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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

19 décembre 2014 5 19 /12 /décembre /2014 08:50

(CRP/Syfia) La veuve Alice Malanda travaille depuis 1997 à Bikakoudi, un site de maraîchers à 20 km de Brazzaville. A la sueur de son front, elle scolarise ses six enfants et a acquis une parcelle.

 

Affable, Alice Malanda, 47 ans, porte un pantalon kaki-bleu, un polo vert et a la tête couverte d'un foulard de la même couleur. Ce jour là, elle est occupée à sarcler les mauvaises herbes autour de ses légumes de son jardin à Bikakoudi, une bourgade à 20 km environ au sud-ouest de Brazzaville.

Alice est maraîchère ici depuis 1997, au sortir de la guerre. "J'ai été formée à Agri-Congo cette année là. A l'époque, cette structure formait gratuitement des jeunes qui n'avaient de connaissances ni en maraîchage, ni en élevage. Elle leur donnait des kits et les installait après leur formation à Mayanga (un autre site d'Agri-Congo au sud-ouest de Brazza, Ndlr) pour travailler. J'ai été en quelque sorte 'obligée' de saisir cette chance, car ce genre d'opportunité était rare après la guerre", se rappelle-t-elle.

Un pari sur l'avenir qui se révèle aujourd'hui gagnant. Depuis la mort de son mari en 2013, c'est en effet grâce au maraîchage qu'Alice Malanda assume les frais de scolarité de ses six enfants. "La mort de papa a représenté un grand vide pour nous. Depuis sa disparition, maman soutient nos études. Quand papa était en vie, elle faisait comme si elle n'existait pas. Désormais, je sens sa présence", observe Alfierine Nkodia, une de ses filles, étudiante en 3e année en Sciences et techniques de la communication à l'Université Marien Ngouabi.

 

Une veuve, trois à neuf personnes à charge

Maman Alice pratique le maraîchage durant toute l'année sur une superficie de 36 000 m2. Elle y dispose d'une trentaine de planches : dix de céleris, six de concombres, six autres de piments, trois de ciboules, deux d'aubergines, etc.  "Quand je vends une planche d'amarantes au marché Total à Brazza, je gagne 61 000 Fcfa (plus de 90 €) contre seulement 35 000 Fcfa (55 € environ) quand je la vends sur place. Pendant la saison sèche, je peux gagner jusqu'à 800 000 Fcfa (plus de 1 200 €) pour préparer la rentrée de mes enfants", fait-elle savoir.

Après près de 20 ans de dur labeur, la veuve Malanda a également pu acquérir une parcelle aujourd’hui en construction : "Les enfants viennent parfois me prêter main forte, surtout pendant les vacances. Mais, en période scolaire, toutes les charges reposent sur moi..." Courageuse, Alice s'en sort malgré tout toute seule. Cependant, plusieurs structures aident les veuves, comme l’association Œuvre Notre-Dame des veufs & orphelins du Congo, à travers son centre de formation professionnelle et d'alphabétisation fonctionnelle de Mbouono (Pool). "Nous formons au maraîchage, à l'élevage et donnons des plants de légumes aux veuves pour qu'elles les vendent", résume François Xavier Mayouya, président de ladite association. Il poursuit : "Sur 25 000 Fcfa (38 €) de recettes d'un plant vendu, 10 000 Fcfa (15 €) vont à l’association et 15 000 Fcfa (23 €)reviennent à la veuve. C'est ce que nous appelons 'la motivation' !"

De son coté, Sylvianne Kamba Matanda, directrice de la famille, au ministère des Affaires  sociales, de l’action humanitaire et de la solidarité, explique que sa direction aide des femmes vulnérables identifiées par les Circonscriptions d’action sociale (CAS) via le projet "filet socio-sécurité-alimentaire". Les femmes ainsi ciblées reçoivent une aide alimentaire de 30 000 Fcfa par mois dans des boutiques sélectionnées.

Un rapport dudit ministère d'avril 2013 a recensé à Brazzaville 352 veuves. Ce document révèle par ailleurs que près de 3 veuves sur 4 (73 %) "ont 3 à 9 personnes à leur charge." Les aider à s'en sortir est donc capital pour elles et pour beaucoup de leurs proches.

 

Jean Thibaut Ngoyi

 

Décembre 2014

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Published by Syfia Congo Brazza - dans articles presse
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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com