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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

1 février 2017 3 01 /02 /février /2017 15:43

(CRP/Syfia) A Mengo, dans le département du Kouilou, à environ 10 km de Pointe-Noire, certaines femmes demandent la réouverture d'un centre d'alphabétisation.

"Il n’est jamais trop tard pour apprendre ! Je dois suivre les cours du soir !", réclame, d'un ton décidé, Gisèle Tati, la quarantaine révolue et femme au foyer. Déclaration faite au cours d’un débat communautaire organisé par le Centre de Ressources pour la Presse (CRP) en octobre 2016, à Mengo.

Dans cette localité d’environ 1 000 habitants (département du Kouilou), située à près de 10 km de Pointe-Noire, Gisèle n’est pas l’unique femme à vouloir reprendre les études. "Nous voulons qu’on nous construise un nouveau centre d’éducation pour les cours du soir. Un centre qui pourrait être bénéfique pour nous autres parents. Apprendre quelque chose en français, cela fait du bien !", souhaite Prisca Tamba, mariée, dans la trentaine.

Pour les femmes de Mengo, l’heure de la mondialisation et de l’émancipation a sonné ! "L'analphabétisme constitue un frein à notre intégration dans la société. C'est aussi un handicap pour lutter contre la pauvreté et défendre nos droits face aux multiples violations dont nous sommes victimes", pensent-elles. Certaines évoquent en particulier les messages que leurs rivales envoient à leurs époux. Messages pour l'instant illisibles pour elles...

Jean Jacques Mabika, chef de service enseignement fondamental et de l’alphabétisation à la direction de l’Enseignement primaire et secondaire du Kouilou, trouve cette demande "légitime, car l’éducation n’est pas réservée aux enfants. Elle est aussi pour les adultes. Les commerçantes doivent savoir lire, écrire et compter. Si elles ne savent pas comment manipuler le français, ni calculer, elles ne peuvent pas bien mener leurs activités."

Relancer l’expérience Megalloy

A Mengo, une première tentative des cours du soir avec une vingtaine d'adultes a été expérimentée dans les années 90 par Megalloy, une société minière canadienne. "Nous suivions des cours du soir. Nous étions mélangées avec des petites filles du village. Ces cours ont permis à certaines d'être capables de rendre la différence quand elles vendent du manioc", se souvient Albertine, aujourd'hui dans la cinquantaine.

Mais, les Canadiens sont partis en 2011. Depuis, leur centre est fermé et personne, pas une autorité, ni une OSC, ni même un particulier, n'a jugé utile d'investir pour le rouvrir. Du coup, le nombre d'adultes analphabètes augmente à Mengo. La plupart d'entre eux peinent à trouver du travail. De quoi nourrir les regrets des habitants... "Les Canadiens avaient recruté un garçon qui s’occupait du centre. Cette entreprise mettait tout en œuvre pour que les populations apprennent avec beaucoup de sérénité. Elle avait même fourni un groupe électrogène", se souvient Jean Jacques Mabika.

Certes, il existe une école publique dans le village, mais, il n’y a plus d’enseignants spécialisés dans la formation des adultes. "Un enseignant du primaire n’a pas les mêmes aptitudes pour prendre en charge l’éducation des adultes. Au niveau de l’université, la filière spécialisée sur cet enseignement est fermée depuis 10 ans", déplore encore le chef de service enseignement fondamental et de l’alphabétisation.

Toutefois, l’administration se dit optimiste quant à la relance des cours du soir non seulement à Mengo, mais dans tout le département du Kouilou. "Nous verrons avec l’aide de nos partenaires comment rouvrir ces centres d'alphabétisation. Nous allons nous y mettre pour satisfaire ces femmes et hommes qui veulent les fréquenter. Pour Mengo, c’est l’occasion pour nous de nous lever dès demain et de regarder ce que nous pouvons faire", promettait dernièrement Jean Jacques Mabika.

Plusieurs semaines plus tard, aucun nouveau centre d'alphabétisation n'a pour le moment vu le jour à Mengo...

Haircy Mbimi

Janvier 2017

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Published by Syfia Congo Brazza
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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com