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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

28 octobre 2016 5 28 /10 /octobre /2016 16:38

(CRP/Syfia) Coût élevé de la vie, accès aux nouvelles méthodes contraceptives… A Djambala, chef-lieu du département des Plateaux, à près de 450 km au nord de Brazzaville, une majorité de femmes autochtones, soutenues par leurs maris, limitent à présent les naissances. Elles comptent ainsi préserver leur santé et assurer une meilleure qualité de vie à leurs enfants.

« Après mon accouchement, les sages-femmes m’ont dit qu’il fallait attendre que mon enfant grandisse pour que je tombe à nouveau enceinte. Elles m’ont proposé des méthodes contraceptives modernes comme la pilule ou le stérilet », explique Ardolie Invantsina, 19 ans, mère célibataire d’une fille.

A Djambala, chef-lieu du département des Plateaux, à près de 450 km au nord de Brazzaville, des jeunes filles autochtones ont décidé de limiter les naissances. « Prendre soin d’un enfant, ce n’est pas facile. Les femmes n’accouchent plus comme avant, car plus tu accouches, plus tu fanes, tu vieillis ! », avance Ardolie. La jeune maman pense que « l’arrivée d’un enfant peut chambouler toute une vie. Je ne suis donc pas prête à tomber à nouveau enceinte ! »

 

Rendez-vous au centre de santé intégré 

Decelie Maboubaki, 30 ans, mère d’un enfant de 4 ans, a quant à elle opté pour une contraception moderne (comprimés), à la demande de son mari : « J’ai choisi d’espacer les naissances pour m’occuper de mon enfant, puis de mon foyer et, enfin, de vaquer à mes activités champêtres. » Decelie est la première épouse de Charles Efouambi, chef du campement des autochtones du quartier Goulanyo. Un mari qu’elle partage avec deux autres co-épouses. Fadia Akiakani, 25 ans, coiffeuse de formation et troisième épouse de Charles, a elle ses propres astuces pour ne pas tomber enceinte : «  Quand mon mari veut de moi et que je suis en période de fécondité, je le pousse vers l’une de ses autres épouses. Je ne suis pas prête à concevoir, car nous n’avons parfois même pas de quoi manger ! »

Convaincue, Fadia conseille les filles de son entourage de limiter elles aussi les naissances pour espérer une meilleure qualité de vie. « Même si un bébé s’annonce, si le couple n’est pas prêt à en avoir un, il devrait pouvoir décider ensemble de le garder ou de l’évacuer… », explique-t-elle avant de terminer ses propos par un rire gêné, suivie des autres femmes. Au Congo, l’avortement n’est en effet ni légalement, ni socialement accepté, mais il arrive que certaines personnes le pratiquent secrètement.

Si quelques unes commencent à prendre conscience de la nécessité de limiter les naissances, beaucoup reste cependant à faire… « Pour qu’une femme autochtone accouche à l’hôpital, il faut que l’accouchement soit à risques, sinon, elle donne naissance chez elle… », déplore Colette Otanko (Maman Coco), présidente de l’association Les Compagnons du devoir et de l’action (Codac). Colette observe cependant un petit changement de comportement depuis l’application de la loi 05-2011 du 25 février portant promotion et protection des droits des populations autochtones en République du Congo, mais demande à multiplier les sensibilisations pour faciliter la fréquentation du centre de santé intégré : « Chaque jeudi au CSI, nous avons des séances de sensibilisation sur les méthodes contraceptives. Les autochtones viennent, disparaissent et réapparaissent parfois trois mois plus tard. Difficile pour nous d’assurer le suivi… »

 

Continuer à éduquer 

Toutefois, dans les campements autochtones, les hommes aussi commencent à modifier leurs habitudes. A l’image de Charles Efouambi : « J’attends que mon enfant ait entre 3 et 4 ans pour en faire un autre, car le coût de la vie actuelle ne me permet pas d’avoir trop d’enfants. En plus, la femme s’épuise vite, c’est pour cette raison que j’envoie mes femmes à l’hôpital pour qu’elles prennent des contraceptifs afin d’éviter de tomber enceintes. »

L’histoire ne dit pas si Charles utilise lui-même des préservatifs pour participer, lui aussi, à la contraception et éviter tout risque de maladie sexuellement transmissible. Maman Coco encourage cependant ses efforts pour limiter les naissances, car « les grossesses précoces et incontrôlées freinent l’épanouissement de la femme et la rendent moins productive. Le fait de ne pas savoir lire et écrire est un réel problème, car ces femmes ne tiennent pas compte de la date du rendez-vous inscrite  sur leur carnet. »

Colette Otanko pense donc qu’il est capital de continuer à éduquer : « Plus tu accouches, plus tu t’appauvris ! C’est cela qu’il faut répéter, afin que les femmes autochtones en prennent conscience ! »

Annette Kouamba Matondo

Octobre 2016

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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com