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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

14 juin 2010 1 14 /06 /juin /2010 13:08

(Syfia/CRP) Des cahiers et un peu d’argent suffisent parfois pour éviter que des enfants de familles pauvres se retrouvent à la rue. À Brazzaville, une association et quelques parrains apportent une aide modeste des plus précieuses.

 

"Je suis parti parce que ma mère n’avait plus rien pour me nourrir et que je n’avais pas de quoi m’acheter des cahiers", raconte Roflan. À 22 ans, il a aujourd'hui retrouvé l’harmonie familiale, après avoir passé plus d’un an dans la rue quand il était adolescent. Comme lui, beaucoup d'autres fuguent quand la pauvreté est intenable chez eux. "Le manque d’un bout de pain suffit pour qu’un enfant se retrouve dans la rue", affirme Paloulou Hervé, coordonnateur de l’ONG Éducation en milieu ouvert (EMO).

"Ma fille avait honte de me demander de l’argent. C'est ce qui l’a poussée à partir", explique Rosalie. Les huit enfants à la charge de cette maman écoutent désormais plus attentivement ses conseils. Il y a quatre ans, ils ont pourtant failli se retrouver tous à la rue, faute de moyens et d’encadrement. "Je ne les contrôlais plus. Toute la journée, ils étaient dehors. Cela me faisait honte et mal", confie cette veuve. Parmi ces enfants, trois sont ceux de sa sœur cadette décédée en 2005. "Je m’occupe de mes neveux, car toute la famille a refusé", ajoute Rosalie. Aujourd’hui, elle a toujours du mal a bien tenir son foyer qu’elle gère seule depuis la mort de son mari en 2000. Elle en est à son troisième logement depuis le début de l’année. Une instabilité dont ont souffert aussi les enfants, obligés d’aller mendier. "Aujourd’hui, vous êtes dans un quartier, demain dans un autre… Ils ont du mal à s’adapter", confirme Hervé dont l’OSC fournit notamment du matériel scolaire à ces enfants qui vont désormais à l’école. Globalement, la famille s’en sort mieux qu’avant grâce à l’argent versé par EMO.

 

Le coup de pouce des parrains

Manquant de moyens, cette association a créé en 2009 le projet Coopération bonne initiative, qui fait appel aux personnes de bonne volonté pour aider les familles. Depuis, plus de 25 parrains y participent. "Je soutiens les enfants malades en achetant les médicaments, le kit scolaire et je les invite à venir passer les fêtes chez moi", explique par exemple Joseph Ouatimou, parrain de la famille de Rosalie, qui aide trois autres familles. M. Ouatimou a par ailleurs accueilli chez lui un enfant de la rue âgé de 4 ans, qui aujourd’hui est en classe de 3e. "La cohabitation ne pose aucun problème avec les miens qui le considèrent comme leur frère", ajoute-t-il.

"Le parrainage est une bonne initiative, mais il faut qu’il se fasse en respectant les droits fondamentaux de l’enfant (nourriture, hébergement et éducation, Ndlr)", déclare Joseph Biviyou, directeur la Direction de la protection légale de l’enfance (DPLE), une structure du ministère de la Justice qui a pour mission de prendre en charge les enfants en danger et les délinquants. Elle aide aussi les ONG à mieux travailler en leur facilitant notamment la médiation avec les parents. M. Biviyou insiste : "La place de l’enfant est dans sa famille respective et non dans la rue". Pour les éducateurs d’EMO également, l’enfant a besoin de cette chaleur. "Sans quoi, selon un éducateur, il aura tendance à aller dehors et les filles risquent de se prostituer."

Loin de remplacer les parents, OSC et parrains apportent donc une aide à la fois complémentaire, modeste et précieuse, qui aide certaines familles à dépasser leurs difficultés. "Si on pouvait être plus nombreux à aider les enfants de la rue, ce serait bien", conclut M. Ouatimou.

 

El-Staël Enkari

Juin 2010

 

 

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Published by Syfia Congo Brazza - dans articles presse
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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com