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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

14 juin 2010 1 14 /06 /juin /2010 13:03

(Syfia/CRP) Bon nombre d'enfants se retrouvent à la rue à cause des difficultés financières de leurs parents. Ils y cherchent, en vain, leur indépendance. Épaulés par des associations, certains quittent la rue, apprennent un métier et trouvent ou retrouvent une vraie liberté.

 

"La rue n’est pas une bonne chose !", soutient aujourd'hui Dieu-merci, 18 ans. Maltraité, il y a passé quelque temps. À Brazzaville, bon nombre d’enfants ont, comme lui, quitté la rue pour apprendre un métier grâce auquel ils sont devenus autonomes. "Avant, je dépendais des gens qui me donnaient 50 ou 100 Fcfa (0,07 ou 0,15 €). Avec l’argent que je gagne, j’achète à présent mes outils et je subviens à mes besoins", se félicite Jess, mécanicien formateur, à son compte depuis trois ans.

Arsi, 23 ans, a lui aussi pris goût à sa nouvelle autonomie. Réintégré en famille depuis deux ans, ce jeune artiste peintre ne veut plus dépendre financièrement des parents et assure pouvoir se débrouiller avec l’argent qu’il gagne sur les marchés : "Je veux vivre seul pour m’organiser et ouvrir un compte en banque." "Même s’il est un peu dur avec les enfants, il leur achète du pain chaque matin", témoigne en souriant Lucelle, sa grande sœur.

L’Espace Jarrot forme chaque année en moyenne entre 15 et 20 enfants à différents métiers. Difficile de faire comprendre à tous qu'ils ont ainsi plus à gagner sur le long terme. "Sur les quinze que nous étions, je suis le seul à avoir terminé ma formation", regrette Jess qui explique ainsi ce désintéressement : "Les autres n’ont pas supporté les difficultés du métier et ont préféré retourner vivre dans la rue". C’est le cas de Basile, qui a fui la maison familiale il y a 7 ans après avoir volé 100 000 Fcfa (152 €). "Je trouve facilement de l’argent quand je suis dans la rue", affirme-t-il.

 

"Je ne peux plus repartir dans la rue"

Pour se forger un nouvel avenir, le jeune doit bien sûr être volontaire, mais aussi être soutenu un minimum par son entourage. "Certains parents refusent de collaborer", déplore M. Likibi, directeur de l’Espace Jarrot. "Je n’ai pas besoin de ce bandit. Prenez-le comme cadeau !", a dit un jour un père à un éducateur. "Je ne veux pas perdre mon mariage à cause de ce voleur", a lancé une mère à un autre éducateur. Pour obtenir de meilleurs résultats, cette ONG collabore avec le ministère des Affaires sociales. Ce dernier, dans le cadre d'un projet, a travaillé sur un échantillon de 100 enfants de Pointe-Noire et de Brazza : "En deux ans, tous ont été intégrés dans leur famille", souligne M. Kibinda, chef de projet réintégration familiale des enfants de la rue, au ministère. Afin d'éviter que ces jeunes ne retournent dans leur ancien milieu, "nous avons accompagné l’insertion d'une somme de 70 000 Fcfa (105 € environ) qui permet aux parents de créer une activité génératrice de revenus. Pendant six mois, l’équipe de suivi passe contrôler ces activités", ajoute-t-il.

Associations privées et étatiques travaillent ensemble pour réintégrer les quelque 2 000 enfants de la rue (1 200 environ à Brazzaville et 800 à Pointe-Noire), selon l'estimation la plus récente d'une ONG américaine, International Rescue Committee (IRC), qui date de 2003. "Nous hébergeons parfois des enfants de l’Espace Jarrot qui n’ont pas de place pour dormir", rapporte Barthélemy Peya, directeur du Centre d’insertion et de réinsertion des enfants vulnérables (CIREV) qui héberge 40 enfants en difficulté. Dans ce centre étatique, trois d'entre eux, formés à la maroquinerie et à la coiffure sont autonomes financièrement de leurs parents depuis 2007. "Le métier garantit l’avenir", se réjouit un apprenant.

Se laver, se soigner, se nourrir… Autant de gestes vitaux que Jess a pu faire au centre d’écoute de l’Espace Jarrot et qui l'ont convaincu de rechercher une autonomie plus constructive et durable que celle de la rue. "Dans la rue, je mangeais avec difficulté. Maintenant, je gagne bien ma vie grâce à mon métier. Je suis devenu responsable. Je ne pourrais plus repartir dans la rue", affirme Jess, satisfait d'avoir travaillé dur pour conquérir cette vraie liberté.

 

 

Flaure Tchicaya

Juin 2010

 

 

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Published by Syfia Congo Brazza - dans articles presse
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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com