudit projet.

Toutes les veuves participantes à ces échanges ont reconnu avoir subi "différents rituels traditionnels, accompagnés d'injures." Certaines ont raconté avoir même été "chassées de la maison conjugale et condamnées à prendre en charge les enfants sans aucune aide de la belle-famille." Selon elles, ces brimades étaient une manière pour leurs belles-sœurs notamment de leur faire payer le bonheur qu'elles avaient connu avec leurs époux. "A 5 heures du matin, les sœurs et nièces du défunt nous ont obligées à nous déshabiller, puis nous ont rasé les cheveux et ont tout jeté, y compris nos habits, dans la rivière. Elles disaient que c'était 'pour se débarrasser de  l'esprit du mort.' J'ai refusé. Cela m'a valu des injures et des promesses de malédiction", s'est souvenue la veuve Odile.

 

De la jalousie, rien à voir avec la tradition

Une autre veuve, Marie, a quant à elle témoigné tristement avoir été "chassée de la maison conjugale avec cinq enfants à charge. J'ai vu ensuite deux de mes filles mourir du paludisme la même année ! Depuis, je suis devenue maladive et je loue une habitation." Des malheurs qui commencent parfois "dès l'hôpital, où seule la femme supporte l’époux malade. Pourtant, après l'enterrement, la veuve est chassée de la maison conjugale avec les enfants !", a regretté Denise Ndongui, présidente de l’association Femmes rurales et les activités socio-économiques (Frase).

Pour Donatien Ibassa, de l'Association de lutte contre la pauvreté et pour la protection de la nature (ALPN) et chef d'un projet pilote pour la protection des droits des veuves, ces mauvais traitements n'ont aucun rapport avec la tradition. Il y voit plutôt une manifestation de jalousie : "Quand quelqu'un n'a pas réussi dans sa vie, il souhaite la mort de celui qui travaille dans la famille pour hériter de ses biens. Aucune loi au monde n'autorise à maltraiter la veuve. Malheureusement, les concernées sont ignorantes des textes." Les sévices qu'elles subissent sont en effet réprimandés par la loi, comme le rappelle l’article 801 du Code de la famille : "Les sévices ou mauvais traitement exercés sur la veuve ou le veuf à l'occasion des cérémonies de deuil sont réprimés conformément aux dispositions du Code pénal." Il revient donc ensuite aux magistrats de statuer.

Malgré les dispositions juridiques, les pesanteurs traditionnelles semblent encore avoir le dessus. "Nous savons que la loi est là, mais nous avons peur des représailles de la sorcellerie sur nous-mêmes et sur nos enfants", a expliqué la veuve Odile. Pour faire bloc face à ces pratiques lâches et déshonorantes, la veuve Joséphine a encouragé les femmes comme elle à se regrouper dans "une 'association école' pour discuter de leurs expériences et affûter leurs armes pour mieux défendre leurs droits."

                                                                                         Max Ferhynel Poudi

Mars 2015

   

                                                 

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27 mars 2015 5 27 /03 /mars /2015 16:55

(CRP /Syfia) De plus en plus de femmes quittent plusieurs jours, voire plusieurs semaines chaque mois Pointe-Noire pour retourner au village travailler dans les champs. Dans les localités concernées, elles sont admirées, car la réussite est souvent au bout de la houe. 

 

Doumanga, à 70 kilomètres de Pointe-Noire, dans le département du Kouilou. En ce matin de mars, Mireille Ngoro prépare panier, houe et machette, afin de se rendre dans ses plantations. Mireille, fait partie de ces femmes vivant en ville, mais qui vont faire leurs champ dans des villages plus ou moins proches, faute d’espace en agglomération.

Depuis une année maintenant, cette femme mariée et mère de 3 enfants, la trentaine dépassée, partage sa vie entre Doumanga et la capitale économique : "Chaque mois, je passe trois semaines ici, et le reste du temps à Pointe-Noire. Doumanga est devenu mon principal lieu d’habitation. J'y exploite un champ de manioc et d’ananas sur un demi hectare."

Souriante, elle poursuit, à propos de son choix : "Je cherchais un endroit pour pratiquer l’agriculture. Une connaissance m’a conseillé ce village. Elle y cultivait déjà et a mis à ma disposition gratuitement de l’espace cultivable." D’habitude, le prix d’un hectare s'achète entre 300 et 400 000 Fcfa (entre 450 € et 600 €) ou se loue auprès des propriétaires fonciers sur 2 ans (en moyenne à 100 000 Fcfa, soit 150 €).

Pour Mireille la citadine, la passion pour l’agriculture (elle faisait déjà du maraîchage à Pointe-Noire) et "une existence au cœur de la forêt du Mayombe" ont rapidement pris le dessus sur la ville et ses multiples distractions. Aux habitantes et habitants qui ont encore du mal à comprendre qu'une fille quitte la ville pour la campagne, Mireille répond : "Il faut aimer cultiver la terre. C'est par l’agriculture que Dieu a béni les hommes ! Quand je vois mon travail, je suis dans la joie !" Dans sa famille, d’autres commencent à vouloir l'imiter : "L'année prochaine, ma sœur me rejoindra. Elle est juste à la recherche des financements."

 

"Un exemple et un réconfort moral"

Bienvenue Niangui, la trentaine, habitante de  Pointe-Noire, a elle choisi  Mouyondzi, village du département de la Bouenza à environ 300 km au nord-est de Pointe-Noire dont elle est originaire, pour développer son élevage. "Pendant que je me débrouille ici (elle tient un petit étal dans un marché de Pointe-Noire, Ndlr), c’est bon pour l'avenir de savoir que j’ai une autre activité au village." Elle se rend dans cette localité plusieurs fois dans l’année pour évaluer son cheptel. "Je n'avais qu'un mouton au départ, il y a deux ans. J'en ai dorénavant trois. C’est bon signe !", se félicite-t-elle, résolument optimiste. Quand un de ses animaux met bas, elle donne une partie des petits à la personne qui s'occupe de son élevage en son absence.

Le travail de Bienvenue a séduit son compagnon, qui a pris la résolution "l’année prochaine, de financer l’exploitation d’un champ de manioc et de gingembre à Mouyondzi." A terme, la jeune femme aimerait avoir une trentaine de bêtes pour les vendre à Pointe-Noire et gagner ainsi suffisamment d'argent pour acheter des appareils électroménagers ou des téléphones bon marché à Dubaï qu'elle revendrait dans sa capitale économique. Bienvenue n'est donc pas prête d'abandonner son activité à Mouyondzi.

Généralement, ces femmes qui préfèrent le village à la ville pour leurs activités champêtres, sont plutôt bien accueillies dans ces localités. "C’est un bel exemple qui pourrait empêcher nos filles d’être toujours tournées vers la ville", espère Jean Marie Mambou Kokolo, chef du village de Doumanga, pour qui l’initiative de ces citadines constitue donc "un réconfort moral" pour les femmes rurales. Emilienne Kokolo, la femme du chef, conclut : "Maman Mireille donne une leçon à nos filles qui souvent ne s’adonnent pas aux travaux agricoles."

 

Serge Patrick Mankou

Mars 2015

 

 

 

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27 mars 2015 5 27 /03 /mars /2015 16:54

(CRP/Syfia) A Ewo, dans la Cuvette-Ouest, les droits des femmes dans le couple font débat. Fin janvier dernier, autour de cette question, les échanges ont été animés entre journalistes, représentants de la société civile et autorités locales.

 

"La femme dans le foyer mérite d’être soignée par son mari. Elle doit manger à sa faim et avoir de quoi s'habiller", a commencé par lancer Angélique Kébi, présidente de l’association Wemeyi (Tu es venu de ton propre gré, en téké). Son discours autoritaire a tout de suite délié les langues dans l’assemblée.

C’était le 29 janvier dernier, au cours d’un débat communautaire sur "les droits de la femme dans le ménage" organisé à Ewo par le Centre de Ressources pour la Presse (CRP) en partenariat avec Syfia International dans le cadre du projet"Journalistes, associations et autorités locales contribuent  à un meilleur respect des droits de femmes rurales pour lutter contre la pauvreté." Un projet piloté par le CRP, avec l’appui financier de l’Union européenne.

Animé en lingala par Hortense Nathalie Ngatsongo et Alain Michel Otiéli, sous la coordination de Gaston Elbi Enkari et Marien Nzikou-Massala, respectivement coordonnateur et coordonateur adjoint dudit projet, ce débat a rassemblé 43 représentants (dont 8 hommes) du monde associatif, des autorités locales comme le représentant du maire d’Ewo, celui de l'Unité départementale de lutte contre le sida (UDLS) et des journalistes.

 

Dialogue permanent

D'emblée, les participantes, à l'image de Julienne Ngotala, présidente du groupement Olingui Oyi (Tu peux venir si tu le désires), ont expliqué : "Il ne suffit pas de connaître nos droits, encore faut-il que cela se traduise dans les actes... Une fois qu’on épouse une femme, tous ses besoins doivent être comblés par son conjoint. Or, ce n’est pas toujours bien perçu par les hommes et c’est aussi sans doute pour cela qu’ils n’accordent pas d’importance aux droits des femmes."

Angélique Onounga, directrice départementale de la Promotion de la femme dans la Cuvette-Ouest, a confirmé que, malgré les différentes sensibilisations de sa direction, "la question des droits de la femme dans les ménages entraine des disputes dans les foyers et même des divorces." Prenant son exemple, elle a exhorté les couples à maintenir entre eux un dialogue permanent. "Je répète sans cesse à mon mari, ce qui t'appartient, m’appartient. Il sait que je ne plaisante pas sur certaines choses. Femmes, sachez revendiquer vos droits dans vos foyers !", a-t-elle martelé, faisant allusion, notamment, au droit à la santé, ou encore à ceux de vivre dans un habitat décent ou d'être nourrie. A propos de ces violences économiques, Angélique Kébi, a précisé que lorsque qu'une femme s'estime bafouée dans ses droits, elle peut ester en justice son époux : "Rien n’est plus humiliant que de manquer de savon, de sel ou d’huile dans sa maison …"

Des droits qui ne seront respectés que grâce à la ferme volonté de la femme d’émerger et de se faire entendre, a témoigné Hortense Apelé du groupement Congo-Victoire : "Certains hommes, quand tu leur fais état de tes besoins, ils se mettent en colère. Moi, dans ces cas là, je reviens à la charge une fois que mon mari est de bonne humeur. Nous pouvons alors discuter jusqu’à des heures indues si nous ne trouvons pas de compromis."

 

"Que la femme brise le silence"

Angélique Onounga a encouragé les femmes lésées à consulter les services de sa direction. "Si vous avez un problème dans votre foyer, nos portes sont ouvertes. Si votre problème demande d’autres compétences nous pouvons vous accompagner dans vos démarches (vers les autorités judiciaires, des agents sociaux ou le chef du quartier pour conseiller le couple, Ndlr). Nous voulons que la femme brise le silence et qu’elle dénonce tout ce qu’elle subit au sein de son foyer", a résumé la 'DD'.

Un avis contesté par Jacques Okaka, chef du quartier Ouenzé à Ewo : "Sur dix droits, je peux en respecter trois ou quatre... C'est largement suffisant ! Trop de droits tuent le droit. Dans un ménage, il ne peut y avoir qu'un seul chef !" Même son de cloche pour Emile Kekounda, chef du quartier Bouta : "Une fois que la femme est sous votre toit, elle dilapide l’argent à sa guise ! Même quand vous lui donnez l'opportunité de travailler, vous devenez son pantin. Je respecte ma femme, c’est l’essentiel. Quant à ses droits, cela va de paire avec son comportement..." Une opinion qu'a semblé partager Olouabiri Ebaye,  représentant le maire d'Ewo lors de ce débat.

De son côté, Aimé Kessakatira, chef de quartier Ewo-village, a insisté sur les nécessaires concessions : "Les femmes  ont certes des droits, mais elles les revendiquent mal. Il faut savoir parler à son mari, même quand celui-ci est pauvre."

Annette Kouamba Matondo

Mars 2015

 

 

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27 mars 2015 5 27 /03 /mars /2015 16:53

(CRP/Syfia) A Pointe-Noire, Nathalie Clémence Oyombo Oka rivalise de courage avec les hommes dans le métier de ferronnier. Elle fait dorénavant la fierté de ses collègues et de sa famille.

 

Ngoyo la plaine, un quartier du 6ème arrondissement de Pointe-Noire. Des ouvriers sont à pied d’œuvre dans le chantier d’un immeuble. Nathalie Clémence Oyombo Oka, la trentaine, célibataire et mère de deux enfants, est l’unique femme de cette équipe de sept personnes. Vêtue d’un pantalon jean bleu et d’une chemise jaune à manches courtes, tenaille à la main, elle fabrique des étriers en fer, utilisés dans la construction des maisons.

Ce métier, Nathalie Clémence ne l’a pas appris dans un centre ou une école. "En 2008, pendant une semaine, j'ai observé des ferronniers sur un chantier au quartier Mpaka 120 (6ème arrondissement également, Ndlr). J'y travaillais au départ comme manœuvre pour un établissement de bâtiment et travaux publics", révèle-t-elle en souriant. La confirmation d'une passion qui remonte à 1996, après son échec en classe de 3e. Un échec qui provoqua une rupture avec sa famille : "Comme tous les parents, les miens voulaient que je réussisse à l'école." Elle a toutefois tenu bon, persuadée de devoir accomplir sa vocation : "Ce métier est pour moi un don de la nature. Il m'est apparu en rêve." Dans son rêve, Nathalie Clémence fabriquait (déjà) des objets en fer. Elle y voit encore aujourd'hui un heureux présage.

Depuis, elle cumule les chantiers, faisant l'admiration de ses collègues. "C'est la première fois que je vois une femme pratiquer ce métier réputé très rude, dangereux et supposé réservé aux hommes. Nous lui devons respect et considération", souligne Bad Tsakala, un des maçons du même chantier. De son coté, Jean Blaise Tsemi, superviseur des lieux, qui au début doutait de la compétence de sa ferronnière, est aujourd'hui "satisfait de son travail, de son dynamisme et de sa détermination."

 

Fierté  familiale

Nathalie Clémence est en effet persuadée qu'il n’existe pas de métiers réservés aux hommes. Elle souffre malgré tout parfois de discriminations : "Quand j’ai des marchés, certains collègues hommes que je sollicite pour constituer mon équipe refusent toujours de travailler sous mes ordres parce que je suis une femme !" Femmes et hommes sont pourtant égaux face au danger... Plus d’une fois, Nathalie Clémence est tombée du haut d’un immeuble. Pire, "une barre de fer de 10 (centimètres de circonférence, Ndlr) a déjà transpercé ma jambe", confie-t-elle en serrant les dents. Courageuse, elle affirme l'avoir alors retirée sans assistance. Elle en garde une tenace cicatrice comme pour lui rappeler qu'elle côtoie le danger en permanence.

L’idée de raccrocher la tente souvent, mais sa passion finie toujours par reprendre le dessus. Et puis, grâce à son métier de ferronnière, Nathalie Clémence gagne dignement sa vie : "Quand je travaille pour une entreprise, je gagne au moins 100 000 Fcfa (150 €) le mois et sur mes propres chantiers, pas moins de 400 000 FCfa (610 €)." Grâce à ses économies, elle a pu acquérir une parcelle de terrain à Tsomo, un village dans les environs de Kinkala à près de 50 km de Brazzaville et une autre parcelle à Pointe-Noire.

Résultat : le regard de sa famille a changé. "On peut avoir des diplômes et ne rien faire... Ma fille, elle, avec son métier, parvient à se prendre en charge. Elle nous aide souvent. Elle est une fierté pour nous ! ", affirme désormais sa mère, Hélène Baboutabo. Nathalie Clémence aspire à présent à suivre une formation, afin d’obtenir une attestation et le statut de ferronnière qualifiée. Un précieux parchemin qui augmentera ses gains. "En ce moment, je suis sous-payée. Pour reconnaitre mon niveau, on m’exige un diplôme. Donc, je dois faire des économies, pour reprendre les études."

Serge Patrick Mankou

Mars 2015

 

                                                                                                                                    

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27 mars 2015 5 27 /03 /mars /2015 16:51

(CRP/Syfia) A Sibiti, dans le département de la Lékoumou, épouses et époux peinent souvent à travailler dans un même champ et à se répartir les fruits de leur labeur. Toutefois des exemples encourageants existent. Un débat a été organisé autour de la question dernièrement.

 

"Les relations entre les époux dans l’exécution des travaux champêtres." C'est autour de ce thème qu’un débat communautaire a été organisé à Sibiti, dans le département de la Lékoumou, en décembre dernier. Débat animé en français et en kituba par Ruth Kokolo et Clarisse Milandou, deux journalistes du projet "Journalistes, associations et autorités locales contribuent à un meilleur respect des droits des femmes rurales pour lutter contre la pauvreté". Les échanges se sont déroulés sous la supervision de Gaston Elbi Enkari, coordonnateur de ce projet piloté par le Centre de Ressources pour la Presse (CRP) en partenariat avec Syfia international, avec l’appui financier de l’Union européenne.

Vingt-cinq participants (19 femmes et 6 hommes) venus du monde associatif et des autorités locales ont débattu, sans langue de bois, sur les relations parfois tendues qu’entretiennent les époux pour travailler aux champs. Certains ont déploré le manque d’harmonie dans les couples sur cette question : "Avec mon épouse, nous avons beaucoup d’incompréhensions sur la répartition de la production et des revenus. Dès que je finance les travaux champêtres, je ne vois pas par où passent les résultats, à l’exception de quelques morceaux de manioc qu’elle me met dans l’assiette pour manger !", a regretté Jean Denis Toutou Ngamiyé, président de l'Association pour la promotion socioculturelle des autochtones du Congo (APSAC) et chef de ménage.

 

Gérer ensemble les revenus

Jean Pierre Ngono, secrétaire du quartier n°6 Indo, a déploré lui aussi, bien qu’étant en couple, l'absence de solidarité régnant habituellement entre un monsieur et sa dame : "L'homme a sa plantation et la femme a aussi la sienne. Pourtant, logiquement, le couple devrait s’accorder pour travailler un même champ. Souvent, c’est la gestion des revenus qui pose un réel problème."Vincent M., un autochtone qui a également pris part au débat, a confirmé : "Mon père et ma mère ont l’habitude de travailler ensemble leur champ, mais quand il s’agit de repartir l’argent de la récolte, mon père prend tout et l’utilise dans la boisson..." Ainsi, pour éviter d’être trop souvent brimées par leurs maris, certaines autochtones préfèrent travailler "dans les plantations des femmes bantoues moyennant 1 500 Fcfa  (2,30 €) par jour, au lieu d’aller dans leurs propres champs", a souligné Jean Pierre Ipolo, un autre autochtone.

Mais, dans certaines ménages, a avancé une frange des participants au débat, épouses et époux vivent en parfaite harmonie. "Dans notre foyer, avec mon mari, à la veille de chaque saison, nous nous accordons sur le lieu où notre champ sera travaillé, les modalités de paiement de la main d’œuvre et les autres tâches à venir", a fait savoir Angélique Ndossa, présidente de l’association Femme et production. Joséphine Ngouomo, présidente de l’association des Femmes dynamiques de Makoubi (une bourgade de Sibiti) a elle aussi témoigné : "Mon mari et moi n’avons jamais eu de difficultés à propos des travaux champêtres. Je garde les revenus générés par notre activité, mais nous les gérons de commun accord."

Une entente qui permet de maximiser la production et de faire le bonheur de toute la famille, a fait remarquer Marguerite Ngono, présidente de l’association Femme de Bambama. A ses yeux, en effet, "les époux ont intérêt à s’entendre au début de chaque saison pour produire plus et lutter contre la pauvreté."

Emmanuel Libondo

Mars 2015

 

 

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16 mars 2015 1 16 /03 /mars /2015 11:11

(CRP/Syfia) A Mossendjo, dans le département du Niari, des femmes et des hommes découvrent la culture de la ciboule. Leur formatrice, Béatrice Boulingui, a elle-même été formée par son époux, ingénieur agronome.

 

Six sillons de dix mètres chacun. Une petite étendue de ciboule (condiment), d’une verdure susceptible d’immobiliser quiconque ferait un tour au secteur agricole situé en plein centre de Mossendjo, ville de 18 000 habitants à environ 400 kilomètres au nord-ouest de Brazzaville (département du Niari). Tel est le décor du potager de Béatrice Boulingui. Cette maraîchère a été formée par son mari, Raymond Kouaka, ingénieur agronome et chef de secteur agricole de Mossendjo. "Quand nous nous sommes unis il y a une quinzaine d’années, je me suis rappelée l’expression selon laquelle 'la femme d’un flic est flic'. Alors, je me suis dit que la femme d’un agronome est agronome", se souvient Béatrice en repiquant avec le sourire un jeune plant de ciboule.

D'un niveau scolaire modeste, Béatrice Boulingui, la quarantaine, n’a pourtant jamais fréquenté le moindre centre d’enseignement agricole. Son art du maraîchage, elle le doit à sa formation pratique de terrain. "A Kimongo (sous-préfecture du Niari, à environ 100 km au sud de Dolisie, Ndlr) où j’étais chef de secteur agricole, elle assistait aux réunions avec les paysans. Elle enregistrait tous les conseils que je leur donnais. Mais, sa meilleure formation se déroulait dans le potager de la maison... Elle voyait par exemple comment j’entretenais les plantes", se souvient l’époux formateur.

Si Béatrice s'est tant appliquée à retenir ses précieux conseils, c'est pour maximiser les revenus de la maisonnée. "Mon mari est cadre de la fonction publique, mais nous ne sommes plus à l’ancienne époque où la femme devait tout attendre de son mari ! De nos jours, épouse et époux doivent s’investir ensemble pour le bien-être de la famille. Lorsque je lui ai expliqué cela, il s’est engagé à m’apprendre la formation de pépinières, l’arrosage des plantes et bien d’autres choses, explique-t-elle. Elle poursuit, l’argent que je gagne me permet de contribuer à la popote et aux autres besoins de la famille. Quant à mon mari, je lui fais parfois plaisir en lui achetant par exemple des habits."

Les revenus tirés du maraîchage ont par ailleurs permis au couple de doter leurs quatre enfants d’une maison en matériaux durables à Dolisie. Ce qui fait dire à Raymond Kouaka son époux : "Je n'ai pas seulement une bonne épouse, mais aussi et surtout une bonne partenaire au développement de notre foyer. Voilà pourquoi, je la soutiendrai toujours."

 

Conseils rentables

Aujourd’hui, Béatrice dit s’être spécialisée dans la culture de la ciboule, plus rentable que d’autres légumes. Elle partage gratuitement son expérience avec d’autres femmes de Mossendjo. "Elle vient dans mon jardin m'expliquer en faisant des démonstrations. C’est ainsi que j’ai appris à faire des pépinières et à repiquer la ciboule", témoigne Augustine Milébé, une maraîchère. Béatrice compte aussi des hommes parmi ses apprenants. "Je resterai redevable à 'maman Béa' pour m’avoir appris à faire des pépinières, car les revenus de la ciboule sont deux fois plus importants que ceux d’autres légumes", jure par exemple Michel Kokolo, maraîcher. Béatrice fait ainsi aussi la fierté de son mari : "Les paysans me rapportent les résultats des conseils qu’elle leur prodigue. Si elle transmet bien ces conseils, c’est qu’elle a bien assimilé les notions que je lui ai apprises."

Les consommateurs trouvent aussi leur compte dans le développement de la ciboule qui venait auparavant de Mont-Belo, une localité à environ 200 km de Mossendjo. "Ces six derniers mois, nous avons de la ciboule fraîche sur le marché. Les maraîchers qui prétendent que la femme du chef de secteur a révolutionné les choses ont donc sans doute raison !", constate Rose Ibinda, une consommatrice.

Et demain ? La fille aînée de Béatrice et Raymond, environ 20 ans, entend bien continuer la culture de la ciboule : "Il y a des jeunes qui tournent le dos à l’agriculture. Moi, j'ai grandi avec ça. Je le transmettrai à mes enfants. Et ce sera ainsi de générations en générations."

 

John Ndinga-Ngoma

Mars 2015

 

 

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16 mars 2015 1 16 /03 /mars /2015 11:10

(CRP/Syfia) A Yé, dans le département du Pool, à environ 45 km de Brazzaville sur la RN2, Félicité Milebé est l’unique femme à élever des porcs. Depuis près de cinq ans, elle se bat pour maintenir son élevage.

 

De taille moyenne, vêtue d’un simple tee-shirt et d’un pagne, sandales aux pieds, Félicité Milebé nettoie les abreuvoirs dans l’enclos des porcs. Depuis près de cinq ans, cette femme d'environ quarante ans, mariée et mère de six enfants, élève des cochons à Yé, un village du département du Pool situé à environ 45 km de Brazzaville, sur la route nationale n°2. "J’ai commencé avec une truie et un mâle. Aujourd'hui, j'ai 12 bêtes. Et, quand mes 7 truies mettent bas, j'ai chaque année 10 à 12 bêtes de plus."

Félicité, comme d’autres éleveurs de Yé, avait reçu en 2005 des porcs, des petits ruminants et de la volaille de la FAO (Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture), dans le cadre du Programme spécial de sécurité alimentaire (PSSA). Elle précise : "J’ai reçu trois petits porcs, dont deux truies et un mâle. Mais, j’ai perdu les deux truies à cause d’une mauvaise alimentation. J’ai donc été obligée d’acheter à nouveau une truie à 30 000 Fcfa (45 €) en 2010 pour redémarrer cet élevage." Un investissement à présent rentable, puisque le prix de vente d’un cochon varie de 60 000 à 75 000 Fcfa (de 90 à 115 €).

 

"Si nous avions d'autres éleveurs comme elle..."

C'est au Lycée agricole Amical Cabral, option élevage, que Félicité a commencé à se passionner pour ce métier. Jules Ntsiba, exploitant agricole à Yé, est admiratif de sa persévérance : "Mme Félicité se bat pour maintenir son élevage. Parmi les 17 bénéficiaires du PSSA, elle est la seule femme à continuer à élever des porcs. Seuls certains hommes ont encore quelques têtes de moutons."

Malgré sa volonté, Félicité Milebé peine à s'approvisionner en aliments pour le bétail (tourteau de palmiste): "Je me débrouille à nourrir mes porcs à base de noix de palme, de tubercules, de manioc, de feuilles de choux, de saka saka ou je les laisse en divagation..." L'aliment vendu à la Congolaise de développement et de distribution des produits agro-alimentaires (Coddipa), une société privée, reste trop cher selon elle : "Pour nourrir mes 12 porcs, il me faut un sac de 25 kg d’aliment de bétail par jour..."

S'il est parfois difficile au quotidien, l'élevage de Félicité est utile. Il ravitaille en effet la population de Yé et d’Ignié estime Alphonse Bilankelé, habitant de cette localité voisine située à 2 km : "L’élevage de Mme Félicité nourrit la population de la zone et même des Brazzavillois. Si nous avions d'autres éleveurs comme elle, nous consommerions moins de viandes surgelées."

 

Forte demande

La demande est là, en particulier pendant les fêtes de fin d’année. Fin 2014, des clients ont acheté des porcs entiers qu'ils ont amenés au PK 45, un autre village du district d'Ignié pour les revendre en détail. "Pendant les fêtes, la demande était supérieure à l’offre. Je n’ai pas pu satisfaire toute la population. J’ai vendu quatre porcs et réalisé une recette d'environ 200 000 Fcfa (300 €)", se réjouit Félicité.

Bien que prometteur à Yé, l'élevage de porcs manque de soutien et de suivi. Un cadre du ministère de l’Agriculture et de l’élevage fait remarquer, sous le sceau de l’anonymat : "Le ministère de tutelle est représenté dans tout le pays à travers le secteur agricole, mais quand aucun éleveur n'est recensé dans un district, il est difficile que ce dernier bénéficie d'une quelconque aide... Le secteur d’élevage n’existe pas, parce que l’Etat ne recrute pas !"

 

Jean Thibaut Ngoyi

Mars 2015

 

 

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16 mars 2015 1 16 /03 /mars /2015 11:09

(CRP/Syfia) Finis les divertissements et les programmes sur les techniques agricoles, le planning familial et les maladies sexuellement transmissibles. A Mossendjo (département du Niari), à environ 400 kilomètres au nord-ouest de Brazzaville, les auditeurs, sont privés depuis trois ans de leur unique radio communautaire à cause d’une panne d’émetteur. Tous espèrent réentendre bientôt cette voix familière.

 

"Les vendredis, je ne me couchais pas avant d’avoir suivi l’émission sur la musique du passé. Ça me rappelait la bonne vieille époque avec mon défunt mari", se souvient avec nostalgie Marie-Jeanne Tsonga, dans la cinquantaine et ancienne auditrice fidèle de Radio Louessé. Créée en 2005 sous l’impulsion de Louessé diaspora (association des ressortissants de Mossendjo basés en Europe), cette radio communautaire émettait en ondes courtes à Mossendjo (18 000 habitants, département du Niari) et les villages environnants sur un rayon de 200 km.

Nicole Nzamba, agricultrice et auditrice, aimait, elle, particulièrement l’émission "Mosali bilinga" ("L'Agriculteur"), animée en kituba : "Cette production nous enseignait des nouvelles méthodes de cultures, avec des conseils pratiques." Radio Louessé, du nom d’une rivière qui coule à une trentaine de kilomètres de Mossendjo, c’était aussi des émissions comme : "Tribune des mères" ou "Tribune des jeunes" axées sur l’éducation, le planning familial (avec l’Association congolaise pour le bien-être familial, ACBEF), la vie de couple ou la lutte contre les maladies sexuellement transmissibles et le VIH /sida. "Radio Louessé, c'était une vraie école de sensibilisation et de lutte contre divers fléaux, surtout en milieu juvénile", résume Germaine Mouwembé, une autre auditrice inconditionnelle.

 

"Notre école de la  vie"

Les auditeurs parlent au passé de leur radio, car cette dernière ne diffuse plus aucun programme depuis  2012 et une panne de son émetteur. Un vieil appareil, semble-t-il irréparable. "Nous n’avons pas trouvé de technicien compétent sur place", regrette Lucien Tsoumou, ex-chef de programme au sein de cette radio. Il ajoute : "Une demande de réparation a été sollicitée auprès des autorités municipales l’année dernière. On croise les doigts."

Une petite partie du budget de cette année, adopté en février dernier, permettra-t-il de donner un nouveau souffle à la radio et à la dizaine d'agents municipaux qui la faisait vivre ? Les besoins sont là, en tout cas... "L’absence de la radio nous rend apathiques !", observe encore Lucien. "A force de rester dans le bureau, nous perdons la main au niveau journalistique", confirme Tatiana Moukouyou, prête, elle aussi, à reprendre du service.

Le retour de "La voix de Mossendjo" serait un événement localement comme le résume Nicole Nzamba : "Nous n’attendons que le retour du signal de notre 'école de la  vie'." Depuis que cette voix communautaire s'est éteinte, le public plaide en effet sans relâche pour sa relance. "Il est inconcevable qu’une commune comme Mossendjo manque de radio. Radio Louessé nous tenait compagnie jusque dans nos champs. Aujourd’hui, c’est le silence !, déclare, visiblement dépitée, Marie-Jeanne Tsonga. Avant de poursuivre,  une   émission comme  'Reportage', du Centre de Ressources pour la Presse (CRP/Syfia)  que j'écoute en ondes courtes sur Radio Congo, pourrait être diffusée aussi sur Radio Louessé. On y parle en effet des questions des femmes. Dommage que notre radio n'émette plus !"

L'appel au secours des auditeurs pour redonner vie à leur radio sera-t-il entendu ?

 

Serge Patrick Mankou

 

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16 mars 2015 1 16 /03 /mars /2015 11:08

(CRP/Syfia) Wivine Okoumou est propriétaire de deux salons de coiffure et d’esthétique à Brazzaville. Elle y forme des jeunes femmes, pour certaines défavorisées, à l’art de la beauté. Parmi elles, plusieurs ouvrent à leur tour leurs propres salons.

 

"Je fais les tresses depuis que je suis enfant. J'ai appris la coiffure chez maître Gaby à Poto-Poto, ici à Brazzaville", se souvient Wivine Okoumou, quand on lui demande de raconter ses premiers pas dans la coiffure et l’esthétique.

De teint clair, accueillante et souriante, Wivine, la trentaine révolue, est mariée et mère de deux enfants. Elle est coiffeuse esthéticienne depuis neuf ans : "Après mon diplôme en coiffure au Congo Brazzaville, j'ai appris pendant six mois à Kinshasa, l’esthétique à l’école Emeste. J'y ai obtenu un brevet. Grâce à ces deux spécialités, j’ai ouvert deux salons à Djiri, dans le 9ème arrondissement de Brazzaville. Le premier en 2006 et le second en 2009."

Aujourd’hui, résolument dynamique, Wivine s’en sort financièrement : "A la fin de chaque  mois, j’ai un revenu de 500 000 Fcfa (760 €) en coiffure et 300 000 Fcfa (460 €) en esthétique", confie-t-elle. Un argent qui ne profite pas à elle seule, souligne Odette Ndzomala, sa sœur aînée : "Wivine aide toute la famille, surtout pour la scolarité de nos cinq petits frères et petites sœurs. S’il y a un problème dans la famille, c’est elle qui le résout."

 

Formatrice de talent

Wivine est aussi soucieuse de transmettre son savoir à d’autres femmes pour qu'elles deviennent aussi indépendantes qu'elle. Elle a déjà formé  huit apprenantes. Parmi elles, six ont ouvert leurs propres salons.  Présentement, elle forme dix orphelines gratuitement. "J’ai déjà fait une année de formation en coiffure et en esthétique auprès de madame Wivine. A son contact, j'acquiers de l’expérience et la capacité de coiffer les clientes. Bientôt, j’aurai mon diplôme de fin de formation", déclare, l’air joyeux,  Belli,  une de ses élèves.

Formatrice, Wivine participe souvent à divers salons et expositions. "Fin 2013, j’ai gagné un prix de 40 kits en coiffure offert par le ministère de la Promotion de la femme. Et, en 2011, j’ai coiffé les filles qui ont participé à l’élection de Miss indépendance  à Ewo." Justin Sikoula, chef de service foire et exposition à l’Agence  nationale de l’artisanat (ANA), prestataire du ministère lors du prix remis en 2013, remarque : "Okoumou Wivine a du talent. Voila pourquoi elle a eu ces kits. L'ANA appuie l’artisan sur le plan technique, l’assiste dans la recherche de financements et lui permet de participer à des expositions ou des séminaires."

Mais, ces coups de pouce ponctuels ne résolvent pas tous les problèmes... Au quotidien, malgré ses revenus, Wivine rencontre toujours des difficultés à exercer son métier : "Chaque mois, nous payons l’impôt 200 000 à 250 000 Fcfa (300 à 380 €). Quant au courant, il n’est pas régulier. Nous passons parfois une semaine sans électricité…" Pas de quoi toutefois atteindre durablement le moral de cette battante : "Je suis obligée de faire face !"

 

Nkoua Viviane

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16 mars 2015 1 16 /03 /mars /2015 11:06
(CRP/Syfia) Lina Rose Mavoungou fait partie des rares femmes sérigraphes de Pointe-Noire. Plus qu’un métier, une passion qu’elle transmet à d’autres filles. Cote-Matève, un quartier du 6ème arrondissement Ngoyo à Pointe-Noire. A quelques pas du poste de péage, l'atelier "Lina décor". Sa propriétaire, Lina Rose Mavoungou, la trentaine révolue, est mère de trois enfants. Dans son pantalon jean tacheté de peinture, un tee-shirt blanc sur le dos et une casquette sur la tête, Lina Rose met la dernière touche à sa dernière création : l’enseigne d’un salon de coiffure. "J’ai choisi le portrait d’une femme bien coiffée pour la publicité de ce salon. Il faut innover au quotidien", confie-t-elle dans un large sourire. Son atelier ressemble à un véritable bazar. Tout y est en vrac ou presque : boîtes de peintures, maquettes en préparation, tee-shirts déjà imprimés, portraits en attente de livraisons... Au mur, Lina Rose a accroché une grille tarifaire. Sur son bureau, on trouve des livres sur les arts plastiques. "On doit continuer à apprendre avec les ouvrages du domaine, c’est une éternelle école", insiste-t-elle. Engagement de tous les instants Son apprentissage a commencé en 1998, après avoir quitté le lycée en classe de Première. Faute d'argent, elle se lance d'abord dans la vente de vin de palme. Suivent un mariage précoce, une séparation et des enfants à charge. Lina Rose décide alors d'apprendre un métier et embarque pour son aventure dans les arts plastiques. "Je voulais faire les beaux arts après le baccalauréat. J’ai donc décidé d’apprendre la décoration et la sérigraphie (une technique d'imprimerie, Ndlr) dans un atelier" se souvient-elle. Pendant deux ans, c'est à l’atelier de Mack Moe Ngongo que Lina Rose se formera dans une belle ambiance. Son prof d'hier voit en elle "une femme décidée à apprendre. Une année après son arrivée, je suis allé à Brazzaville pour trois ans. Elle s’est débrouillée toute seule, jusqu’à l’ouverture de son atelier. Que du bonheur pour moi !" Pas si surprenant à en croire la concernée : "Il y a des gens qui naissent artistes et le talent s’exprime après." Aujourd'hui encore, le maître et l’élève ont gardé de bons rapports. "Quand Lina a des doutes sur un travail, elle n’hésite pas à m'en parler", apprécie Mack. Toujours aussi déterminée à apprendre, Lina Rose Mavoungou aimerait à présent se former à utiliser le D.A.O (Dessin assisté par ordinateur). Un engagement de tous les instants qui fait dire à Perrot Color, un des sérigraphes chevronnés de Pointe-Noire, que Lina Rose est "une sérigraphe pleine d’avenir." "Mon travail remplace en partie un mari" Dans l'immédiat, Lina Rose fait courageusement face aux besoins de sa famille. Chaque mois, elle dit gagner 300 000 Fcfa (environ 450 €) : "Mes enfants vont à l’école privée. Je paye mon loyer. J'ai même acheté une parcelle de terrain ici, à Cote-Matève. Mon travail remplace en partie un mari pour moi. Je suis autonome." Pas la moindre des fiertés à ses yeux. D'un ton grave, elle poursuit : "Les femmes ne doivent pas compter sur leur éphémère beauté, mais plutôt se mettre au travail, oser, garder la tête haute et marcher dignement. Nous devrions éviter de compter sur les hommes pour notre survie et notre bonheur." C’est dans cette optique qu’elle a décidé de partager son savoir à trois jeunes filles dont sa dernière, âgée de 9 ans, qui vient à l'atelier maternel après l’école. "Elle dessine déjà bien pour son âge !", se félicite sa mère et formatrice. L'atelier compte deux autres apprenantes dont les parents sont pauvres. Parmi elles, God Béni Sacrée Viclaire apprend la sérigraphie depuis 2012, après avoir arrêté ses études en classe de CM2 : "Mon père et ma mère sont très contents. Les gens qui passent devant l’atelier nous félicitent. Nous gagnons aussi des marchés parce que nous sommes des femmes. Les clients disent que nous mettons du sérieux dans notre travail." Le rêve de God Béni ? "Ouvrir un atelier et former d’autres filles", projette-t-elle. Serge Patrick Mankou Mars 2015
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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com