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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
  • Le blog de Syfia Congo Brazza
  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

31 juillet 2009 5 31 /07 /juillet /2009 15:27

(Syfia/CRP) À Brazzaville, de jeunes diplômés en géographie ou en sociologie, au chômage, deviennent pharmaciens sans aucune formation. Ils vendent dans les rues des médicaments non contrôlés. Peu chers, ces derniers sont la plupart du temps faux ou périmés. Mal conservés, ils représentent un réel danger pour les consommateurs.

 

Comme tous les jours, vendeurs et acheteurs sont au rendez-vous au marché de Ouenzé, à Brazzaville. On s’interpelle. On marchande. On se bouscule. Chacun veut se frayer un chemin pour passer. À l’entrée, plusieurs étalages sont remplis de boîtes de sirop, de flacons de désinfectant, de seringues et de produits pharmaceutiques en tous genres. Ils proviennent d’Inde, de Chine et de France et transitent par la RD Congo. Au Congo Brazza, ils ne subissent aucun contrôle. C’est ici, sur ce marché, que s’approvisionnent les vendeurs de rue – qu’on retrouve ensuite sur les artères de Brazzaville avec leurs étalages mobiles – et les revendeurs de l’intérieur du pays.

Stephan est licencié en géographie :"Dès que j’aurai un travail stable, dit-il, j’abandonnerai ce commerce. En tant qu’intellectuel, je sais que ces produits sont dangereux, car ils sont rarement contrôlés. Mais, je ne peux pas rester oisif : j’ai une famille à nourrir." Brice, 24 ans, licencié en sociologie, est lui aussi vendeur, à défaut de mieux. Six ans que cela dure… "Je n’ai pas encore eu la chance d’intégrer la fonction publique", confie-t-il, en espérant toujours être embauché par l’État.

La plupart des vendeurs, qui ont fait des études, poursuivent cette activité qui peut être rentable. "Grâce à ce commerce, j’ai obtenu ma licence et je loue une maison. Je l’abandonnerai dès que je trouverai un emploi correspondant à mes diplômes", assure N. R., 30 ans, licencié d’histoire qui gagne environ 90 000 Fcfa (135 € environ) par mois. Presque le double du SMIG au Congo...

Bon nombre de jeunes, diplômés sans emplois, et même des fonctionnaires et des militaires, qui arrondissent ainsi leurs fins de mois, vivent de cette activité bien qu'elle soit illégale. Parmi ces vendeurs, quelques femmes, comme Clarisse (28 ans) et Nadège (29 ans) qui n’ont pas fini leurs études secondaires, faute de moyens. Clarisse a été initiée par son grand frère et Nadège par son mari. "Nous vivons de ce commerce, même si la police et les pharmaciens nous mènent la guerre, car c’est illégal", soulignent-elles.

 

"Les médicaments deviennent un poison"

De son côté, le gouvernement est en train de mettre en place des comités de lutte contre cette vente illicite. Seule une personne diplômée est en effet autorisée à vendre des médicaments. Ces commerçants de rue sont donc passibles d’amende et d’emprisonnement. Début juin dernier, plusieurs recommandations ont été adoptées au Forum pharmaceutique international d’Abidjan (Côte d’Ivoire) visant notamment l’intensification de la lutte contre la vente illicite de médicaments et la contrefaçon.

Les propriétaires de pharmacies suivent de près ce combat. "Cette vente représente un manque à gagner pour nous. Certains produits sont faux ou périmés", déclare Girelle Oko, pharmacienne professionnelle. Pour ces praticiens, qui ont suivi une spécialisation de trois ans, laisser des gens sans formation vendre des médicaments est une aberration. "À la différence de ces vendeurs qui apprennent sur le tas et ne maîtrisent pas les médicaments qu’ils prescrivent, nous, nous avons la connaissance", fait remarquer un pharmacien. Certains malades se soignent sans aucun avis médical.

Une pratique d’autant plus risquée que les produits vendus dans la rue, moins chers qu’en pharmacie, sont faux ou périmés. Exposés à la chaleur, ils peuvent gravement nuire à la santé des consommateurs. "Ils se dégradent et deviennent un poison. Ils perturbent l’organisme, donnent des vertiges, des nausées, des démangeaisons, des troubles visuels, etc.", prévient le docteur Boniface Okouya.

 

El-Staël Enkari

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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com